Achat de solution complète : le CHU de Rouen tient le bon rythme

Cherchant à moderniser son plateau technique dans le domaine de la rythmologie et à accroître son activité, le CHU de Rouen a choisi la stratégie de l’achat d’une solution complète (équipements, consommables, maintenance mais aussi consulting) couplé avec un objectif de performance. Au bout de quatre ans, ce choix contractuel, payé à l’usage, lui donne raison. Comme espéré, l’hôpital a connu une hausse de l’activité et de la part ambulatoire.

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En 2017, le CHU de Rouen signe un contrat novateur de 5 ans dans le but d’acquérir non seulement des équipements pour ses activités de cardiologie mais aussi des services pour optimiser ses processus médicaux. « Le point de départ de notre projet, et c’est un élément essentiel à garder toujours en tête, c’est qu’il repose sur un projet médical, mettant en avant un certain nombre d’objectifs : améliorer le plateau de rythmologie et augmenter le potentiel de prise en charge de patients pour répondre à une demande insatisfaite. C’est également un projet de croissance, de développement d’activité et d’évolution des modèles de prise en charge ambulatoire », a rappelé d’emblée Ronan Talec, directeur des achats et de la logistique du CHU de Rouen, lors d’une conférence organisée durant le dernier SantExpo.

Une solution complète incluant les équipements, la maintenance et du consulting

Plutôt que d’acheter classiquement une série de matériels et de dispositifs médicaux, l’hôpital normand opte pour une voie différente, avec, en ligne de mire, une solution complète englobant les équipements, leurs consommables, la maintenance et des prestations de conseil afin de parfaire la prise en charge du patient et les organisations. Sans oublier un accès à un fonds d’innovation, via un mécanisme particulier, « aspect particulièrement important pour nos médecins ». Le tout avec un fournisseur disposé à s’engager sur des objectifs à atteindre.

Pour arriver à ses fins, le CHU fait confiance, compte tenu du caractère innovant et complexe du projet, à la procédure concurrentielle avec négociation (PCN), aujourd’hui connue sous le nom de procédure avec négociation (PAN, définie à l’article L. 2124-3 du Code de la commande publique). Un outil juridique « qui a permis de faire évoluer les différentes offres », a jugé Ronan Talec.

Coût à la procédure

Ronan Talec

Pour couronner le tout, le modèle économique retenu ne passe pas par l’investissement et repose sur un triptyque intégrant le paiement à la procédure. « Dans le passé, il y a plus d’une dizaine d’années déjà, nous avions déjà intégré dans nos achats un certain nombre de modèles économiques qui prenaient en compte les notions de performance, avec le paiement à l’usage, notamment au test rendu en biologie, ou à la séance en dialyse », a précisé le directeur des achats et de la logistique.

Trois éléments sont retenus pour le calcul : le coût unitaire à la procédure (équipements et services et prestations d’accompagnement divisé par le nombre de procédures sur 5 ans), le coût unitaire des DM (pacemakers, défibrillateurs, sondes de bradycardie et de tachycardie, DM utilisés dans le cadre des procédures d’ablation…) et des remises quantitatives sur le montant global du marché.

Augmentation de l’activité et de la part de l’ambulatoire

Après quatre ans de contrat, le CHU, qui visait un taux de croissance annuel de l’activité de 5 %, annonce avoir atteint 98 % des objectifs, en dépit de la pandémie. L’hôpital normand est passé de 949 séjours en 2015 (année de référence) à 1179 au bout de la 4e année du marché.

Dans le domaine de l’ambulatoire, le CHU a véritablement franchi un cap, pour caracoler en tête du peloton. Pour les ablations simples, il atteint le score de 64 % en 2020 (contre une moyenne nationale de 13 % et une moyenne de 16 % s’agissant des CHU). Même progression concernant les remplacements de pacemaker : de 1 % en 2017, l’établissement est passé à 36 % en 2020 (contre 21 % de moyenne en France et 23 % pour les seuls CHU).

Cette hausse de l’ambulatoire est également marquée pour des « thérapies plus ambitieuses » comme la pose de défibrillateurs , a souligné Ronan Talec : de 2 % à 20 % entre 2017 et 2020, alors que la moyenne nationale plafonne à 5 %.

Co-construction avec le fournisseur

Le directeur des achats et de la logistique a également mis en avant les recettes générées par le regain d’activité, sans oublier le plus apporté à l’image de marque du service cardiologie et au rayonnement de l’établissement.

Une démarche qui n’aurait pu aboutir sans l’adhésion et le soutien des équipes médicales qui avaient la tâche, au long cours, d’en assurer la promotion, le travail d’un groupe pluridisciplinaire (cardiologues, pharmaciens, acheteurs, juristes) en mode projet, et naturellement l’investissement du titulaire. « Dans ce type de projet centré sur la délivrance d’un soin, nous avons vraiment tout co-construit avec le fournisseur. »

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