Ibrahima Thiaw : le droit et l’humain au centre de la commande publique

Après une brève incursion au CHU de Grenoble, Ibrahima Thiaw est revenu s’installer cet été dans les Hauts-de-France, région qui l’a vu évoluer dans son parcours de juriste. Aujourd’hui, ravi de s’attaquer à de nouveaux défis, le responsable du service de la commande publique du GH Artois-Ternois entend mettre ses connaissances en droit au service de l’humain.

Titulaire de trois masters de droit, mais passionné par les subtilités des marchés et du service publics depuis les débuts de ses études juridiques, c’est par un dernier master en droit public de l’économie qu’Ibrahima Thiaw a clos ses longues études juridiques. Une attirance confirmée par un stage effectué au CH de Douai, qui s’est avéré fondamental pour la suite de son parcours.

Une passion confirmée sur le terrain

Dans le cadre de cette enrichissante expérience douaisienne, sa maîtresse de stage lui donne accès à tous les marchés, dans tous les secteurs. Une révélation pour ce juriste passionné, qui trouve à ses études de droit une application aussi concrète que fondamentale : une dimension humaine. Un poste de juriste des marchés publics le conduit ensuite au CHU de Grenoble, avec l’idée d’explorer de nouveaux horizons. Géographique, d’abord, pour celui qui n’a encore jamais quitté sa région natale ; mais aussi professionnel, avec une nouvelle dimension, celle, tentaculaire, d’un CHU, et tous les enjeux que cela comporte.

Une année riche en enseignements, centrée sur les services travaux et informatique. Mais l’annonce du poste de responsable de la commande publique à Arras est trop séduisante. Elle réunit à la fois l’opportunité de revenir près des siens, des projets intéressants, un GHT à taille humaine appelé à se développer et un responsable des achats qu’il connaît et apprécie. Irrésistible. Car pour notre jeune responsable de la commande publique, le travail d’équipe et l’aspect humain sont au cœur même du métier.

Prévoir au maximum l’avenir des marchés

« Ma vision du métier, c’est de toujours mettre de l’humain dans les marchés publics. Le droit est un outil. On travaille avec beaucoup de monde, acheteurs, bien sûr, mais aussi de nombreux acteurs. Et tout le monde n’est pas juriste. On doit absolument avoir une vision humaine, pédagogue, pour vulgariser, expliquer la procédure, encourager, former… C’est indispensable pour sécuriser les achats et éviter les problèmes dans la prestation. » C’est d’autant plus important qu’aujourd’hui, les enjeux à son niveau sont tant juridiques qu’économiques.

« Depuis la crise sanitaire, on reçoit des demandes de révision de prix tous les jours. Notre défi, c’est d’essayer de prévoir au maximum l’avenir sur nos marchés publics. Les clauses de réexamen sont indispensables : elles sont ce que j’appelle « la boule de cristal de l’acheteur ». » Et si les acheteurs sont souvent « des techniciens purs, (…) notre rôle, c’est d’essayer de les accompagner dans ce challenge, de les aider sur la partie sourcing pour les encourager à mener une démarche globale et élargir leur panel de fournisseurs potentiels. »

Bien sûr, la stratégie est définie par la cellule achats. « Mais en tant que juriste achat je veux les accompagner en amont. Apporter des leviers de réflexion pour favoriser l’accès aux marchés publics à des PME, l’objectif étant d’anticiper les critères sociaux et environnementaux, et ne pas attendre les applications de la loi Climat et Résilience. » Injecter de plus en plus d’achats socio-responsables dans la commande publique, c’est l’un des objectifs d’Ibrahima Thiaw, qui poursuit le travail initié par le GHAT : « Nous avons établi une convention de partenariat entre le GHT et la Maison de l’emploi et des métiers de l’Artois qui nous permet d’insérer un pourcentage de leurs activités dans la commande publique. »

Une charte de l’acheteur rédigée par ses soins

Basé au CH d’Arras, établissement support du GHAT (qui comprend également les CH de Bapaume et du Ternois), le juriste est par ailleurs ravi de travailler de concert avec des responsables dont il admire les initiatives. Et notamment la mise en place de « comités achats » : « Trois fois par an, le responsable des achats réunit tous les acteurs concernés pour parler actualité des achats. L’idée étant de faire participer tout le monde : référents, acheteurs, cellule achats, juristes, cellule marchés… Cela permet de rappeler les objectifs et la définition du besoin, qui est la base dans l’achat public. On aborde beaucoup de sujets, c’est très intéressant. »

Il présentera d’ailleurs, lors du prochain comité, sa charte de l’acheteur,  un document qu’il a lui-même rédigé : « Au-delà de la prestation elle-même, il ne faut pas perdre de vue l’aspect juridique, le respect du Code de la commande publique qui est fondamental. Nous avons créé cette charte pour éviter toute mauvaise exécution : elle servira à rappeler aux acheteurs et aux juristes qui travaillent sur les marchés que nous sommes régis par une règlementation, qu’il faut faire attention aux deniers publics, et qu’il existe des sanctions en cas de non-respect des règles de l’achat. »

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