La certification post-Covid de la blanchisserie du CHU de Nantes

La blanchisserie du CHU de Nantes, qui traite 15 tonnes de linge par jour, a décroché la certification ISO 9001 de son organisation du travail testée pendant la crise sanitaire. Elle s’estime plus solide pour faire face à d’éventuelles nouvelles « tempêtes ».

© CHU Nantes

« Nous n’aurions jamais pu imaginer que l’hôpital fermerait presque la moitié de ses services, qu’il pouvait y avoir des ruptures dans les équipements à usage unique, ou des records d’absentéisme. Nous y faisons face d’autant mieux que pour être certifiés, nous avons eu à imaginer les pires scénarios, la crise sanitaire nous y a aidés, et à dessiner les plans de secours correspondants ». Sophie Bruel, la directrice de la logistique et de l’hôtellerie du CHU de Nantes et Adrien David, le responsable de la blanchisserie, sont presque sereins. La démarche initiée en 2016 vient d’aboutir. La blanchisserie du CHU de Nantes vient d’être certifiée ISO 9001.

Un rythme de production jamais retombé

© CHU Nantes

Bénéfice en interne ? L’anticipation expliquent-ils. « Au début de la crise sanitaire, nous sommes passés de la piste d’une autoroute à des montagnes russes. Les services soignants le vivent encore. Si nous sommes en mesure de suivre, c’est parce que nous avons intégré l’éventualité de ces montagnes russes dans notre fonctionnement. On subit moins les choses. Nous sommes parés pour répondre éventuellement aux différentes vagues du Covid. »

Cette certification arrive à un bon moment. Elle conforte le crédit acquis pendant la crise. La blanchisserie a traité 14 000 vêtements par jour au lieu de 12 000. Aujourd’hui, c’est pour le même nombre de patients, 15 tonnes de linge par jour au lieu de 13,5, un rythme de production qui n’est jamais retombé depuis. Les raisons à cela sont multiples : l’explosion de l’ambulatoire (deux, trois patients par jour, cela change l’équipement d’une chambre) ; des tenues professionnelles étendues à tous, actuellement les secrétaires des services soignants ; le textile prenant le pas sur l’usage unique.

Mode projet permanent

Adrien David et Sophie Bruel © HH

« La certification nous a apporté la vision globale de notre travail, en particulier le lien entre tous, y compris avec l’extérieur, comme les transports », indique Adrien David. Sophie Bruel ajoute : « la crise a servi d’accélérateur. Elle a rendu nos plans de fonctionnement théorique concrets. Elle nous a poussé à vérifier comment assurer la continuité de notre service dans les pires situations. Exemple, la panne totale, le plan B jamais activé mais vérifié, cette fois, passé en revue avec les prestataires supposés prendre le relais. Les prestataires habituels aussi comme le service des transports ont dû préciser leurs procédures pour nous alerter en cas de problèmes chez eux. Et pour améliorer tout le temps le service rendu ensemble. Jamais nous n’étions allés aussi loin. »

© CHU Nantes

Autre aspect de la crise : la blanchisserie s’est mise en mode projet. Des couvertures textiles pour malades sur les brancards confectionnés par les couturières de la blanchisserie, plutôt que de l’usage unique. Après les urgences, elles sont réclamées par d’autres services travaillant en ambulatoire. « Nous avons tendu l’oreille et répondu à un besoin. Cela a renforcé notre image de processus industriel au service du client », analyse Sophie Bruel.

Rôle pivot de la communication

© CHU Nantes

Dans ce cadre, l’information a pris un rôle fondamental. C’est par elle que la blanchisserie étend son action. Par les lingères qui vérifient les stocks-tampons dans les services et donnent les besoins d’approvisionnement pour le lendemain. Par les « chargées de clientèles et responsables textiles » qui échangent avec les services sur leurs dotations et les changements dans l’utilisation qu’ils en font. Par les conseillères hôtelières, communes à toute la logistique, qui surveillent le service hôtelier rendu, le font évoluer avec les cadres de santé.

« La certification nous amène à surveiller et à manager la qualité de ce que nous faisons : évoluer en interne pour elle, savoir pourquoi, pour qui, se le dire, l’expliquer. Cela mobilise davantage les 85 personnes qui constituent l’équipe de la blanchisserie », indique Sophie Bruel.

Valoriser les progrès réalisés

© CHU Nantes

La communication est aussi apparue comme un besoin. La blanchisserie fait connaître au sein du CHU ses progrès en développement durable : la banderoleuse papier qui a remplacé la cercleuse plastique ; les 25 % de gaz économisés dans l’année grâce à un changement de séchoir. « La traçabilité de notre processus de production nous donne des informations que nous pouvons valoriser en termes de communication », souligne Sophie Bruel.

Alors que va se peaufiner dans les prochains mois l’organisation logistique associée au futur CHU qui ouvrira en 2027, la blanchisserie, qui ne changera pas d’emplacement, s’y estime plus que jamais « prête ».

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