La logistique du CHRU Nancy tient la route

Les agents de la direction des achats et de la logistique du CHRU de Nancy ne ménagent pas leurs efforts dans une région particulièrement touchée par le Covid-19. Symbole de cet engagement collectif, deux d’entre eux ont fait l’aller-retour un samedi dans la même journée avec un camion pour récupérer deux équipements médicaux prêtés par l’hôpital de la Timone à Marseille.

© CHRU Nancy

 « En temps normal, le système fonctionne et personne n’y fait trop attention. Aujourd’hui, malgré les circonstances, cela continuer de tourner grâce à l’engagement total des équipes. J’ai très peu de défections », insiste Stéphanie Geyer, directrice des achats et de la logistique du CHRU de Nancy. Chaque corps de métier contribue à l’effort collectif. Des juristes qui adaptent les contrats de concession des prestataires extérieurs (télévision, relais H…) aux acheteurs qui concentrent leurs efforts sur le sourcing et la recherche d’alternatives.

Comme bien des hôpitaux, l’établissement lorrain a été approché par de supposés experts de l’import-export avec l’Asie. « Certains étaient peut-être de bonne volonté mais il était hors de question de valider des prix inacceptables. Nous restons des professionnels garants de la bonne gestion des deniers publics. »

Coordonner les initiatives locales

 

Le CHRU a évité de contractualiser avec des fournisseurs complètement inconnus à l’autre bout de la planète. « On a surtout identifié des entreprises régionales qui n’étaient pas familiers du champ hospitalier, par exemple dans l’agro-alimentaire ou le BTP, avec des quantités mesurées. Nous avons eu des contacts internationaux mais seulement pour des dons. Comme notre établissement entretient des liens étroits avec l’hôpital de Wuhan, avec la visite régulière de délégations, un interne chinois, en stage à Nancy, nous a aidés à faire venir régulièrement du matériel et des masques, ce qui a permis de sécuriser l’approvisionnement ».

Les acheteurs du CHU ont également coordonné les nombreuses initiatives de nouvelles filières locales, comme cette PME implantée à Ludres, à une dizaine de kilomètres de Nancy, spécialiste de la fabrication de sacs en plastique, qui s’est reconvertie pour concevoir des surblouses.

 

Opération Ecmo à Marseille

 

L’aller-retour Nancy-Marseille pour aller chercher des consoles ecmo, autrement dit des systèmes d’oxygénation par membrane extracorporelle, dont avait grand besoin le CHRU, est un autre symbole de l’implication de tous les instants des agents hospitaliers lorrains. Grâce à l’ARS Grand Est qui fait circuler l’info, le CHRU s’est rapproché de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), disposée à lui prêter les deux équipements.

« Il y a une vraie solidarité entre les établissements. Quand on peut dépanner, on le fait sauf quand on connaît nous-mêmes des difficultés », remarque au passage Stéphanie Geyer. Encore faut-il récupérer le matériel.  Deux agents du service logistique ont donc traversé la France en camion. Plus de 1400 kilomètres aller-retour en une journée.

 

Aller-retour le samedi

 

Les deux consoles Ecmo arrivées à bon port © CHRU Nancy

« On a eu le feu vert de l’ARS vers 19h30 le vendredi 10 avril. Le lendemain, à 7 heures du matin, ils étaient sur le départ », précise la directrice des achats. Direction l’hôpital de la Timone, situé près du centre-ville de la cité phocéenne. Après avoir chargé les deux colis d’un poids de 100 kilos chacun, le duo reprend la route. La mission est accomplie le même jour avec un retour en Lorraine à minuit.

Un matériel qu’il faudra rapporter, une fois l’épidémie résorbée. « Cela sera aussi une question de l’après-crise. Chacun devra retrouver ses petits. On a beaucoup prêté de part et d’autre entre établissements du public ou du privé, sans toutefois tracer toujours de manière parfaite en raison de l’urgence. Il faudra rendre tous les matériels en état de marche et décontaminés. »

 

Récupération de consommables de labo en Belgique

 

Et ce convoyage est loin d’être le seul. « Nos équipes sont allées chercher du curare en Alsace ou en Haute-Marne. Elle se sont aussi déplacées chez des fournisseurs qui ne pouvaient plus nous livrer à temps, par exemple jusqu’en Belgique afin de se réapprovisionner en consommables et équipements de laboratoire. L’aide du préfet a facilité le passage aux frontières », expose Stéphanie Geyer.

© CHRU Nancy

Autre transport sortant de l’ordinaire : le rapatriement de matériels de sport. « Notre centre universitaire de médecine du sport a ouvert un espace aux soignants pour qu’ils puissent décompresser en pratiquant une activité physique. Dans ce cadre, le magasin Décathlon nous a proposé un punching ball et une table de tennis de table qu’il a fallu transporter. »

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