Imagerie médicale lourde : la France en queue de peloton de l’Europe

Difficile d’imaginer aujourd’hui une prise en charge sans imagerie pour prévenir ou diagnostiquer les pathologies. Pourtant, alors que sa population vieillit, la France dispose d’un volume d’équipements lourds (scanners, IRM…) comparé à son nombre d’habitants moins important que ses voisins européens.

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Dépistage, diagnostic, guidage des gestes interventionnels, impact et suivi des traitements : l’imagerie médicale est désormais omniprésente dans le parcours de soins dans toutes les spécialités. Elle est aussi à la pointe de l’innovation dans toutes ses dimensions. Et les machines se perfectionnent dans toutes les dimensions : évidemment technologique (analyse des images et des données avec de l’intelligence artificielle, finesse des rendus, rapidité des résultats), mais amélioration du confort patient (élargissement des tunnels, réduction des temps d’examen, du bruit des machines, des produits de contraste…) et des conditions de travail des radiologues et manipulateurs.

Les matériels sont devenus aussi plus mobiles, un phénomène accentué par la crise sanitaire puisqu’il a fallu trouver le moyen de faire venir l’équipement au plus près du patient, pour éviter de mélanger dans un même espace des malades contaminés par le coronavirus et d’autres personnes.

Scanners : un parc jeune mais insuffisant

Malgré des besoins grandissants, liés entre autres au vieillissement de sa population (en 2035, un tiers aura plus de 65 ans), la France dispose certes d’un parc d’imagerie certes jeune, mais insuffisant, notamment du côté des équipements lourds, du point de vue du SNITEM (Syndicat national de l’industrie des technologies médicales).

Selon une étude du COCIR (fédération européenne des industriels de l’imagerie) de 2019, l’hexagone figure en queue de peloton du classement européen. Dans le cas des scanners, la France, avec 20,1 machines par million d’habitants en 2019, se situe en dessous de la moyenne de l’Europe occidentale (26,3), derrière l’Irlande, la Belgique et loin du Danemark (31,2) ou de l’Italie (34,1).

Délais d’attente pour les IRM

S’agissant des IRM, le paysage est identique. Avec un total de 14,1 machines par million d’habitants, la France est bien en deçà de la moyenne européenne (20,9), derrière la Grèce (21,2), l’Espagne (18,3) ou le Portugal (15,8). Son ratio est plus de deux fois inférieur à celui de l’Allemagne (33,1).

Une enquête menée par le SNITEM en 2019 et 2020 pointe les conséquences : les délais d’attente pour réaliser un examen IRM oscillent entre 22 et 25 jours en moyenne, avec de fortes disparités régionales. La situation n’est pas meilleure pour le matériel d’angiographie puisque le score français 11,6, inférieur à la moyenne européenne (17,7), est quasiment trois fois moins élevé qu’en Allemagne (29,2).

Voir l’innovation aussi comme une source d’économies potentielles

La radiologie conventionnelle et l’échographie souffrent d’un autre mal, celui de l’obsolescence. Dans le premier cas de figure, la moitié du parc a plus de 10 ans d’âge selon une enquête menée par le SNITEM l’année dernière.

Pour le syndicat professionnel, un rattrapage est nécessaire. Il passe par un changement de perception des pouvoirs publics : l’innovation est encore trop souvent appréhendée comme un coût, alors qu’elle peut être source d’économies pour le système de santé, en permettant une prise en charge plus précoce et éviter ainsi de longs traitements coûteux.

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