Le design facilite l’ambulatoire à la clinique Jules Verne

Avec une lumière, une fluidité, des couleurs et un confort proches d’un hôtel, la nouvelle extension de la clinique Jules Verne de Nantes, destinée aux soins de l’œil et de l’ossature, parie sur une architecture qui simplifie le parcours ambulatoire des patients et donc l’accélère.

© G.Satre

« Notre ambition était que cette nouvelle aile réponde aux objectifs d’efficience d’aujourd’hui. Nous n’avons ouvert que le 19 août et nous y sommes déjà. L’institut d’ophtalmologie pratique 100 opérations par jour, procède à 1000 consultations réalisées par une trentaine de médecins. » Pour Hubert Jaspard, directeur-adjoint de la clinique Jules Verne (groupe Hospi Grand Ouest), la qualité des espaces et la manière dont ils ont été dessinés concourent pour beaucoup à cette performance qu’il compte voir encore progresser.

De l’espace pour deux spécialités en plein boum

Passée de 40 000 à 55000 patients par an en cinq ans, la clinique de l’Est de Nantes s’appuie sur une trentaine de spécialités : cardiologie, pneumologie, chirurgie digestive, de l’obésité, réparatrice du sein, de la main, etc. La nouvelle extension (7000 m2 qui s’ajoutent à 35 000) accorde de l’espace à deux d’entre elles, en plein boum, qui en manquaient.

Le deuxième étage est occupé par un centre ostéoarticulaire. « L’idée, là, est d’apporter une offre complète, depuis une urgence jusqu’à la rééducation, du kinésithérapeute à l’examen des aspects neurologiques du traumatisme », indique Hubert Jaspard. Le premier et le 3ème étage, voués à l’ophtalmologie, correspondent à l’explosion des surspécialités dans ce domaine : soin de la rétine, de la cornée, des glaucomes, par la génétique, etc. En plus d’apporter une réponse aux monstrueux délais, dans la région de Nantes comme ailleurs, pour obtenir un rendez-vous.

Une halle d’attente en pleine lumière

©G.Satre

« Le principe d’organisation de l’édifice est simple : une grande zone d’attente à la façon d’une rue sur la façade, en pleine lumière, ce qui est très agréable. Avec un soin des couleurs et des aménagements qui donnent un peu de chaleur, une ambiance plus proche d’un hôtel que d’un hôpital. Ajouté à ce que nous appelons dans notre métier d’architecte de « codes domestiques » par petites touches, pour suggérer du « comme à la maison » : des appliques, des lampes sur pied plutôt qu’au plafond, indique Nicolas Boucher, l’architecte des lieux (AIA Life designers). En face de cette halle un escalier ouvert qui conduit aux étages par une mezzanine. S’ensuit le parcours-patients proprement dit. »

Ambulatoire très court

Pour lui, la grande réussite du bâtiment, concerne l’ambulatoire, très court. « 7,50 mètres, presqu’une fusion entre le patio réservé à la dernière étape avant le bloc et le bloc lui-même en ophtalmologie ».  Plus globalement, le parcours du patient, très clair, s’appuie sur signalisation appuyée et s’égrène non pas de salles en salles, ni même de pièces en pièces mais au fil d’une suite de espaces séparés seulement par des cloisons à mi-hauteur, aux formes douces. Le tout apporte rapidité, souplesse et fluidité.

Quand il aboutit à une opération, ce parcours passe par une seule salle de préparation et de réveil, la même, dont l’une des caractéristiques est un plafond lumineux « en cerisier japonais en fleurs » qui ne manque pas d’attirer l’œil. « De plus en plus de patients arrivent debout, ne sont pas endormis et restent conscients pendant l’opération. L’idée est de leur donner l’illusion qu’ils sont allongés sous un cerisier en fleur. Une façon délicate de détendre tout le monde », juge Nicolas Boucher.

 

 

Davantage de design dans les blocs

Nicolas Boucher © G. Satre

Les blocs opératoires, en général, n’ont pas encore beaucoup évolué. Sauf le nombre de portes d’accès qui a augmenté. L’électronique n’a nécessité que du câble en plus. « Parce qu’il s’y passe des choses agressives, il va falloir designer davantage ces espaces-là, estime Nicolas Boucher. A cause des technologies, les murs sont épais, techniques. On a besoin de travailler avec les industriels sur les matériaux, les gammes de couleurs, des sols, des plafonds. Amener un peu de lumière naturelle sera important. »

Touche précédente ou finale accolée au parcours de soin, la clinique s’est dotée pour la première fois d’un parking en silo, installé au milieu des trois ailes de son bâtiment désormais en fer à cheval, soit 600 places, pour 7 millions d’euros alors que l’extension en a coûté 19.

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