Antoine Beillard, nouveau responsable achats et logistique du CESAME angevin

Venu de l’industrie automobile, c’est un virage à 180° qu’a pris Antoine Beillard en rejoignant, il y a près de douze ans, les équipes du CHU d’Angers. Nommé responsable des achats et de la logistique au Centre de santé mentale angevin, il a aujourd’hui à cœur de faire reconnaître les spécificités liées à la prise en charge psychiatrique dans la gestion des achats.

Spécialisé en logistique, c’est dans l’industrie automobile que ce natif de la région angevine forge ses premières expériences. La crise étant passée par là, c’est une mission d’audit dans une clinique privée qui provoque chez lui un déclic : entre les mondes de l’industrie et de la santé, la différence entre la gestion des services supports et de la demande en interne est énorme. C’est donc une piste à creuser, et des défis à relever.

Les bouleversements de la crise sanitaire

Quelque temps plus tard, il entre au CHU d’Angers, d’abord comme responsable approvisionnements et méthodes logistiques, puis comme adjoint en charge de la logistique opérationnelle. Un revirement qu’il ne regrette aucunement : « Au-delà des enjeux à développer, l’intérêt de la fonction publique hospitalière, de la santé et de l’hôpital en général, c’est de donner du sens à votre métier. Encore plus avec ces dernières années de crise sanitaire, il y a un sentiment de grande satisfaction à l’idée de participer à l’effort des agents hospitaliers, pour leur bien-être et celui des patients. »

Une crise sanitaire qui a par ailleurs bouleversé les process et les flux logistiques. Il a fallu s’adapter, et opérer un certain nombre de changements, comme se rapprocher de la pharmacie pour la commande et la diffusion de matériels et d’EPI (masques, gants et gels hydroalcoolique…) et créer un guichet unique. Elle a également permis de resserrer les liens entre établissements et au sein du GHT 49 avec la mise en place d’un réseau de distribution des dotations nationales en coordination avec l’ARS et la DGOS. C’est grâce à ce réseau qu’il apprend qu’un poste se libère au CESAME, et obtient sa mutation en début d’année.

Vers une professionnalisation des métiers de la logistique

Car c’est surtout pour sa culture de la logistique qu’Antoine Beillard a été choisi. La partie achats est, selon lui, déjà bien ancrée à l’échelle du centre et du territoire. « Il existe bien sûr une différence de maturité entre les établissements, mais on assiste malgré tout à une réelle professionnalisation des achats. Ce qui m’a surpris en venant de l’industrie, c’est le nombre réduit de fournisseurs et d’interlocuteurs ; mais on a tendance à s’ouvrir, le paysage a été un peu remodelé, les rapports de force commencent à changer avec la montée en charge des centrales d’achats et des GHT ».

Aujourd’hui, à charge pour lui de professionnaliser le versant logistique et approvisionnement de l’établissement : mieux le structurer en interne par une révision des flux et des magasins intermédiaires du site, mais aussi des compétences. « Actuellement, il existe un flou dans les termes et les attributions de chacun : acheteurs, approvisionneurs, magasiniers… Mieux les identifier, utiliser les bons termes, c’est une bonne base pour aller vers une professionnalisation des métiers. Par ailleurs, il existe déjà une mutualisation des achats, mais il s’agira également de renforcer les liens avec les différents établissements du territoire d’un point de vue logistique et bonnes pratiques. »

De nombreux chantiers sont également à prévoir. Parmi eux, une blanchisserie commune avec le CHU et quelques autres établissements, prévue pour 2025. Des projets qui devront naturellement s’inscrire dans le respect des principes de protection de l’environnement chers au CESAME. « Une de nos actions principales en matière de développement durable concerne la gestion des déchets, la limitation de leur impact écologique et leur valorisation, détaille-t-il. On essaie de développer les filières avec les fournisseurs, même si l’offre ne répond pas toujours à nos attentes. Mais le tri, la valorisation des déchets, la sobriété écologique… Ça parle à tout le monde, tous les agents sont acteurs, que ce soit dans leur environnement personnel comme au sein de l’établissement. »

Les spécificités de la prise en charge psychiatrique dans les marchés

Opérant désormais dans un centre dédié à la santé mentale, les spécificités de l’accueil psychiatrique constituent autant de nouveaux éléments à prendre en compte. « Dans un tel établissement, il y a bien sûr les notions de bonne prise en charge et de bienveillance envers les patients que l’on retrouve dans les établissements de santé classiques, explique-t-il. Mais il existe aussi des paramètres spécifiques à la psychiatrie, en matériel et prestations. »

« Sécurisation des patients, adaptation des agents… mais aussi un panel d’activités sociothérapeutiques, comme des cours de sport, des journées culturelles, des ateliers pour réapprendre les bons gestes du quotidien et donner aux patients un objectif sur lequel s’investir. Il y a une approche plus globale, celle du soin de l’esprit, qui passe également par un cadre agréable… », poursuit-il, « tout cela bénéficie à la fois aux agents et aux patients. Mais au niveau achats et logistique, toutes ces particularités ne sont pas encore vraiment bien prises en compte par les opérateurs nationaux. Ce sont des petits côtés auxquels on ne pense pas, qui ne sont pas relayés dans les marchés. C’est mon objectif pour les mois à venir : faire prendre en compte ces demandes comme critères d’appréciation par les GHT et centrales d’achats. »

 

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