23 solutions innovantes pour lutter contre les épidémies

Le Covid-19 a incité le Conseil Européen de l’Innovation (CEI) à organiser un « pitch » en ligne durant lequel 23 entreprises ont présenté aux acheteurs de la santé des solutions hi-tech déjà ou bientôt opérationnelles. Autant d’innovations capables de lutter contre l’épidémie actuelle ou celles à venir. Un deuxième e-sourcing devrait avoir lieu début juillet.

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À problème international, réponse internationale. Car le Covid 19 ne connaît pas de frontières. Alors que le réflexe de repli sur soi a souvent dominé lors de la crise sanitaire, le Conseil Européen de l’Innovation (CEI), programme de financement de l’Union européenne à hauteur de 10 milliards d’euros qui vise les entreprises et les chercheurs les plus innovants, en particulier les PME, veut au contraire à accélérer les échanges au-delà des frontières.


« Durant cette lutte contre la pandémie, un défi pour toute l’humanité, le CEI apporte une pierre modeste à l’édifice en multipliant les initiatives, telles que l’augmentation de 150M € de l’appel à projets de notre accélérateur en direction des PME innovantes, l’organisation d’un hackathon mondial contre le virus, mais aussi en facilitant les contacts entre acheteurs publics ou privés de la santé et des fournisseurs d’innovations », explique Bertrand Wert, conseiller au CEI, notamment chargé de promouvoir l’achat de solutions innovantes.


Des besoins identiques

 

Bertrand Wert

La valeur ajoutée du CEI est son soutien financier à 6000 PME très innovantes triées sur le volet et implantées dans leur immense majorité sur le territoire de l’Union. Une base constituée depuis 2014, dans laquelle on trouve environ 400 sociétés françaises. « Près de 40 % des prestataires référencés travaillent dans le domaine de la santé. Mais certaines innovations, développées à l’origine pour d’autres secteurs d’activité, peuvent être déclinées ou adaptées pour combattre le Covid », poursuit Bertrand Wert.

 


Le Conseil Européen de l’Innovation a donc organisé avec l’appui de plusieurs acteurs (EAFIP, EHPPA, Resah, Tic Biomed…) un « pitch » en ligne le 30 avril dernier auquel ont participé plus d’une cinquantaine de pouvoirs adjudicateurs et presque autant de fournisseurs innovants.

 

Côté acheteurs, les interventions, qu’il s’agisse de l’hôpital de Leuven (Belgique), de la centrale italienne Consip ou de l’AEEK (Állami Egészségügyi Ellátó Központ, service national de santé hongrois), ont démontré que les besoins avaient été peu ou prou identiques pendant la crise sanitaire : des équipements de protection faciles à porter, stérilisables et réutilisables, des dispositifs de prise à distance de la température, des moyens de détection et de diagnostic du virus, des outils de monitoring des patients, mais aussi des systèmes de télémédecine, ou des dispositifs capables de limiter les contacts entre personnes.

 


Diagnostic moléculaire avec algorithme prédictif

 

La rencontre électronique a également prouvé que les 23 prestataires sélectionnés par le CEI avaient du répondant.  Spécialiste de la surveillance des maladies respiratoires, le finlandais Nukute propose un kit d’objets connectés (collier, montre et tablette avec senseurs) capable de détecter à distance le besoin d’oxygène d’une personne. En partenariat avec les services de santé des armées portugaises et la faculté de Lisbonne, l’entreprise Delox a mis au point un système d’appareils portables de bio-décontamination à partir de peroxyde d’hydrogène.

 


D’autres services ou produits devraient être disponibles sous peu. Amadix, société espagnole, a imaginé un test de diagnostic moléculaire, avec un algorithme prédictif, dont le prototype sera prêt d’ici 6 à 9 mois. La firme autrichienne CSD Labs veut révolutionner l’auscultation-  qui n’a quasiment pas évolué depuis 2 siècles – avec la consultation à distance et la transmission en direct des sons cardiaques et pulmonaires. Baptisée eMurmur, le dispositif a été testé auprès de plus de 1000 patients.

 


Prochain « pitch » en juillet

 


Fabricant de DM, Respinor, entreprise basée en Norvège, a conçu un système non invasif connecté au mouvement du diaphragme, actuellement en phase d’étude clinique. L’idée :  fournir rapidement aux médecins les bonnes informations pour décider ou pas de mettre un patient sous respirateur artificiel. La société allemande Smaterials Technology a inventé une nouvelle génération de gants chirurgicaux dotés d’une protection à double barrière sans perte de sens tactile. Leur mise sur le marché est prévue en Asie à partir de 2021. Le Conseil Européen de l’Innovation, qui vient de lancer un site internet dédié, ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Un deuxième « pitch » électronique est programmé début juillet.

Lien vers la plateforme Covid 19

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