Le LEEM veut faire de l’industrie pharmaceutique un fer de lance de la réindustrialisation

À trois mois des échéances présidentielles, la fédération des entreprises du médicaments a présenté ses ambitions au sein d’une plateforme intitulée « Construire ensemble notre futur en santé ». Le LEEM souhaite que l’industrie pharmaceutique soit au première ligne de la réindustrialisation et que la France devienne un leader européen du domaine.

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Les traditionnels voeux ont été l’occasion pour Frédéric Collet, président du Leem, de faire passer le message aux candidats à la magistrature suprême en avril prochain : « La crise du Covid nous l’a appris, plus aucun pays ne pourra prétendre à être une grande puissance économique, si, dans le même temps, il n’est pas doté d’une industrie de recherche et de production en santé puissante. C’est pourquoi le sujet des industries de santé doit être central dans le débat électoral qui s’ouvre ».

Frédéric Collet

Frédéric Collet a détaillé les quatre objectifs du LEEM, déclinés en 27 propositions. Le premier, c’est de faire du pays le leader européen du médicament en soutenant massivement la recherche et l’innovation. Notamment en renforçant l’effort public de recherche, sous dimensionné par rapport à aux voisins européens, en donnant à la future Agence d’innovation en santé la capacité de mettre en œuvre des priorités claires pour la recherche médicale , en soutenant le financement et la croissance des « health techs » françaises et en faisant du pays un pionnier de l’intégration des data en santé au bénéfice des patients.

Une stratégie de relocalisation des médicaments d’intérêt stratégique

Le deuxième, lié au premier, consiste à faire des entreprises pharmaceutiques un fer de lance de la réindustrialisation.  Les moyens : déjà consolider l’existant. « Je le dis clairement : tout un tissu industriel de petites et moyennes entreprises de santé est aujourd’hui menacé de disparaître », a prévenu Frédéric Collet. Mais aussi définir une stratégie de relocalisation de la production des matières premières et des médicaments d’intérêt stratégique, accélérer le déploiement des technologies d’avenir dans la production des médicaments (IA, numérique…) afin de moderniser notre outil de production et offrir un cadre d’investissements attractif pour promouvoir une décarbonation du tissu industriel avec des dispositifs incitatifs, dans le cadre des engagements environnementaux du secteur.

Un cadre sécurisant les approvisionnements

Le troisième, ériger l’accès des patients aux traitements au rang de grande priorité nationale, évidemment avec la définition d’un budget alloué aux produits de santé qui réponde tout à la fois aux besoins en santé et aux besoins de financement de l’innovation, et d’un cadre sécurisant les approvisionnements en médicaments par la simplification des cadres réglementaires. Et par la recherche d’économies autres que celles pesant sur les médicaments

Enfin, réformer la politique du médicament pour plus de simplicité et d’efficacité. « Le nombre excessif d’opérateurs administratifs dans le champ du médicament et leur non-coordination aboutit à une inefficience chronique », estime Frédéric Collet qui préconise la création d’un grand ministère en charge de la Recherche, de l’Industrie et de l’Innovation – qui rapproche l’amont et l’aval de la chaîne de valeur » et par la création « d’un ministère de la santé régalien aux compétences élargies, sans nécessairement que celles-ci englobent la gestion des comptes sociaux, et qui puisse être un ardent défenseur de notre secteur. »

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