Les acheteurs de produits de santé, formule club

Le Club des acheteurs de produits de santé (CLAPS) souffle cette année ses dix bougies. L’occasion pour Luc Delporte, qui vient d’être réélu à la présidence de l’association, de faire un bilan et d’évoquer les thématiques majeurs de travail, des ruptures d’approvisionnement au reprocessing des dispositifs médicaux.

© Epictura

Professionnaliser les achats de produits de santé, réfléchir aux évolutions du métier, partager les bonnes pratiques. Les fondamentaux du CLAPS n’ont pas changé dix ans après sa création. L’association fédère aujourd’hui quatorze des plus grands acheteurs privés et publics du secteur (AGEPS, Elsan, Hôpitaux civils de Lyon, Ramsay, Resah, Service de santé des armées, Unicancer, UniHa, Vivalto…).

Lieu d’échanges entre acheteurs du public et du privé

« L’originalité du club, c’est sa vraie transversalité. Contrairement à d’autres instances, il rassemble autour de la table tous les acteurs qu’ils soient publics, privés à but non lucratif ou privés tout court », entame son président Luc Delporte, par ailleurs directeur des achats et de l’innovation d’Unicancer, fédération nationale des centres de lutte contre le cancer.

Luc Delporte

Élu pour la première fois en 2016, Luc Delporte vient d’être reconduit par ses pairs à la tête de l’association. Le bon moment pour jeter un œil dans le rétroviseur. « Le Club organise deux séances plénières par an, moments d’échanges et de restitutions des études menées par nos groupes de travail, en présence d’experts et d’industriels invités. La dernière s’est déroulée en avril, avec comme thème principal, la mise en place de catalogues électroniques ».

Auditionné par le Sénat sur les ruptures d’approvisionnement

Parmi les sujets traités ces années passées, la question des difficultés d’approvisionnement figurait naturellement en bonne place. « Nous n’avons pas attendu la crise sanitaire pour nous pencher sur la question. Le Club a mené une étude en 2018. Il ne s’agissait de réaliser une photographie à l’instant T de ce qui passait pour nos organisations, recenser les impacts et réfléchir à des parades. »

Pour ce faire, le CLAPS a aussi travaillé et échangé « en bonne intelligence » avec les fédérations professionnelles. Un travail qui a valu au Club d’être entendu par la mission d’information sénatoriale sur la pénurie de médicaments la même année.

Développement durable et souveraineté

Le CLAPS a aussi creusé le sillon du développement durable. « C’est un sujet porté par le Club depuis sa naissance », insiste son président. L’association s’est ainsi doté d’une charte spécifique dès 2014, puis a élaboré un questionnaire RSE (ANNEXE 11 DCE -Questionnaire RSE à télécharger) qu’il est possible d’annexer aux DCE.

En 2021, le CLAPS est à l’œuvre sur plusieurs fronts : la logistique, notamment l’optimisation du dernier kilomètre, la conformité aux réglementations, et la souveraineté sanitaire. « Nous travaillons actuellement la problématique de la relocalisation avec French Healthcare », précise Luc Delporte.

L’association veut également porter un chantier majeur, celui du reprocessing des dispositifs médicaux à usage unique. « Il s’agit de permettre aux établissements de santé de remettre un DM ou une partie de ses composants dans le circuit industriel, dans un cadre très sécurisé puisque le produit devra obtenir le marquage CE, Il ne s’agit pas de confondre le reprocessing avec la restérilisation », prévient Luc Delporte.

Les atouts du reprocessing

Pour l’instant, contrairement aux Etats-Unis ou en Allemagne où le système est autorisé, la France l’interdit. Le CLAPS a investigué auprès de ses adhérents, réalisé un benchmark et dialogué avec les fabricants. « Le concept a plusieurs avantages : d’abord participer au développement durable avec la réduction des DASRI et la récupération des métaux précieux, ensuite abaisser le coût et permettre aux patients d’accéder à l’innovation puisque le DM issu du reprocessing sera en moyenne 30 % moins cher qu’un neuf », expose le président du Club.

L’association veut saisir l’opportunité de l’application du nouveau règlement européen sur les DM, applicable à partir du 26 mai, ainsi que les modalités d’application du règlement 2017/745 en ce qui concerne les spécifications communes pour le retraitement des dispositifs à usage unique, pour convaincre les autorités de se pencher sur la question. D’autant que l’activité de reprocessing pourrait s’inscrire dans une stratégie souveraine. « Si on ne se prend pas par la main, d’autres pays s’empareront du sujet », prévient Luc Delporte.

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