CHU Toulouse : une cellule pour gérer les dons

Près de 200 personnes, particuliers ou entreprises, ont offert équipements, denrées alimentaires et services à l’établissement de santé occitan depuis le début de l’épidémie. L’élan de générosité est tel qu’une cellule dédiée fait le tri des propositions en fonction des besoins des services, vérifie la qualité du matériel et coordonne l’acheminement.

© CHU Toulouse

A l’image de bien des hôpitaux français, le CHU de Toulouse bénéficie d’un élan de solidarité. Provenant d’entreprises ou de particuliers, les dons en tous genres affluent. Au 3 avril, 200 personnes s’étaient déjà manifestées pour offrir équipements de protection, gel désinfectant, denrées alimentaires, mais aussi apporter un peu de réconfort au personnel hospitalier soumis à rude épreuve, en lui permettant de se reposer via l’accès gratuit à des studios, ou à se déplacer. 


« Une société de VTC nous a mis à disposition six chauffeurs pour transporter notre personnel. Les agents peuvent en bénéficier après avoir fait une demande validée par leur hiérarchie. Une autre entreprise est prête à venir réparer nos véhicules sans faire payer la main d’œuvre. Une enseigne de la grande distribution nous a donnés des fruits », donne en exemple Pierre-Jean Cognat, directeur du pôle ressources matériel du CHU toulousain, « on gère également les dons d’entreprises à l’échelle régionale. La Caisse d’Epargne a donné ainsi 300 000 masques pour l’ensemble de l’Occitanie ».

 

Trier en fonction des besoins des services

 

Pour canaliser cette générosité, l’hôpital a d’abord ouvert une messagerie dédiée : covid19_don@chu-toulouse.fr  Mais les dons, sous des formes diverses, ont continué à arriver par différents canaux. « Certaines personnes viennent directement à l’hôpital déposer le matériel. Des restaurateurs sont arrivés spontanément avec des repas ou des marchandises. Nous avons décidé de centraliser le processus. La volonté était aussi de redistribuer de manière équitable ces dons entre tous les services qui participent à l’effort. »

Une cellule spécialisée a été constituée une dizaine de jours avant le confinement. Elle se compose aujourd’hui de trois personnes en raison du caractère chronophage de l’activité. Son job : répondre aux propositions et faire le tri en fonction des besoins des services. « On nous a proposé quelques dizaines de masques. C’est un geste adorable. Mais je ne peux pas mobiliser une équipe logistique pour aller chercher une si petite quantité de produits à l’autre bout de la ville. Dans ce cas, la cellule oriente les donateurs vers d’autres soignants de proximité qui ont aussi besoin de masques, médecins libéraux et infirmières. Il faut comprendre qu’on ne peut pas tout accepter. Un commerçant voulait donner au personnel des crèmes glacées qu’il était impossible de distribuer. » Un site intranet fournit l’état de disponibilité des dons aux équipes du CHU.

 

Vérifier les équipements donnés

 

A charge aussi pour la cellule de s’assurer de la qualité des équipements donnés. « On ne peut faire entrer que des produits normés CE. C’est pour cela qu’une pharmacienne de la direction qualité travaille à mi-temps pour examiner les équipements et vérifier leur acceptabilité », précise Pierre-Jean Cognat. Comme l’hôpital toulousain se charge aussi de la récupération, la cellule s’est donc installée sur la plateforme logistique du CHU afin de coordonner les transports.

La prodigalité collective s’est concrétisée également en numéraire. Initiée par un industriel local, une association caritative a ainsi donné 65 000 euros utilisés pour acheter trois respirateurs. Les rugbymen du Stade Toulousain, club emblématique de la ville, ont rassemblé près de 90 000 euros.

Afin de réceptionner l’argent, l’établissement de santé a créé une cagnotte en ligne permettant d’abonder le fonds de dotation de l’hôpital (Institut Saint-Jacques). Dans tous les cas de figure, l’hôpital haut-garonnais n’oublie jamais d’être reconnaissant.  « Nous prenons le soin de communiquer et de remercier tous les donateurs », insiste Pierre-Jean Cognat.

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