Comment le CHD de Vendée s’estime mieux armé au sortir de la crise

Davantage d’équipements de protection, de respirateurs, de précautions et de lits potentiels de réanimation : le centre hospitalier départemental de Vendée s’estime mieux équipé qu’en mars contre le virus.

Retour à la normale mais pas comme avant. Le centre hospitalier départemental (CHD) de la Roche-sur-Yon, la capitale vendéenne, achève de s’adapter à un monde « seulement » menacé par le Covid-19 après avoir sabordé quasiment toutes ses autres activités pour résister à son attaque. « Tout ce que vous pourrez faire sera vite dépassé, avaient prévenu les collègues de Paris et de l’Est de la France. Non seulement, nous n’avons pas été débordés mais nous en ressortons mieux armés qu’avant », affirme Julien Rimbert, directeur-adjoint des ressources matérielles.


Blocs coupés en deux


Le CHD dispose aujourd’hui d’une capacité de 37 lits de réanimation « activables » en 48 heures, le nombre demandé par l’Agence régionale de santé (ARS), en prévision d’une résurgence de l’épidémie. Il n’en possédait que 18 avant la crise mais en a créé 31 en urgence pour n’en utiliser finalement que 38. Pour cela, il a reconverti des unités de soins continus (USC) et un service d’hémodialyse où il a investi spécifiquement 30 000 euros. Surtout, plus de la moitié de ses blocs opératoires, (11 sur 18) ont été « coupés en deux » pour faire surgir de nulle part le maximum de lits supplémentaires.


Mobilisant menuisiers, électriciens, ingénieurs et techniciens du service biomédical, une semaine, week-end compris. Ces grandes manœuvres ont transfiguré l’hôpital. « Aujourd’hui, on redémonte tout. Car les chirurgiens s’impatientent vu le retard accumulé à opérer. Tous les blocs sont fonctionnels, certifiés par le service d’hygiène. Ne manque plus que de retrouver du personnel pour les faire tourner à nouveau à plein régime », indique Julien Rimbert.


Respirateurs transformés


Mais l’établissement profite encore des 400 000 euros d’investissement en équipement biomédical réalisé pendant la crise : des pousse-seringues, des moniteurs, etc. Surtout des respirateurs ! 20 au départ. « Puis, face à l’urgence, nous avons d’abord récupéré et réparé 12 respirateurs tout juste réformés en février pour passer à une capacité de 32 lits. Simultanément, avec l’aide du service d’anesthésie, nous avons transformé les respirateurs d’anesthésie des blocs opératoires en respirateurs de réanimation pour ajouter encore 9 lits », raconte Philippe Tappie, responsable du service biomédical. Dans un deuxième temps, son service a échangé d’anciens respirateurs de secours contre 8 respirateurs des services d’urgence d’autres hôpitaux en Vendée, à Fontenay-le Comte, Luçon, et Montaigu contre des respirateurs de secours pour équiper 8 lits de plus. Ce qui a porté le potentiel, début avril, à 49 lits.


Le principe de la « marche en avant »


Aujourd’hui, les blocs opératoires, dans leur configuration post-crise, ont récupéré leurs respirateurs et sont séparés en espaces « Covid » et « non-Covid ». La prévention impose partout ses règles. Notamment dans l’organisation des circulations dans tout l’hôpital. Principe de base : la marche en avant. Entre son entrée et sa sortie, aucun patient, en principe, ne rebrousse chemin. Par endroits, des agents sont positionnés pour les aider dans cet établissement aux huit spécialités et offrant 1700 lits. Ils distribuent des masques, du gel.


Les menuisiers ont fabriqué 70 distributeurs de solution hydroalcoolique, installés dans tout l’établissement. Trente banques d’accueil ont été bardées de plexiglas. Tous les ascenseurs ont été scrupuleusement étudiés. Des marquages au sol indiqueront bientôt où y prendre place et de quelle façon. « 1 m2 par personne, c’est la distance recommandée. Si l’on indique les emplacements à respecter, le double de personnes peut embarquer en comparaison avec ce qui se fait naturellement pour demeurer en sécurité », indique Julien Rimbert.


Nettoyage après réunion


Ses équipes ont confectionné des mallettes « de réunion ». Elles comportent un pot de solution hydroalcoolique, des gants, du spray bactéricide et sont fournies à l’organisateur de la rencontre avec les clés de la salle. A charge pour lui, de la nettoyer avant de repartir. « Les équipes de bionettoyage n’auraient pas pu ajouter cela à leurs tâches. Mais ça fonctionne bien ! », se félicite Julien Rimbert. La configuration de chaque salle a été étudiée. Le nombre maximal de personnes admises à y tenir réunion en respectant les distances de sécurité a été déterminé. Au-dessus, le port de masques devient obligatoire.


Aujourd’hui, l’approvisionnement en masques et en autres équipements de protection individuelle ne pose plus de soucis. Des surblouses en tissu ont été commandées et fournies par l’ARS dont une partie a été stockée. En cas de deuxième vague, l’hôpital jure que ce n’est pas du côté des matériels qu’il devrait y avoir le plus de soucis.

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