Le GRAM donne plus de poids à l’achat durable

Le groupement régional d’achat multisegments (GRAM) des Hauts-de-France intègre de plus en plus la démarche de développement durable dans sa stratégie. Après avoir aligné le cahier des charges des denrées alimentaires sur la loi Egalim, le GCS a également inséré un questionnaire « durable » dans son marché DASRI, avec un focus sur leur mode de collecte et leur traitement.

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Constitué sous la forme d’un GCS, le GRAM (groupement régional d’achats multisegments) des Hauts-de-France se charge d’acquérir pour ses 110 adhérents (hôpitaux, EHPAD et structures spécialisées publiques et privées) tout ce qui ne relève pas des médicaments ou de l’informatique, apanages de deux autres GCS. Autant dire un spectre très large, des produits d’entretien aux DM, en passant par les aliments.

Bio et circuits courts

Au GRAM, mutualisation rime de plus en plus avec développement durable. « Les mentalités évoluent et les pratiques aussi. On l’a observé pendant la crise sanitaire. Désormais les acheteurs prennent en compte l’aspect responsable, ce qui n’était pas forcément le cas il y a deux ans encore », témoigne Stéphane Baheux, coordonnateur du groupement, également chargé de définir sa stratégie d’achat.

Stéphane Baheux

La volonté d’acheter plus responsable s’est déjà matérialisée dans le secteur de l’alimentaire. « Nous avons rédigé un cahier des charges conforme aux exigences de la loi Egalim, en mettant l’accent sur les denrées de qualité et bio, entre autres pour les conserves de légumes, les fromages ou les yaourts. Nous favorisons les circuits courts. Notre eau provient des sources de Saint-Amand (commune du Nord, NDR) », illustre Stéphane Baheux.

La légumerie opérée par des ESAT locaux

Le GRAM exige, pour tous les produits, leur provenance, jusqu’aux zones de pêche pour le poisson surgelé. « Pour la volaille, nous demandons par exemple le lieu d’élevage, celui de l’abattage, le nombre d’intermédiaires… », poursuit le coordonnateur. Mais le pilier social du développement durable est aussi au menu. La préparation des légumes produits dans le Ternois (région du Pas-de-Calais) a fait l’objet d’un lot réservé. Résultat : la prestation a été confiée à deux ESAT du cru, installés l’un près de Saint-Pol-sur-Ternoise, l’autre près de Saint-Omer.

Autre grande famille sous observation : les déchets. Côté ordures ménagères, Le GRAM, grâce à un judicieux sourcing, obtenu des sacs d’emballage moins polluants, le premier fabriqué à partir de plastique recyclé, le second à base de fécules de pommes de terre complétera l’offre initiale.

Notifié au mois de mai, le prochain marché de DASRI, concernant les départements de l’Aisne, de l’Oise et du Nord, a été considérablement « verdi ». Un questionnaire développement durable a été annexé au DCE, conçu avec l’aide des hôpitaux de Beauvais, Creil et Soissons. « Beaucoup de questionnaires existent déjà mais ils sont en général trop déclaratifs. Il s’agit d’objectiver les dires des candidats, que les acheteurs vérifient rarement, faute de temps ou des connaissances nécessaires ». C’est pourquoi le GRAM a cherché à en savoir plus, en demandant des preuves, par exemple sur le profil du parc de véhicules employés (âge, motorisation électrique ou hybride…).

Mode de collecte et traitement

Car le mode de collecte a fait l’objet d’une demande particulière dans le cahier des charges. « Nous avons voulu limiter l’impact environnemental, en proposant un lot avec transport en poids lourd, et l’autre en véhicule léger », explique Stéphane Baheux, « le besoin dépend du volume des déchets et aussi de l’optimisation de la logistique transports. Déplacer un poids lourds pour de trop petites quantités, cela n’a aucun intérêt. »

Le traitement des DASRI est également un facteur de pollution. Le GRAM a déjà interdit l’enfouissement. Et pour une partie des lots, il a exigé un prétraitement par désinfection et demandé aux soumissionnaires de proposer des solutions pour limiter à terme l’incinération. « Il n’existe pas de centres ad hoc dans l’Aisne, ni à moins de 300 kilomètres. Les distances annihilaient l’intérêt d’une telle démarche », précise Stéphane Baheux. Des demandes qui n’ont pas altéré le nombre de candidats attendus.

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