Marina Goncalves, passerelle entre logistique et développement durable au CH de Béziers

Récidiviste des prises de fonction au 1er avril, Marina Goncalves ne saurait pour autant prendre ses missions à la légère, faisant du développement durable le cœur battant de la logistique hospitalière. Désormais responsable adjointe de ce service au CH de Béziers, elle y distille donc avec application ce supplément d’âme.

© CH Béziers

Si on ne délivre pas un médicament comme on distribuerait une boîte de petits pois, force est de constater que la grande distribution est passée maître dans l’art des achats et de la logistique, osant même – à l’occasion – comparer pommes et poires pour mieux optimiser les flux ! Formée à cette haute école de la « supply chain » par plusieurs étapes accomplies, ici auprès de l’équipe terrain des rayons frais et ultra-frais, là comme responsable « produits de saison », Marina Goncalves n’est donc pas la dernière à en saluer l’héritage : « j’y ai non seulement appris beaucoup, mais surtout contracté le virus d’une discipline que j’ignorais totalement et dont les arcanes ne me lassent pas depuis. En fait, je suis tombée dans la logistique comme dans une bonbonnière, avec gourmandise et sans plus pouvoir m’arrêter d’y goûter ! », image-t-elle joliment.

Le quotidien d’un « trader »

Galvanisée par cette passion naissante et « un management des grandes enseignes qui reconnaît le talent avant les diplômes », la jeune femme se frotte donc aux réalités du terrain à partir de 1998. « Agilité, anticipation, créativité face à la concurrence mais aussi rigueur au regard des enjeux de sécurité alimentaire et sanitaire… Si les attendus du métier peuvent être innés, tous sont aussi des compétences qui se développent au fil de l’expérience et des problématiques rencontrées », explique-t-elle. Et ces dernières ne manquent quand, en cette fin des années quatre-vingt-dix, le secteur connaît une explosion des références dans des surfaces de stockage demeurées identiques…

« Sans compter les délais de consommation, de plus en plus courts, et les produits saisonniers sur les volumes desquels il ne s’agit pas non plus de se tromper ! », ajoute Marina Goncalves, comparant volontiers ces prises de risques quotidiennes à celles du trader pariant sur une valeur. Or, bien qu’elle s’avère techniquement comblée par son métier, la question des valeurs – justement – laisse la logisticienne sur sa faim : « après quinze ans à déjouer la complexification des opérations de distribution pour de grandes enseignes nationales, j’ai donc eu envie d’un autre univers, plus centré sur l’humain que sur le chiffre », rapporte-t-elle. La porte de l’hôpital lui fournit cette ouverture nouvelle.

La logistique, levier premier du développement durable

Le 1er avril 2014, Marina Goncalves intègre ainsi le centre hospitalier de Thuir (Pyrénées-Orientales), d’abord comme responsable blanchisserie puis responsable logistique un an plus tard. Au changement de valeur s’adjoint un changement d’échelle : « moins de produits référencés et moins d’outils sur lesquels s’appuyer et qu’il a fallu développer en interne », confie-t-elle. Mais Marina Goncalves y découvre surtout le développement durable et l’impérieuse nécessité d’une transition rapide.

À l’initiative de Sophie Barre qui en tient la tête, une direction du développement durable, des achats, de la logistique et de l’immobilier (DALI) a en effet été ici créée. Nommée cheffe de projet développement durable (DD) en 2017, Marina Goncalves va faire sienne la devise de sa supérieure hiérarchique : « impulser, via les achats, une démarche pragmatique, fédératrice et porteuse de sens. » Elle détaille : « Achats responsables, repas bio et locaux, tri des déchets… Face à l’urgence que commande la situation, le positionnement transverse des achats et de la logistique fait de cette activité le premier des leviers stratégiques. »

Labellisation éco-responsable de la maternité

Désormais ingénieure hospitalière, diplômée d’un DU en management du DD dans les établissements de santé acquis en 2018, Marina Goncalves diffuse aujourd’hui la même ambition au CH de Béziers. Depuis le 1er avril dernier, elle y coiffe en effet la double casquette de responsable adjointe de la logistique, chargée de mission DD : « à l’exception du volet RSE confié aux ressources humaines, je pilote la question pour tout ce qui relève des deux autres piliers de la durabilité, à savoir l’aspect économique et l’aspect environnemental », précise-t-elle.

En charge du magasin central (soit 900 références – 5 familles segments) auquel s’adjoignent toutes les fonctions supports de l’hôpital (la blanchisserie, les espaces verts, la cuisine centrale, le standard, le transport de biens et la gestion des déchets), elle imprime ainsi ses visées durables à chacun de ces services, en fonction de leurs spécificités et en accord avec leurs cadres. Mais l’action peut parfois déborder ce périmètre, comme c’est le cas actuellement, où elle travaille avec un ingénieur des services techniques sur l’application prochaine du fameux décret tertiaire.

De même conduit-elle également les équipes soignantes vers une labellisation éco-responsable de la maternité du site, « une dynamique qui doit constituer un projet de service pour faire sens », appuie-t-elle. Et de conclure : « En fait, je ne suis qu’une passerelle : entre problème et solution, entre logistique et DD, entre monde d’hier et culture de demain. »

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