La stérilisation du CH du Mans améliore son ergonomie

Alors qu’il prépare une modernisation de grande ampleur pour 2026, l’hôpital du Mans (CHM) vient de renouveler sa stérilisation sans changer de locaux. Étape intermédiaire donc, à budget compté, pour faire face à une activité ne cessant de croître. Objectif : gagner de l’espace, remplacer le matériel fatigué et améliorer les conditions de travail.

© CH Le Mans

Coût final : 1,19 million d’€. Production passée, depuis sa remise en route le 5 septembre dernier, à 25 000 à 30 000 unités d’œuvre de stérilisation (UO Sté). Soit environ 10 % de plus que les 6 millions d’UO Sté annuels d’avant travaux, du fait surtout de l’ouverture au CHM d’un nouveau centre d’enseignement et de soins dentaires.

« L’hôpital aura besoin de bien plus que cela en 2026. Autour de 8,3 millions d’UO Sté, explique le Dr Anne-Lise Tesson Lecoq, responsable de la stérilisation. En attendant, la décision a été prise d’investir a minima dans une phase intermédiaire. »

Bâtiments et installations de 1983

Cela s’imposait malgré tout. Le service de stérilisation, le seul du genre dans le département de la Sarthe, souffrait de pannes à répétition, l’équipement datant de 15 ans pour les laveurs-désinfecteurs et de 17 ans pour les autoclaves. La Société française des sciences de la stérilisation (SF2S), lors d’un audit effectué l’an dernier, a confirmé les défauts structurels des machines.

Le Dr Lucie Godreau et le Dr Anne-Lise Tesson Lecoq © CH Le Mans

Autre handicap, la stérilisation occupait des locaux trop petits. La SF2S recommande un tiers de surface de plus (850 m2 au lieu de 516 m2) pour traiter 6 millions d’UO Sté.
Le bâtiment date de 1983. Les systèmes de traitement de l’air, d’éclairage et d’eau étaient vieillissants. Le sol, avec le temps, n’était plus plat, une situation délicate pour le bon fonctionnement des équipements.

Les deux mois et deux semaines de travaux, l’été dernier, ont donc consisté à abattre des murs pour gagner de l’espace de travail dans des mêmes locaux, toujours trop petits mais rendus un peu moins exigus. À remplacer l’éclairage, la centrale de traitement d’air, le réseau d’eau, les autoclaves, les laveurs-désinfecteurs. Il en a été rajouté un sixième pour supprimer un goulot d’étranglement à l’étape du lavage. Mais aucune technologie nouvelle, cabine de lavage, ou lavage à basse température n’ont été introduits.

Logistique et ergonomie révisées

« Pour arrêter notre plan d’actions, nous avons couplé l’audit de la SF2S avec notre étude en interne, explique le Dr Anne-Lise Tesson-Lecoq. Révision ergonomique des postes (méthode 5 M : diagramme d’Ishikawa pour synthétiser les causes de troubles musculo squelettiques) ; réalisation de diagrammes spaghettis pour identifier le positionnement des équipements ; méthode 5S pour optimiser les postes ; standardisation de ces postes par les agents eux-mêmes en concertation avec les gestionnaires de production ; marche en avant dans les différentes zones de travail… ».

Des sièges assis-debout, des tables à hauteur réglable, des dosserets avec paniers de stockage à hauteur des bras ont été achetés. « Ergonomie et logistique améliorées, avec un laveur de plus, le travail est devenu plus fluide et plus productif. Nous pouvons répondre à une demande d’urgence en 3h1/2 à 4 h et nous sommes dans un processus d’amélioration continue comprenant l’accompagnement du personnel non seulement par les cadres mais aussi par de la formation », explique le Dr Anne-Lise Tesson-Lecoq.

Délocalisation temporaire et déménagement sportifs

© CH Le Mans

Ce personnel a testé la nouvelle organisation pendant une journée, au printemps, puis cet été, dans des conditions très particulières au moment des travaux, dans une toute petite unité de stérilisation mobile de 80 m2 installée sur le parking de l’hôpital. Une délocalisation plus économique que d’en appeler aux partenariats public-public des hôpitaux d’Alençon, Rennes et Tours.

« Nous n’aurions pas pu procéder ainsi en dehors de l’été, moins chargé. Mais tout cela, la délocalisation puis le redémarrage avec les équipements à rôder, a été sportif. Notamment parce que le savoir-faire en matière de stérilisation mobile est encore en construction en France. Sans l’implication du personnel, qui ne nous a pas laissé tomber, nous n’aurions pas pu faire face. Mais en définitive, aucune opération n’a été déprogrammée de notre fait », signale Anne-Lise Tesson-Lecoq.

Appliquer les règles IMS

L’un des points cruciaux a été de déménager sans interrompre l’activité, en sécurité. Et pour cela, appliquer les règles IMS du système gestion des instruments et de prévention des infections. « Nous sommes dans les premiers à avoir vécu cette expérience. L’équipe du CHM a essuyé les plâtres », indique le Dr Anne-Lise Tesson-Lecoq, qui a livré un retour de cette expérience au congrès de la SF2S de septembre dernier, à Saint-Malo.

© CH Le Mans

L’un de ses prochains objectifs est de réduire l’amplitude des horaires de travail de la stérilisation. « Nous souhaitons améliorer la qualité de vie au travail de nos professionnels », insiste-t-elle, en dépit des améliorations déjà apportées. De 6h à 22h actuellement, 23h le lundi, elle espère les ramener à 7h-21h. Ce qui implique de lisser l’arrivée du matériel principalement en provenance des blocs opératoires. Un défi à relever pour améliorer les flux et garantir la sécurité du process.

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