La nouvelle logistique du CH Sud Francilien fait face à la crise

Revue totalement, la nouvelle organisation du Centre hospitalier Sud Francilien, avec une automatisation de certains flux et la création d’agents logistiques de palier, permet à la fois d’affronter l’augmentation des demandes d’approvisionnement et des flux et aux soignants de se consacrer à leur cœur de métier.

© CHSF

« Il a fallu nous adapter à des volumes bien plus importants, constate Christophe Bégyn, ingénieur logistique du CHSF, définir de nouvelles priorités, gérer l’augmentation du nombre de lits de réa qui s’est logiquement traduit par une consommation accrue des DMS et des matériels à usage unique impliquant elle-même un doublement du flux des déchets… ». Et pourtant, la nouvelle logistique du Centre Hospitalier Sud Francilien tient le coup.

Né de la fusion de l’hôpital Louise Michel d’Évry-Courcouronnes et de l’hôpital Gilles-de-Corbeil, à Corbeil-Essonnes, le Centre Hospitalier Sud Francilien (CHSF) se développe sur une surface de 110 000 m2 déclinée en six niveaux organisés autour d’une barre centrale. Un véritable casse-tête pour assurer la logistique dans les étages. Des étages qui, selon qu’ils soient dédiés à l’administration, à l’hébergement, aux blocs opératoires ou aux urgences, n’ont évidemment pas les mêmes besoins et engendrent une charge de travail différente.

Huit kilomètres par jour

Christophe Bégyn

En créant vingt-huit postes d’agents logistiques de paliers (ALP), le CHSF a revu sa logistique de fond en comble : « Nous avions plusieurs objectifs, explique Christophe Bégyn, nous souhaitions notamment améliorer les conditions de travail en réduisant la pénibilité pour le transport de charges par une automatisation des transports en sous-sol et pour les transports verticaux via les installations de transports automatiques lourds ». Ce qui représentait en semaine environ 550 mouvements par jour. « C’est un travail qui nécessite de bonnes conditions physiques : un ALP parcourt en moyenne plus de huit kilomètres par jour et manipule quotidiennement plus de trois tonnes et demi de matériel ».

Un autre objectif était également poursuivi avec le choix d’une mutualisation et d’une réduction des surfaces logistiques d’étage : « Un choix qui implique forcément une augmentation des fréquences d’approvisionnement ».  La solution mise en place au CHSF était d’autant plus nécessaire qu’avec la fusion des hôpitaux Louise Michel et Gilles-de-Corbeil, le nombre des réserves magasin dans les étages passait de 65 à 34, « une diminution qui impliquait à l’évidence une forte augmentation des flux, souligne Christophe Bégyn, un exemple avec la réa qui était auparavant alimentée une fois par semaine alors qu’aujourd’hui nous l’approvisionnons cinq fois par semaine. Là où nous avions 144 approvisionnements par mois, nous en avons désormais 320 ! ».

Gagner du temps grâce aux “tortues”

© CHSF

Le planning des agents logistiques de paliers est fortement dépendant de celui des séquences de véhicules à guidage automatique (AGV) : « Plusieurs de leurs missions sont effectivement en lien avec les séquences des “tortues”, poursuit Christophe Bégyn, approvisionner et désapprovisionner les gares AGV, les locaux logistiques d’étage et les services de soins (restauration, stérilisation, pharmacie, déchets, etc.), assurer la gestion des chariots repas dans les offices alimentaires et contrôler la température des plateaux, assurer la traçabilité des armoires pharmacie ou des déchets… ».

Mais d’autres missions leur sont dévolues sans lien direct avec les AGV : « Par exemple des missions comme le transport des cytotoxiques et des cytostatiques, celui des plateaux entrants, le rangement des produits magasin et les contrôles dans les réserves, la livraison des colis dans les services et des colis volumineux ne pouvant être transportés par les AGV, ou encore le transport des déchets potentiellement radioactifs… »

Libérer les soignants des tâches logistiques

Aujourd’hui, au plus fort de la crise, Christophe Bégyn peut pointer les bénéfices du dispositif : « Pour la plupart des approvisionnements, la mise en place des agents logistiques d’étage a permis aux services “clients” de disposer d’un interlocuteur unique quels que soient leurs besoins d’approvisionnement, relève-t-il, c’est donc pour eux facilitateur et libérateur de temps, ce qui leur permet de se consacrer à leur cœur de métier ».

De même, en cas de défaillance des TAL (transports automatiques lourds) le mode dégradé est plus facile à mettre en œuvre puisque l’interlocuteur est unique. La centralisation des tâches sur les ALP permet en outre une homogénéisation dans les contrôles et les rangements des réserves et une rigueur dans les horaires d’approvisionnements imposée par les séquences TAL ».

Un mois pour former un agent

La crise sanitaire complexifie évidemment la gestion des ressources humaines. « Quand on sait qu’il nous faut un mois en moyenne pour former un agent logistique de palier sur l’ensemble des étages et des flux, le recours à l’intérim ou au contrat courte durée n’apporte qu’une aide relative puisque le fonctionnement se fait alors systématiquement en binôme ».

En effet, de nombreux paramètres sont à intégrer qui diffèrent selon les niveaux : « Selon qu’il s’agisse d’un étage avec de l’administration, de l’hébergement, des consultations ou des interventions chirurgicales, les flux sont différents. L’architecture et les spécificités des étages font que les nombreux points de livraison sont différents et c’est bien pour cela qu’une formation longue est nécessaire avant d’arriver à une autonomie des agents ».
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