Julien Lamamy à la tête des achats du GHT 47

Arrivé du CHU de Toulouse où il a effectué une grande partie de sa jeune carrière, Julien Lamamy a pris la direction des achats du CH d’Agen et du GHT 47 au mois de septembre. Il est convaincu que la fonction doit dépasser la simple mise à disposition de contrats.

Julien Lamamy

S’il est né à Paris, Julien Lamamy est toulousain dans l’âme : il est arrivé dans la ville rose dès l’âge de trois ans et y a effectué toutes ses études : une licence administration économique et sociale (AES), un master 1 d’économie et de droit public, puis un master 2 droit de la santé. Et c’est toujours dans la cité chère à Claude Nougaro et Guy Novès qu’il débute sa carrière, en mettant le pied à l’étrier avec un CDD de 6 mois en septembre 2012 au CHU pour mandater et liquider des factures. Lorsque Raphaël Ruano façonne la direction des achats en 2013, il lui propose le poste d’acheteur prestations générales et moyens généraux. « C’était à la fois une période stimulante et compliquée puisque la fonction achat n’était pas reconnue et qu’il fallait faire ses preuves en permanence », se souvient Julien Lamamy. Fin 2014, il fait une « première infidélité » à « sa ville de cœur » en acceptant la responsabilité de la cellule marchés publics du CH de Libourne. L’expérience girondine est courte – un an – mais elle porte ses fruits. « Elle m’a permis d’appréhender la différence d’environnement de travail entre un CH et un CHU. Et elle m’a fait comprendre que je préférais l’achat au droit des marchés publics. »


Responsable de la filière achats généraux/biomédical


En novembre 2015, Julien Lamamy retrouve l’établissement de santé toulousain qui lui offre de reprendre son poste, avec une évolution à la clef. Et à l’été 2017, le CHU lui confie la responsabilité de la filière des achats généraux et du biomédical, avec une équipe de 8 personnes à manager. Priorité à l’organisation et à la cohésion d’équipe. « Il a fallu structurer pas mal de choses, apprendre à s’entraider en échangeant les bonnes pratiques », avec la standardisation des processus, la création de documents types, un suivi homogène des dossiers et leur planification pour mieux répartir la charge de travail entre les acheteurs. « On avait par exemple 8 emplacements différents pour archiver les dossiers. On les a remplacés par un seul commun, avec une seule méthode de classement. Cela a changé la façon de travailler. C’est sans doute basique et du bon sens, mais ce n’est pas forcément toujours simple à mettre en œuvre. » Au printemps 2019, quand la direction des achats est réorganisée en deux grands pôles, il chapeaute la partie non médicale, avec cette fois 14 personnes, presque une équipe de rugby, à piloter et à motiver.


Satisfaire les clients internes


Mais c’est une autre ville fana d’Ovalie que Julien Lamamy rejoint début septembre. Le directeur du CH d’Agen, Didier Lafage, un ancien du CHU toulousain, l’a convaincu d’assurer la direction des achats de l’hôpital et du GHT 47 (7 établissements). « J’ai considéré que c’était le bon moment. Je me sentais prêt », explique le nouveau directeur des achats agenais, par ailleurs coordonnateur de trois groupements d’achats aquitains et également chargé d’acheter pour le compte de deux GCS (logistique et labos) et d’un GIE (imagerie). A la tête d’une équipe de 8 personnes, il admet volontiers bénéficier d’un terreau favorable avec le rassemblement des compétences, la centralisation de l’équipe achats au sein de l’établissement support et la désignation de référents achats dans chaque établissement partie. « C’est un bon modèle qui convient à tout le monde. » Ses priorités : structurer la fonction (modes opérationnels, processus, répartition des tâches) avec trois filières (produits de santé, achats généraux et biomédical, travaux), cartographier les marchés du CH d’Agen et du GHT, enfin satisfaire les clients internes au-delà des gains économiques. « On est sollicité par nos collègues prescripteurs très en amont. On les aide à réaliser des études économiques d’impact, même si elles ne déboucheront pas forcément sur une procédure d’achat. »


Vers le pilotage de projets


« On a longtemps considéré les acheteurs comme de simples passeurs de marchés. Aujourd’hui, la fonction achat est un prestataire conseil. Certes, nous sommes là pour conclure des contrats, acheter le mieux possible, mais il faut aller plus loin, faire évoluer les consommations, modifier les pratiques », analyse Julien Lamamy qui considère que la fonction achats possède tous les atouts pour assurer le pilotage de projets, un exercice toujours compliqué dans le milieu hospitalier avec l’interaction de nombreux acteurs internes et externes. « Il manque quelqu’un qui facilite tout cela. Et l’acheteur peut être ce coordonnateur. »  La direction générale compte aussi sur lui pour faire évoluer la structure, identifier les innovations, faire du sourcing. « Même si on part d’assez loin, cela en fait évidemment partie, aussi bien lorsqu’un besoin est émis pour être force de proposition et montrer qu’il existe plusieurs solutions, que lorsque la demande n’est pas encore exprimée pour la devancer et effectuer une vraie veille. »

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