« France Relance » : pas de mesures supplémentaires pour les hôpitaux

Présenté hier par le Premier ministre, le plan « France relance » réincorpore, s’agissant du secteur sanitaire et médico-social, les annonces du plan « Ségur » et les six milliards promis pour moderniser les hôpitaux et les EHPAD, ainsi que les appels à projets lancés fin août et destinés à faciliter les relocalisations de la production de produits de santé.

Détaillé le 3 septembre, le plan « France Relance », qui veut rendre le pays plus fort qu’avant la pandémie, n’apporte pas de mesures supplémentaires dans le domaine de la santé, par rapport au « Ségur ». Il intègre en effet l’enveloppe de 6 milliards, promise par le ministre de la Santé cet été,  pour permettre aux établissements de se moderniser autour de trois axes majeurs : l’investissement hospitalier (2,5 milliards sur 5 ans), les outils numériques en santé (1,4 milliard sur trois ans), qui accusent en France « un retard critique » et les EHPAD (2,1 milliards sur cinq ans) « dont un quart est désormais dans un état de vétusté notoire, principalement dans le secteur public ». Objectif du gouvernement : « transformer les établissements les plus vétustes autour d’un « nouveau modèle » plus chaleureux et protecteur, et, concomitamment, créer un nombre de places suffisant pour faire place à l’évolution démographique en cours. » 


La rénovation énergétique et thermique des bâtiments


Autre point du plan de relance intéressant les hôpitaux et établissements médico-sociaux : la rénovation des bâtiments publics, avec à la clef la baisse de la facture d’énergie, la réduction de la pollution et un meilleur confort pour les utilisateurs. Quatre milliards seront alloués au sujet (amélioration de l’exploitation des bâtiments, remplacement ou optimisation des équipements, travaux d’économie d’énergie, autonomie énergétique…) avec un démarrage des chantiers dès le début 2021. 


Si « France relance » évoque surtout le domaine de l’Etat, le plan prévoit toutefois une enveloppe dédiée aux projets de « rénovation thermique des bâtiments des collectivités locales », sans que soit mentionné explicitement le cas des établissements de santé. Néanmoins, Olivier Véran avait précisé, fin juillet, qu’ils pourraient aussi s’appuyer « sur le plan de relance pour la rénovation énergétique et thermique des bâtiments. » 


600 millions d’euros pour aider les relocalisations


Le programme qu’a détaillé Jean Castex reprend également à son compte les appels à projets, lancés le 31 août, afin de faciliter l’implantation ou le retour dans l’hexagone de certaines industries, et, in fine, sécuriser les approvisionnements. Ils concernent les domaines identifiés par l’étude Conseil national des achats/PwC sur les relocalisations (lire notre article du 16 juillet), parmi lesquels les produits de santé, et sont dotés de 100 millions dès cette année. Au total, 600 millions d’euros seront assignés à ces appels à projets d’ici 2022.


Dans le domaine de la santé, le plan cite, à titre d’exemple, la production de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), les principes actifs ou intermédiaires entrant dans leur formulation, ainsi que les dispositifs médicaux (DM) ou les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (DMDIV), et leurs composants stratégiques, y compris ceux liés à la Covid-19.  Pour finir, le Plan d’investissement d’avenir n°4, déjà annoncé par le précédent gouvernement, mobilisera 11 milliards dans le cadre du plan de relance, entre autres pour accélérer la mise au point de projets innovants, notamment en santé connectée, bio-production et nouvelles thérapies.

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