L’hôpital de Laval se prépare à une possible 2e vague

Alors que le département de la Mayenne a été placé en situation de vulnérabilité élevée, son principal centre hospitalier à Laval se prépare à une éventuelle résurgence du virus. Pour pallier la pénurie de gants et fournir le matériel aux équipes chargées du dépistage systématique en cours, les équipements sont livrés au plus près de la consommation réelle.

Le drive du CH de Laval © Kévin Rouschausse

« Ici, nous sommes maintenus en plan blanc, compte tenu de l’alerte en cours dans le département, pour mobiliser plus vite le personnel en cas de reprise locale de l’épidémie. » Depuis le déclenchement de l’alerte dans ce département de l’Ouest de la France, Christophe Moutel, directeur des achats du GHT de la Mayenne, doit se préparer à cette hypothèse, du côté des approvisionnements et de la logistique, et gérer en même temps l’urgence du moment, la fourniture de tout le matériel nécessaire (écouvillons, malles de matériel de prélèvements, gants, masques, surblouses, charlottes, sans oublier la combinaison complète des équipements de protections individuelles importante pour protéger les opérateurs des prélèvements) à la campagne de dépistage lancée depuis le 8 juillet


300 000 Mayennais à dépister 


Car la Mayenne est en situation de « vulnérabilité élevée ». Au même titre que La Guyane, Mayotte et la Gironde. Le 14 juillet, elle avait enregistré 382 cas de coronavirus, 163 de plus qu’une semaine auparavant. Six foyers de contamination ont été repérés, dont quatre à Laval. Cinq patients ont été hospitalisés, dont deux en réanimation. Au plus fort de la crise du printemps, alors que le département avait été peu touché, dix-neuf lits de réanimation avaient été mobilisés du centre hospitalier de Laval. Aujourd’hui, l’Agence régionale de santé lui demande d’être prête à en ouvrir 25 en 48 heures, en cas de « 2ème vague ».


Pour l’heure, il ne s’agit que de dépistage. D’ici la fin du mois, les 300 000 Mayennais auront reçu leur bon pour test gratuit de la caisse d’assurance maladie. Ils auront bientôt sept centres de prélèvement à leur disposition, dont un « drive » de trois lignes pour voitures et une pour piéton dans le parking de l’hôpital depuis le 20 juillet. Le rythme de tests « tourne » à environ 1000 par jour. Il devrait monter à 1500. Avec, précaution parmi tant d’autres, le changement de gants après chaque prélèvement sur une personne. C’est ce qui inquiète le plus Christophe Moutel. Le GHT dans son ensemble en consomme 200 000 par semaine. Un peu moins en été. L’ARS lui en a attribué un supplément de 4500 par semaine pour la campagne de dépistage. Ce qui devrait en principe suffire.


Une boîte vide contre une boîte pleine dans les services

 

Christophe Moutel

Mais depuis le mois de mai, le monde entier, qui effectue de plus en plus de tests, manque de gants. La France et la Mayenne n’échappent pas au phénomène. Christophe Moutel ne s’est donc plus limité à interroger ses trois ou quatre fournisseurs « historiques ». Certains prestataires demandent parfois à être payés d’avance. « Ce à quoi on n’est pas habitué ».
Pour limiter ses besoins, Christophe Moutel a généralisé, non pas un rationnement de tous les services du GHT mais une livraison à flux tendus, au plus près des consommations réelles. Une boîte pleine (100 gants en général) contre une boîte vide. Pour éviter les stocks par les cadres de santé, ailleurs qu’au magasin central.


Inquiétude sur les masques pour la fin de l’été


Une autre pénurie à venir l’inquiète. Hypothétique, celle-là, en cas de réarmement des hôpitaux face au Covid. Il ne s’agit pas des locaux puisqu’une aile complète du centre hospitalier de Laval, actuellement vide, sera rouverte. Ni des équipements liés aux lits de réanimation : au sein du GHT les hôpitaux de Mayenne et de Château-Gontier lui en ont prêté. Mais des masques.


Aujourd’hui, il n’en manque pas grâce aux dotations de Santé publique France. Et la distribution dans tous les établissements du GHT fonctionne bien, grâce aux cinq plateformes territoriales qui viennent s’approvisionner d’abord à l’hôpital de Laval.  Mais les GHT vont retrouver leur autonomie d’achat à la fin de l’été. À eux de veiller sur leurs stocks de masques. Et à commander, de nouveau, pour une partie en Asie mais pour une autre en France pour sécuriser les approvisionnements, selon Christophe Moutel.

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