Nouvelle génération de cobots au CHU de Nantes

Rapides, fluides, bonne prise sur les ascenseurs, les cobots du CHU de Nantes joueront-ils un plus grand rôle quand celui-ci déménagera en 2026 ? Réponse dans les prochains mois.

Le nouveau Cobot se déplace plus vite dans les couloirs et est mieux vu © HH

« Les cobots sont autonomes. C’est pourquoi ils remplaceront peut-être, un jour, les AGV (Automatic Guided Vehicles). » Tony Perlemoine, responsable du projet logistique au CHU de Nantes, est enthousiaste. Il vient de renouveler pour la deuxième fois les deux cobots (robots collaboratifs) utilisés depuis 2013 au centre de traitement des endoscopes, Ceux-ci livrent dans les étages et récupèrent chaque jour une cinquantaine d’endoscopes, aux blocs, en réanimation, au service d’endoscopie (lire notre article du 29 juin 2020)

La prise de contrôle et la circulation dans les ascenseurs est un point clé de la performance du cobot © HH

Les deux nouveaux venus sont plus rapides que les précédents. Trente minutes c’était le temps que prenait, sauf ennui en route, la course la plus longue. Un temps raccourci grâce à une plus grande accélération, une plus grande vitesse mais aussi parce que le robot anticipe mieux les obstacles. Il ne s’arrête plus avant de les contourner dans les couloirs. Il communique mieux avec les ascenseurs – il doit en prendre le contrôle – et tergiverse moins avec son alter ego, quand ils se rencontrent, pour décider qui passe en premier, qui roule à gauche, à droite dans les couloirs.

Agilité, présence sonore et visuelle

Cette agilité est favorisée par un design plus compact. Moins d’angulosités – la précédente version était un peu taillée à la serpe – poignées de manutention dans la coque. L’espace à l’intérieur de l’armoire reste le même. On se sert des mêmes bacs. La base mobile n’a pas changé d’aspect mais ce n’est plus du tout la même. Son rayon de giration, en particulier, a été réduit : 70 au lieu de 98 cm.

Les portes de l’armoire ont été équipées de serrures électriques, d’un lecteur de badge. À la « musique » lancée en guise d’avertisseur a été ajouté un puissant faisceau lumineux.
Comme par le passé, l’engin utilise le wifi de l’hôpital pour communiquer. Il prévient le service destinataire de son arrivée, attend, répète l’opération quelques minutes avant d’alerter le centre de traitement des endoscopes qui prend le relais, s’il le faut, en téléphonant directement.

L’intégrateur, maillon essentiel

La facilité de réception du matériel par les services est essentielle © HH

« Ils ne sont pas nombreux les robots de ce type, venus à l’origine de l’industrie, qui prennent les ascenseurs. Les entrepôts n’aiment pas ça, les ascenseurs. Ce fut un premier critère pour choisir le fournisseur du nouveau matériel. Mais le plus important, c’est l’intégrateur, que nous avons repris. Plus encore que le fabricant. Notamment parce que nous avons deux robots qui doivent s’entendre entre eux, circuler dans des couloirs et des ascenseurs étroits, tout cela en présence, éventuellement du public, ce qui jusqu’ici s’est toujours bien passé. Les gens les considèrent plutôt comme une curiosité », précise Tony Perlemoine.

Côté financier, les deux robots coûtent chacun 2000 € par mois, maintenance comprise. Tony Perlemoine a opté pour cette location avec option d’achat pour profiter de l’évolution éventuelle de la technologie. Fin de contrat en 2026. La dernière année, l’un des cobots ira tester la configuration du nouveau CHU, très différent par son architecture, de l’actuel. Rectangulaire alors que l’actuel est en grossièrement en croix. De 470 m de long sur sa longueur contre un peu plus de 200 m pour celle du plus grand bâtiment actuel.

Après les endoscopes, les tubes à essai ?

Dans les étages du nouveau CHU monteront au moins 36 AGV (premier chiffre envisagé pour l’ouverture). Une circulation de grand flux réguliers à laquelle les cobots, fonctionnant eux à la demande, devront s’accommoder.

Autre interrogation du déménagement, de nouveaux cobots remplaceront-ils les balancelles en hauteur qui convoient les tubes à essai depuis les laboratoires vers les services, système qui n’est plus fabriqué ?

Tony Perlemoine à côté d’un cobot 3e génération © HH

« À moins qu’il faille leur préférer des bancs à rouleaux ? Ou un réseau pneumatique de nouvelle génération ? Il faudra à ces différentes solutions avec les personnes concernées au plus tard en 2023 pour être prêt au moment de l’ouverture », estime Tony Perlemoine. En ajoutant que toutes les solutions permettant d’éviter un trop grand nombre de circulations matérielles dans les couloirs seront les bienvenues. Considération générale pour préserver celles des soignants, des malades, du public et…des cobots.

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