Laurent Degallaix, la passion de la logistique

Auparavant responsable de la logistique du CHU de Rennes, Laurent Degallaix a choisi de relever un nouveau défi, celui de fédérer la fonction logistique des CH de Montfort-sur-Meu et St-Méen-le-Grand. Les deux établissements bretons, amenés à ne devenir plus qu’un, ont choisi un professionnel passionné dont les vingt ans d’expérience dans le privé et le public lui permettent un regard sans concessions sur l’évolution du métier.

Laurent Degallaix

Rester proche du terrain et des équipes. Voilà ce qui a conduit Laurent Degallaix à rejoindre les CH de Montfort-sur-Meu et St-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine) au mois de janvier dernier comme responsable logistique. Un beau défi puisqu’il s’agit d’une création de poste dans un contexte pour le moins particulier. Les deux hôpitaux sont amenés à fusionner avec, pour chacun d’entre eux, la réception d’un nouvel édifice d’ici quatre ou cinq ans. Manager d’une quarantaine d’agents, Laurent Degallaix a la mission de fédérer la restauration, le bionettoyage, les magasins, la gestion des déchets et la lingerie et de réfléchir à la justesse de l’organisation et des flux.

Création de services ad hoc avec des pros

Pour atteindre cet objectif, les deux hôpitaux bretons ont choisi un professionnel pour le moins expérimenté. Diplômé de l’Ecole Supérieure de Logistique, Laurent Degallaix a en effet travaillé une quinzaine d’années dans le secteur privé (groupe PSA, Faurecia, Oberthur), avant de rejoindre le secteur de la santé où il s’est successivement occupé de la logistique du CHU de Poitiers, du CH de Saint-Lô et du CHU de Rennes entre 2013 et 2020.

Avec un tel parcours, ce spécialiste peut se permettre un coup d’œil dans le rétroviseur. « Je viens du monde industriel et de l’automobile. Quand je suis arrivé à l’hôpital, la logistique avait des décennies de retard », admet-il. Mais le domaine a connu plusieurs mouvements de fond depuis. D’abord la professionnalisation. « Par le passé, la tendance était de reclasser des personnels hospitaliers dans la logistique. Désormais, on embauche des personnes formées, dont c’est le métier. »

Ensuite la structuration, avec l’arrivée de responsables clairement identifiés dans les organigrammes. « Nous avons aujourd’hui des directeurs achats-logistique dans de nombreux établissements, et même parfois, comme au CHU de Poitiers, un directeur logistique distinct du directeur achat. »

Des marges de progrès sur la logistique des derniers mètres

Néanmoins, les hôpitaux ont encore du pain sur la planche. « Même si des avancées ont eu lieu, la logistique d’étage, destinée à soulager les équipes soignantes de ces tâches, est encore à poursuivre Le processus n’est pas encore abouti. Au CHU de Poitiers par exemple, le déploiement des référents logistique existe depuis plus de 10 ans alors qu’au CHU de Rennes, les premières mises en place datent de 2018. Et dans les petits établissements, tout reste à faire. », illustre Laurent Degallaix, « les référents d’étage ou aussi appelés référents logistique travaillent d’ailleurs au-delà du simple fait de commander, recevoir, stocker les réserves de manière raisonnable et de s’assurer que le service ne manque de rien, ils font aussi l’interface avec le biomédical, les services techniques ou les secteurs logistiques comme la blanchisserie. »

La logistique industrielle a-t-elle alors toujours un train d’avance ? « Oui et non, pondère Laurent Degallaix, c’est vrai que nous n’utilisons pas d’outils de simulation, mais en a-t-on besoin comme les grandes surfaces ou la grande distribution ? Par ailleurs, nous sommes capables, peut-être davantage que dans le privé, à nous adapter, à faire face aux situations d’urgence, en raison de la finalité de l’activité hospitalière qui est de prendre en charge des patients, donc de l’humain. Les équipes logistiques ont démontré qu’on pouvait compter sur elles pendant la crise Covid. »

Des métiers qui restent à valoriser

Bien que la pandémie ait attiré l’attention des médias sur les fonctions de l’ombre, le nouveau responsable de la logistique de Montfort-sur-Meu et St-Méen-le-Grand ne pense pas que le coronavirus va changer le regard des autres. « C’est vrai qu’on a plus parlé de nous. Mais qu’en restera-t-il dans 6 mois ou un an ? Lorsque j’ai expliqué ce que je faisais à l’hôpital à des amis. Ils m’ont regardé avec des yeux ronds…Ils n’imaginaient pas la fourmilière mise en place pour répondre aux sollicitations des services de soins. »

Cela vaut aussi en interne. « La pandémie a par exemple généré un surplus de DASRI qu’il a fallu gérer, avec des rotations supplémentaires et des tournées ajustées pour éviter tout engorgement. Si les équipes soignantes se sont bien aperçu de l’augmentation des volumes engendrés par la prise en charge des patients Covid, je ne suis pas certain qu’ils aient pris conscience des adaptations que la logistique a dû faire pour assurer ces besoins. »

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