Une plateforme logistique en vue pour les Hôpitaux du Jura

Assurer dans un bâtiment du XVIIIe siècle le stockage et la manutention, et gérer, à partir de cet édifice classé aux monuments historiques, les flux logistiques vers les différents établissements du groupement hospitalier, c’est la prouesse quotidienne que réalisent à Lons-le-Saunier les logisticiens du GHT du Jura. Mais qu’elles soient structurelles, économiques ou réglementaires, les contraintes y sont telles qu’une plateforme pharmaco-logistique verra le jour en 2025. Exit l’Hôtel Dieu qui ouvrit ses portes en 1745…

L'équipe projet de gauche à droite : Félicia Zaninetta, Thierry Buisson, Guillaume Ducolomb, Sébastien Chalmel et Yves Boivin

Même s’il est enthousiaste lorsqu’il évoque la future plateforme pharmaco-logistique qui ouvrira ses portes dans un peu moins de quatre ans, le directeur du CHIJS ne peut masquer un certain pincement au cœur à l’idée de quitter le site actuel : « Cet Hôtel Dieu représente beaucoup tant par la beauté architecturale de l’ensemble que par son histoire, confie avec émotion Guillaume Ducolomb, le centre hospitalier de Lons-le-Saunier l’occupait depuis l’origine ! ».

Réunion a minima de la pharmacie, de la lingerie et du magasin

Mais il était impossible sur ce site de rationaliser les activités logistiques et la pharmacie sans procéder à d’énormes investissements, lesquels in fine n’auraient quand même pas permis aux soignants un exercice optimum de leur métier. D’où la décision de quitter l’Hôtel-Dieu pour créer une nouvelle plateforme pharmaco-logistique où devraient être réunis à terme la pharmacie, la lingerie, le magasin du centre hospitalier, et peut-être une partie des archives, toutes les composantes n’étant pas, à ce stade, arbitrées.

L’Hôtel Dieu

Directeur des Hôpitaux du Jura, Guillaume Ducolomb a confié à la pharmacienne Félicia Zaninetta la coordination du projet en trinôme avec Sébastien Chalmel, le responsable logistique du GHT, et les docteurs Yves Boivin, pharmacien référent projet, et Thierry Buisson, chef du service pharmacie à Lons. À eux quatre, ils sont chargés de faire passer la logistique et les pharmacies des Hôpitaux du Jura du XVIIIe au XXIe siècle.

 

Sécuriser la distribution des médicaments

« Notre future plateforme pharmaco-logistique va notamment nous permettre de sécuriser la distribution des médicaments, explique Félicia Zaninetta, nous allons entrer dans un véritable process industriel ». Également logisticienne, la pharmacienne travaille sur une pharmacie hospitalière de territoire : « Nous en avons d’ores et déjà fusionné trois, la quatrième à savoir celle de Morez a fusionné au 1er juillet et celle de Saint-Claude basculera quant à elle en janvier ». Car l’objectif est de centraliser les stocks à Lons afin d’avoir une parfaite lisibilité des approvisionnements.

La chargée de mission plateforme pharmaco-logistique en convient, ils sont aujourd’hui dans une phase intermédiaire : « Nous sommes pragmatiques, explique-t-elle, rien n’est encore figé et nous poursuivons notre réflexion afin de savoir ce qui sera finalement centralisé, ce qui restera sur place, quels seront les flux… ». Le responsable de la logistique du GHT entre dans le détail : « En fonction des besoins de nos différents établissements, nous pourrons organiser jusqu’à trois rotations par jour, confie-t-il, mais les produits les plus encombrants seront quant à eux livrés directement sur chacun des sites par les fournisseurs ». À part ces exceptions, il n’y aura pratiquement plus de stockage dans les établissements du GHT : « Seuls les sites les plus éloignés – Saint-Claude à l’est, Salins au nord – disposeront d’une antenne pharmaceutique ».

Un WMS prévu

Pour Félicia Zaninetta, la gestion centralisée va permettre de libérer du temps pharmacien : « Ils pourront ainsi se recentrer sur leur cœur de métier ». Elle convient toutefois que cela nécessitera un gros travail de gestion en amont : « Nous avons bien sûr prévu d’acquérir un WMS qui nous permettra d’avoir une vision en temps réel des stocks déportés et des consommations de chacun des 11 établissements du GHT afin que toute la procédure soit parfaitement sécurisée, détaille-t-elle, dans les unités de soins le stockage sera organisé selon la méthode du “vide/plein” avec des bacs qui seront remplis en fonction du rythme d’utilisation des produits. Il suffira de scanner les bacs avec une douchette afin que nous sachions quand réapprovisionner ».

Pour Guillaume Ducolomb, la décision de créer une plateforme pharmaco-logistique allait de soi : « Sans même évoquer les évolutions réglementaires et les contraintes techniques qui se posaient à nous, le regroupement des pharmacies et de la logistique au sein d’une seule et même plateforme était d’autant plus logique pour les Hôpitaux du Jura que les achats sont mutualisés, cette centralisation/coordination va nous permettre de sécuriser la permanence des soins et d’être bien plus réactifs ».

La robotique au programme

Sans attendre 2025, les pharmaciens organisent dès cette année la mise en place d’une équipe unique de pharmaciens de territoire. Cependant tout n’est pas encore écrit, des études sont encore en cours sur le périmètre des activités annexes. Ainsi le responsable logistique du GHT en convient, les réflexions étant toujours en cours, la configuration définitive de la future plateforme n’est pas encore déterminée : « Elle devrait couvrir entre 3 000 et 4 000 m2 pour un investissement qui se chiffrera entre 10 et 13 M€, évalue Sébastien Chalmel, tout dépendra de ce que nous déciderons d’y centraliser ».

Une chose est sûre, la robotique sera au programme, comme le révèle Félicia Zaninetta : « Nous aurons bien évidemment recours aux robots de stockage, mais nous étudions également l’acquisition d’un robot capable d’assurer le conditionnement des médicaments, du déblistérage au conditionnement en pilulier ».

Pour le directeur des Hôpitaux du Jura, le pragmatisme est de rigueur. Mieux, c’est un moteur : « Même si nous avons une idée assez claire de ce à quoi ressemblera notre plateforme, notre réflexion est en constante évolution, déclare Guillaume Ducolomb, nous sommes toujours en phase d’identification des besoins, mais une chose est sûre, et c’est passionnant, c’est que nous allons la créer autour de l’humain pour améliorer les conditions d’exercice de ceux qui y travailleront. Dans ce cadre, il convient d’analyser l’existant et d’anticiper les futurs conditions de travail mais également l’évolution des métiers dans un monde sanitaire en profonde évolution. Cette réflexion est déjà en cours et les services RH pleinement mobilisés. ».

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