Le futur CHU de Gand vise la neutralité carbone

L’hôpital de Gand va entamer, au cours des vingt prochaines années, un cycle de rénovation et de construction. La conception des bâtiments sera notamment guidée par la volonté de ne plus avoir d’impact carbone. L’accent sera mis sur le recyclage de l’énergie, mais aussi la sobriété, quitte à remettre en cause certaines habitudes de confort.

En 2050, un siècle après l’érection de son premier bâtiment, le CHU situé en périphérie de la 2e ville de Belgique (263 000 habitants) aura « radicalement » changé, a assuré Vincent Dufrane, du cabinet VK architects & engineers, intervenant des 62e journées de l’association des ingénieurs hospitaliers (IHF) à la fin du mois de juin.

Au programme : rénovation des deux édifices existants, élaborés respectivement dans les années 50 et 80. Aux oubliettes le « vilain parking » de 3 étages qui les sépare actuellement et qui sera remplacé par un 3e bâtiment en 2029. Un ensemble capable d’accueillir 700 lits, dont 80 % de chambres particulières, un « quartier opératoire » de 63 salles (blocs et petites salles d’intervention), 76 lits de soins intensifs, ainsi qu’un parking souterrain de 1800 places.

De 20 000 tonnes de CO2 par an à zéro

Alors que son bilan carbone atteint 20 000 tonnes équivalent CO2/an, le CHU flamand a l’ambition de parvenir au zéro par étapes. Grâce, entre autres, à un cheval de bataille : circulariser l’énergie utilisée pour produire le chaud et le froid. Si tout se passe comme il l’espère, l’hôpital dans son intégralité pourrait être chauffé à terme par un réseau de chaleur urbain.

L’établissement de santé belge veut également récupérer la chaleur dégagée par la production d’eau glacée et par les machines frigorifiques. Mais surtout la réinjecter au moment le plus opportun dans le réseau de chaleur grâce à un jeu d’échangeurs afin de lisser les crêtes de production.

Oser remettre en cause certaines habitudes de confort

Autre levier, la sobriété. Seuls les quartiers opératoires et les soins intensifs seront humidifiés. Les autres services seront alimentés par une centrale de ventilation équipés de récupérateurs rotatifs, « ce qui permet de garder un seuil d’humidité raisonnable et un bon confort pour les patients », a commenté Vincent Dufrane.

© Epictura

Idem pour l’eau chaude sanitaire. Le CHU a constaté, dans ce domaine, que 70 % de la consommation d’énergie est due à des pertes linéaires. « Les mentalités doivent évoluer », a-t-il prévenu, « on doit oser remettre certains niveaux de confort en question et concevoir en fonction ». La distribution d’eau chaude sera donc réservée, sauf exceptions, aux unités d’hospitalisation et à certaines zones comme l’unité de production des repas. « On ne va pas mettre un lavabo avec de l’eau chaude dans chaque bureau de consultation des médecins », a illustré le spécialiste qui a insisté sur la nécessité d’un « effort collectif important ».

Le béton plutôt que l’acier

L’impact de la construction et du choix de la structure portante n’a pas été oublié. Le bois écarté en raison de prix, restaient en lice l’acier et le béton. L’étude menée avec trois méthodes différentes pour le CHU a tordu le cou à une idée reçue. A chaque fois, quel que soit le type d’acier et les proportions de matière réutilisée, le béton post-contraint, avec une armature réduite, sort vainqueur. La raison : les températures très élevées nécessaires pour la fusion de l’acier et son modelage.

Autre idée directrice : réduire au maximum les circulations routières à l’intérieur du périmètre. Notamment grâce à l’installation de voies de mobilités douces. « La Flandre est une communauté qui aime le vélo. Et cela ne pose aucun problème pour le prendre pour aller travailler. Cela facilite la tâche », a admis Vincent Dufrane.

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