Marc Wendling : un ancien de la petite reine à l’hôpital

Mais comment fait-on pour se retrouver directeur adjoint du CH de Menton chargé des ressources matérielles, de la supervision financière et de la contractualisation interne, en commençant sa carrière dans le sport de haut niveau ? Sans doute parce que Marc Wendling excellait en cyclisme. Et qu’il est habitué aux côtes qui semblaient pourtant infranchissables, à se détacher du peloton de tête et franchir au sprint la ligne d’arrivée dans les tout premiers…

Drôle de carrière pour un drôle de bonhomme, tant univers sportif et hospitalier se sont entremêlés au début de sa carrière. Non qu’il se soit retrouvé en rééducation fonctionnelle après une chute dans la descente du col de Menté, comme Luis Ocaña lors du Tour 1971 dans les Pyrénées. C’est bien parce qu’il était directeur sportif en Moselle qu’il fit la découverte de l’hôpital, justement en rééducation fonctionnelle où il suivait au centre hospitalier spécialisé de Sarreguemines les jeunes cyclistes victimes de mauvaises chutes.

Même s’il fit par la suite une très belle carrière dans le sport de haut niveau, le conduisant notamment à assurer durant cinq ans l’intendance du Tour de France pour ASO, Marc Wendling quitta les cale-pieds après 10 ans dans le cyclisme. Direction Rennes d’où il sortit diplômé de l’EHESP. Drôle de parcours, non ? Même pas.

L’intérêt des « petits » hôpitaux

En tout cas pas pour lui : « C’est réellement l’expérience que j’ai vécue au centre hospitalier de santé mentale de Sarreguemines qui m’a ouvert au monde hospitalier, dit-il, j’étais à l’époque directeur sportif du Sprinter club de Sarreguemines et, durant près de six ans, j’étais en même temps coordinateur des activités physiques thérapeutiques au centre hospitalier spécialisé ». Mais brûlons les étapes, même si elles révèlent le caractère particulier de celui qui est depuis le 1er février d’un des directeurs adjoints du centre hospitalier La Palmosa de Menton.

« Il est idiot de monter une côte à bicyclette quand il suffit de se retourner pour la descendre. » Même s’il est plein d’humour, la citation de Pierre Dac n’est pas vraiment son truc. Lui, ce sont les montées qui l’intéressent, et il assume parfaitement son plan de carrière. Il le revendique, même. En effet, pourquoi choisir de petits hôpitaux quand les Rennais rêvent plutôt de pousser la porte d’un CHU ? « C’est bien plus réactif, souligne l’ancien sprinteur, les délais entre les prises de décision et leur exécution sont plus brefs ».
Et d’ajouter : « En complément d’un choix de carrière dans les grosses structures hospitalières, les élèves et jeunes directeurs ont tout à gagner par un passage professionnel dans les petits établissements, histoire d’être en contact avec le terrain et un management participatif et de proximité ».

De Pont-Saint-Esprit à Montfavet en passant par Avignon

Sans en avoir l’air, Marc Wendling est un homme de défis. Il effectue son stage d’élève directeur au centre hospitalier de Draguignan, avant de devenir directeur des services économiques et des travaux au CH de Pont-Saint-Esprit. Passage par Avignon au GIP Sud Rhône pour s’occuper de la logistique des établissements de santé et médico-sociaux, avant de prendre près d’Avignon la direction des services économiques et du patrimoine au centre hospitalier de Montfavet en 2017.

Une expérience passionnante : « C’est un énorme établissement de santé mentale, dit-il, environ 400 lits et 315 places en psychiatrie, 220 lits et 112 places dans le champ médicosocial et social, et 25 000 patients pris en charge chaque année, c’est l’un des trois plus gros établissements en psychiatrie après Sainte-Anne, à Paris, et Guillaume Régnier à Rennes ». Marc Wendling y était à la tête d’une équipe de 220 agents. Pourquoi partir alors à Menton ? Pour les routes escarpées de l’arrière-pays, un régal pour les cyclistes ? Non, pas vraiment. Plutôt pour relever un nouveau défi : « C’est un poste vraiment sympa, dit-il avec enthousiasme, et c’est bien ce qui m’a motivé ! »

La contractualisation interne

À Menton, avec les ressources matérielles et la supervision financière – outre que Marc Wendling soit également référant du pôle médico-technique – le poste qu’il occupe au centre hospitalier La Palmosa pourrait paraître tellement classique. Mais il y a ce petit “plus” qui l’a appâté : “la contractualisation interne”. « Petit, ce n’est pas vraiment l’adjectif que j’aurais choisi, dit-il en souriant, car c’est probablement ce qui fait toute la différence avec les postes que j’ai occupés jusqu’à présent ».

Devant notre air dubitatif et nos sourcils en accents circonflexes, il explique : « La contractualisation interne, c’est le dialogue que nous devons instaurer avec les services médicaux et de soins, une délégation de gestion qui se traduit par plus d’autonomie, plus de flexibilité et une plus grande liberté pour les services avec un volet économique et des indicateurs communs, détaille-t-il, dans la droite ligne du rapport Claris sur la médicalisation de la gouvernance et la simplification du fonctionnement de l’hôpital ».

 


1 réaction
  1. Gakovic-Lamy dit :

    Bel exemple des possibilités qu’offre la vie professionnelle d’un homme motivé dont les de bonne moralité sont capables.

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