Une journée ordinaire au centre hospitalier de Menton

Un mercredi du mois de juillet. Il est presque six heures du matin et nous avons rendez-vous à l’entrée du centre hospitalier La Palmosa avec Marc Wendling. Le directeur des ressources matérielles nous fait découvrir les mille et une facettes du travail quotidien de ses équipes, indispensable au bon fonctionnement de l’établissement, de la restauration à la chaufferie en passant par les vaguemestres et la blanchisserie.

Marie-Noëlle Tullii de l'équipe de la blanchisserie © JFG

© JFG

Dans l’entrée, les autolaveuses ont déjà commencé leur balai. Six heures, l’hôpital s’ébroue. C’est parti ! En cuisine, sept agents sont déjà en production, mais l’activité culminera vers 9h30. C’est bien pour cette raison qu’après avoir présenté ses cuisiniers et son service, Julien Zerrougui nous conseille de revenir vers 9h45 : « Ce serait dommage de rater ça ! » dit-il d’un air gourmand. Le responsable du service restauration a bien fait, car une fois de retour dans sa cuisine, une superbe daube faite maison nous tend les bras. Ça a l’air trop bon : « Vous pouvez nous prêter une petite cuillère ? ». Julien nous tend carrément une cuillère à soupe et il fallait bien ça, car une daube à la joue de bœuf, ce n’est pas en restauration industrielle que l’on peut en déguster.

Neuf régimes différents

Marie-José Limbour du service restauration © JFG

« Nous faisons entre 450 et 500 repas par jour, 365 jours par an, dont une petite centaine pour le self du personnel, précise-t-il, mais la semaine uniquement ». Dix-sept agents sont affectés au service restauration avec un roulement de sept agents le matin en production et deux agents le soir pour la plonge et le nettoyage des chariots repas. « Nous proposons neuf régimes différents aux patients, du sans sel au végan en passant par le mixé ou l’hypocalorique ». « Un service, c’est environ 30 kg de légumes, 30 kg de viandes, 10 kg de féculents, et quand nous faisons les tartes maison, nous devons en sortir plus d’une vingtaine par service », poursuit-il. Un volume qui pourrait paraître bien peu comparé à un CHU, bien sûr, mais l’hôpital La Palmosa est un établissement à taille humaine : 207 lits en tout, dont près de la moitié sont en chambres individuelles.

De la lingerie à l’hôtellerie

Direction la blanchisserie où nous attend Jérôme Moussaoui. Il nous présente un service dont il est fier, même si l’essentiel est traité par le groupement de coopération sanitaire des hôpitaux de la Côte d’Azur, qui intervient de Cannes à Menton avec une capacité maximale de lavage de 21 tonnes par jour. « Le GCS passe ici un jour sur deux à l’exception du week-end, explique-t-il, nos agents s’occupent du reste ». Un petit service, mais qui fonctionne bien : « Huit agents en tout, détaille-t-il, trois hommes et deux femmes qui ne livrent pas le linge et s’occupent de la Thermopatch ».

Jérôme Moussaoui, responsable blanchisserie © JFG

La blanchisserie compte également deux livreurs et un agent pour le sale : « de quoi traiter quotidiennement une moyenne de 145 kilos de linge pour le personnel hospitalier, 25 kg de tenues de cuisine pour le service restauration, environ 20 kg de linge pour le bloc opératoire, 120 kg de rasant franges et lavettes, 20 kg pour la balnéothérapie et 30 kg de linge résidents et bavoirs ». Le reste est donc traité par le GCS des hôpitaux de la Côte d’Azur qui récupère le linge sale, procède au tri et au nettoyage et livre les tenues propres. Pas le temps de nous attarder à la blanchisserie, malheureusement, car d’autres agents sont prêts à nous parler de leur métier, tout sourire malgré l’heure matinale.

En effet, Pierre Vépori s’impatiente, un peu plus loin. C’est lui qui est chargé de nous présenter le service hôtelier. Si, à La Palmosa, on peut parler d’hôtellerie, c’est au sens large comme il nous le confie : « Ici, avec nos 14 agents, nous gérons l’entretien des parties communes, circulations, bureaux, escaliers, ascenseurs et toilettes, nous assurons aussi la gestion des déchets et des magasins ».

Du sous-sol au bloc

Philippe Chétioui, responsable adjoint du service hôtelier © JFG

Le service hôtelier couvre également la distribution du courrier, l’entretien des abords, les déménagements, sans oublier le standard et les courses diverses : « L’an dernier nous avons parcouru pas moins de 80 000 kilomètres ! ». Ici, effectivement, l’hôtellerie ne porte d’hôtellerie que le nom tant les tâches qui incombent aux agents de Pierre Vépori sont variées. Mais alors que le responsable du service hôtelier pourrait nous en parler des heures, Nicolas Raybaut,  adjoint de Fabien Juvenelle, responsable des services techniques, frappe à la porte. Lui aussi n’attend qu’une chose, c’est nous faire découvrir les missions d’une équipe de 5 agents, longues comme un jour sans pain !

 

Visite du bloc avec Nicolas Raybaut © JFG

Les entrailles de l’hôpital sont son domaine. Alors, au pas de charge, il nous les fait découvrir, de la cave au grenier, si l’on peut dire. Plutôt du sous-sol qui abrite la chaufferie au toit terrasse où sont installés les générateurs de la climatisation : « Vous avez vu, nous dit-il en exécutant un tour à 360° ? ». En effet, du toit de l’hôpital on peut s’offrir un panoramique des montagnes de l’arrière-pays aux plages de la Méditerranée. En route pour le bloc où ses agents sont en charge de l’éclairage. Un coup de fil à la responsable des lieux pour s’assurer que nous pouvons entrer, et les portes s’ouvrent sur le cœur de l’hôpital. Nicolas Raybaut nous ramène finalement à la réalité. Sans la logistique, l’hôpital ne pourrait remplir sa mission première, soigner et sauver des vies…

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