Alexandre Ducrocq, de l’aéronautique à l’hôpital

Venu du secteur privé, Alexandre Ducrocq vient d’entrer au GHT Somme Littoral Sud comme acheteur services numériques. Pour ce Picard d’origine, une façon, certes, de faire vibrer sa fibre territoriale mais aussi, au métier, d’adjoindre désormais l’intérêt général aux intérêts généraux.

Difficile de faire plus radical ! Spécialiste de l’industrie aéronautique, Alexandre Ducrocq a intégré en juin dernier le groupement hospitalier territorial Somme Littoral Sud en qualité d’acheteur services numériques. Changement d’univers, de références et même de valeurs… Mais pourquoi donc quitter ainsi l’industrie au profit de la santé publique ?
L’intéressé s’explique : « Il était temps pour moi d’aborder de nouvelles connaissances et dans le cadre d’un nouveau monde, d’appréhender de nouveaux modes organisationnels et modèles managériaux. »

Les achats, sinon rien

La trentaine tout juste franchie, Alexandre Ducrocq fait partie de ceux qui mènent résolument leur carrière quand d’autres ne font que la suivre. Les achats d’abord, un choix en rien circonstanciel puisque l’homme y est tout entier dévolu depuis ses études. « Élève ingénieur de l’École nationale supérieure en génie des systèmes et de l’innovation (ENSGSI) intégrée en 2008, j’ai opté pour une spécialité achats dès ma troisième année », raconte-t-il.

Au profil d’ingénieur généraliste rompu à la conduite de projets que lui cisèle l’ENSGSI, Alexandre Ducrocq entend alors « ajouter la double assise de l’acheteur, qui, entre technique et commercial, fait force de proposition avertie entre clients internes et fournisseurs. »

Judicieuse, la trajectoire professionnelle décolle rapidement : « dans la foulée d’un stage de fin d’étude chez Stelia Aerospace comme acheteur industriel junior pour le département investissements – machines et outillages, j’ai été embauché à ce même poste afin de pallier la montée en cadence des programmes Airbus », relate Alexandre Ducrocq. Chez le concepteur-assembleur, le jeune chargé d’achats se familiarisera deux ans durant « avec chaque étape du pilotage des investissements en mode projet, depuis l’analyse du besoin jusqu’à l’installation de moyens de production et la levée des réserves, le tout dans le cadre de contrats de plusieurs milliers d’euros. »

Le refus d’une seule étiquette

Mais pas question de se limiter à un groupe, aussi international soit-il. En quête d’une cartographie des compétences calquant ses multiples appétences, Alexandre Ducrocq s’attache donc à découvrir la sphère des PME, « une tout autre approche et d’autres responsabilités puisque je serai alors responsable des achats chez Somepic Technologie, société d’usinage de précision dont la fabrication des pièces aéronautiques constitue le fer de lance », détaille-t-il. Le poste vient d’être créé, avec de nombreux défis en lien avec le service approvisionnement et les experts de chaque service. ».

Durant six années, l’acheteur ajoute donc à son arc les cordes matières premières, sous-traitance et frais généraux, et devient administrateur informatique. Pour autant, dès 2018, le refus d’être « étiqueté à vie « acheteur de l’industrie aéronautique » pousse une troisième fois Alexandre Ducrocq vers de nouveaux horizons qu’ouvrent idéalement les portes du GHT Somme Littoral Sud.

Contribuer au rayonnement du territoire nordiste

« Le dépaysement est cette fois total ». Jusqu’à la « langue » des marchés publics qu’il faut apprendre en accéléré ! Néanmoins, attestée par son passage de l’achat des machines d’usinage à celui des prestations d’entretien, sa faculté d’adaptation convainc qu’il est l’homme de la situation, à même de conduire les démarches contractuelles, d’analyses fonctionnelles et d’opération d’exécution requises par ses nouvelles fonctions : acheteur services numériques. « L’objectif n’est pas seulement la réduction des coûts mais également la maîtrise des processus afin d’éviter les dépenses et accroître la performance », explique-t-il.

Fini donc le seul pilotage du panel fournisseurs sur la base des indicateurs qualité, coût et délai. À lui désormais d’assurer la bonne mise en œuvre des choix matériels et logiciels permettant des regroupements de contrats efficients, l’uniformisation des taux de service et la convergence des 10 établissements parties… « Et c’est ici d’abord une question de qualité de service rendue à la population : trop souvent oublié, ce back-office informatique est en effet essentiel, pour des diagnostics plus opérants ou un meilleur suivi patient », insiste le professionnel, heureux de contribuer ainsi au rayonnement du GHT nordiste et, par-delà, à la qualité de vie et à la croissance de ce territoire auquel il est profondément attaché. Bref, d’insuffler un autre sens à l’efficience…
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