Ehpad : en Sologne les visites s’organisent

Dans le Loir-et-Cher, en Sologne, l’Ehpad de Bracieux accueille à nouveau les familles. Un accueil qui se fait au compte-goutte et avec d’infinies précautions. Cantonnés aux portes de l’établissement, les visiteurs doivent suivre un protocole très strict s’ils veulent pouvoir communiquer avec les résidents. La configuration du bâtiment ne permettant pas d’établir une zone de sas, il a fallu faire avec les moyens du bord. Mais mairies et entreprises locales ont fait preuve de solidarité.

Directeur de l’Ehpad La Bonne Eure, Pierre Gouabault est également à la tête de deux autres établissements publics autonomes, eux-aussi solognots, situés à Contres et Cour-Cheverny. Dès le début du confinement, il a installé un système de visio-conférence afin de prévenir les dégâts psychologiques que l’isolement causerait nécessairement selon lui sur les résidents : « Nous avions très tôt opté pour un système de visio-conférence, explique-t-il, dans chacun de nos trois Ehpad un ordinateur portable et 15 tablettes ont été offertes et mises à disposition des résidents afin que le lien avec leurs familles ne soit pas rompu ».

Sitôt l’assouplissement du confinement annoncé, Pierre Gouabault écrivait aux familles de ses 221 résidents et, le 28 avril, dans un nouveau courrier, alors que le département était pourtant encore classé en orange, il leur décrivait les conditions dans lesquelles se dérouleraient leur accueil. « Nous avons pu réagir très tôt, car nous n’avions aucun cas suspect ou avéré de Covid 19, ni chez les résidents, ni au sein du personnel ».

Pour lui, chaque heure gagnée sans Covid a été une heure gagnée pour préparer le déconfinement : « Que ce soit à Bracieux, à Contres ou à Cour-Cheverny, les bâtiments ne permettaient pas la mise en place de zones de sas, il nous a donc fallu faire avec les moyens du bord ».

La solidarité des territoires

Pierre Gouabault

En Sologne, la solidarité joue à plein : « C’est ce qui nous a permis de mettre à disposition des familles et des résidents des structures d’accueil et des dispositifs qui permettent d’assurer les échanges dans des conditions optimales de sécurité ». Dans chacun des trois Ehpad, les équipes de Pierre Gouabault battent le rappel : « Tout le monde a mis la main au pot, explique-t-il, les mairies ont mis à notre disposition des barrières nous permettant de délimiter les zones de circulation, elles nous ont également prêté des “Barnum”, ces chapiteaux de réception pliants utilisés lors des événements, alors que des commerçants et des entreprises locales ont mis à notre disposition des écrans de protection en plexiglas parmi ceux que le Conseil départemental leur avait fourni pour leur reprise d’activité ».

En un tour de main, les “Barnum” étaient apposés en rez-de-chaussée contre les baies coulissantes donnant sur les jardins, et les écrans plexiglas fixés sur les tables qui maintenaient une distance de sécurité entre les résidents et leurs familles. Une fois les procédures administratives réglées, les visites peuvent avoir lieu en présence d’un professionnel de santé : « À cet effet, il nous a fallu procéder à trois embauches supplémentaires, une par établissement, confie Pierre Gouabault, un investissement qui n’est pas neutre sur nos budgets… ».

L’exercice 2020 déjà dans le rouge

Pierre Gouabault en convient, si pour la création des zones de visite la solidarité territoriale a permis de limiter la casse « cette épidémie est l’opportunité de ré-enchanter la solidarité », il n’en reste pas moins que l’addition sera salée : « L’exercice budgétaire est déjà planté ! ». Ainsi, le budget des consommables et des équipements de protection a flambé : « Entre la forte augmentation des prix unitaires et une utilisation bien plus importante qu’à l’accoutumée, nous dépasserons de 30 à 50 % nos prévisions initiales, déplore-t-il, du côté de la masse salariale, outre le recrutement des trois professionnels de santé chargés d’accompagner les visites, nous avons dû renforcer nos effectifs de ménage de 20 % ».

 

Mais quelques bonnes surprises sont venues réconforter le directeur des trois Ehpad solognots : « On aurait pu penser que l’absentéisme flamberait lui-aussi, mais tout au contraire, il est deux fois moindre qu’avant la crise, se réjouit-il, le personnel s’est fortement mobilisé ». Pierre Gouabault le reconnaît, le fait qu’aucun cas de Covid n’ait été enregistré à ce jour y est sans doute aussi pour beaucoup : « C’est sans doute aussi pour cette raison que nous avons continué à accueillir de nouveaux résidents ». Pas de double peine, donc, pour ses trois établissements. Les visites des familles peuvent se poursuivre : « Un contrôle systématique de température est effectué, du gel hydroalcoolique et des masques sont fournis par l’établissement et si deux visiteurs peuvent être simultanément acceptés, ils doivent obligatoirement partager le même lieu de confinement ».
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