Allemagne : réduire les consommations d’énergie grâce aux « climat managers »

5% des émissions totales de CO² de l’Europe sont le fait du secteur de la santé. C’est pourquoi l’Allemagne aide ses hôpitaux à financer des postes de « climat manager ». Avec des économies à la clef. En trois ans, un premier programme concernant 50 établissements a permis d’éviter l’équivalent de 34 500 tonnes de carbone, soit 9 millions d’euros de frais de fonctionnement épargnés. Le pays vise maintenant 250 postes d’ici 2021 et 100 000 tonnes en moins en trois ans.

© Epictura / Sarella

Même si les hôpitaux n’en sont pas les seuls responsables, ils peuvent grandement contribuer à la lutte contre le changement climatique. La Fédération Hospitalière de France a prôné récemment la création d’un poste de référent transition écologique dans chaque agence régionale de santé. En Allemagne, le projet KLIK Green s’inscrit dans un programme fédéral lancé en 2014. Son principe est simple : le ministère fédéral de l’Environnement finance directement la formation de managers du climat dans des hôpitaux et cliniques volontaires. La première phase (2016-2018) a impliqué 50 établissements de santé qui, en trois ans, ont évité l’émission de l’équivalent de 34 500 tonnes de CO², soit une économie totale de 9 millions d’euros de frais de fonctionnement.

250 « Klima Managers » dans les hôpitaux allemands d’ici 2021

L’événement de lancement des partenaires du réseau, en octobre 2019 à Berlin © BUND Berlin

Ce succès initial a encouragé l’extension du projet à plus grande échelle avec l’objectif ambitieux d’engager 250 hôpitaux et cliniques de réadaptation à réduire leurs émissions de CO² de 100 000 tonnes en trois ans. La mise en œuvre du projet KLIK est pragmatique : les hôpitaux candidatent sur la base du volontariat, et identifient l’un de leurs agents intéressés par la protection de l’environnement.

 

Ces professionnels, issus de toutes les catégories de personnel, sont formés dans un programme national. 4 heures par semaine sont dégagées de leur emploi du temps pour lancer des actions pour la réduction des émissions de CO². Des objectifs sont fixés en lien avec le programme fédéral, et ciblés sur de mesures pratiques comme la réduction de la consommation d’énergie, la mobilité, la nutrition et la restauration, l’informatique et la gestion des déchets et des ressources. Des appels à projets et subventions dédiées sont aussi proposées à ce réseau.

40 000 euros économisés par an grâce à des capteurs

Jessica Babatz, climat manager de la Sophien Klinik à Hanovre © Sophien Klinik

A lui seul, le sujet des économies d’énergies offre un potentiel de 10 % de réduction des consommations d’un hôpital ou d’une clinique de réadaptation (selon les retours des 50 établissements KLIK impliqués dans le programme entre 2016 et 2018). Les systèmes de ventilation représentent en moyenne 20 % de la consommation totale d’électricité dans les hôpitaux KLIK. Un établissement a ainsi réalisé une économie de 6000 € par an, simplement en coupant la ventilation des vestiaires entre 22 heures et 5 heures du matin. Un autre, en partenariat avec son équipe opérationnelle d’hygiène, a décidé d’arrêter la ventilation des salles d’opération après 30 minutes d’inoccupation grâce à l’installation de capteurs, réalisant une réduction de la consommation d’électricité de 215 MWh, soit une économie de 40 000 € à l’année pour 20 salles d’opération.

Avec 15 % de la consommation d’électricité du premier panel KLIK, le refroidissement est un autre axe de travail. Pour réduire l’impact, un hôpital a décidé, en lien avec sa direction des services informatiques, de faire passer la température de ses salles de serveurs de 18° à 24°, réduisant ainsi sa consommation d’énergie de 122 MWh et évitant la production de l’équivalent de 79 tonnes de CO² à l’année. Les services techniques d’un hôpital de plus de 1000 lits ont installé des portes automatiques entre les laboratoires de recherche et les corridors d’un de leurs bâtiments. Cette action simple a permis de réduire les émissions de CO² de plus de 312 tonnes et de réaliser une économie de 50 000 € annuels.

Réduction de la température dans les couloirs et cages d’escalier

Le chauffage représente un domaine où les économies d’énergie semblent plus complexes. Certains établissements se sont néanmoins attelés à la tâche. Le personnel technique d’un hôpital KLIK de plus de 1 000 lits procède désormais à des inspections systématiques des installations de chauffage. Grâce à ce travail, les agents ont réduit la température de base des zones accessibles au public telles que les couloirs, les cages d’escalier et les sous-sols. Le réglage du débit d’eau chaude a été réajustée sur les radiateurs grâce à des vannes thermostatiques. De cette manière, la clinique a pu économiser près de 80 tonnes de CO2 grâce à une consommation de gaz inférieure d’environ 400 MWh par an. De quoi alléger les coûts d’exploitation d’environ 40 000 euros.

L’éclairage pèse en moyenne 21 % des dépenses d’électricité des hôpitaux participant au programme KLIK. Les solutions retenues pour réduire cette part vont de la pose de capteurs de présence à l’éclairage par LED des couloirs, permettant des économies significatives. Parvenir à modifier le comportement des utilisateurs est aussi un enjeu majeur. Des campagnes de communication peuvent prendre différentes formes, comme par exemple l’organisation de visites des installations techniques, permettant de sensibiliser les professionnels de santé aux enjeux de la consommation d’énergie. »

 

Consulter le rapport « Klimaschutz inKliniken verankern Impulse geben und Potenziale nutzen »

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