Mounir Bounouar a de l’entrain pour la logistique

Venu de la SNCF, où il a travaillé trois ans, Mounir Bounouar est, depuis quelques mois, responsable de la logistique du CH de Beauvais. Ce globe-trotter, passionné par les voyages, compte bien mener sur de bons rails les 90 agents chargés de la restauration, du magasin, des déchets, des flux, du courrier, de la reprographie et des archives.

C’est à la SNCF que Mounir Bounouar s’est initié aux arcanes de la logistique. Plus précisément au Technicentre d’Hellemmes. Après avoir décroché un DUT « qualité, logistique industrielle et organisation » à l’université de Valenciennes, ce natif de Cambrai pousse en 2017 les portes de l’école nationale supérieure des Mines de Douai pour y suivre un cursus en génie industriel et management des système des production.

Chef de projet pour un approvisionnement « juste à temps »

Suivie en alternance, la formation lui fait donc découvrir l’univers cheminot. Le site d’Hellemmes se charge de la maintenance des rames TGV, entre autres pour Thalys et l’Eurostar. Créés en 1873, ces vénérables ateliers sont devenus une usine ultra-moderne, où la SNCF a investi 90 millions d’euros, avec un système d’AGV – les « moovers » – capable de soulever et de déplacer les voitures des rames qui nécessitent d’être réparés. Le tout sans avoir besoin de rails. « Une première en France », se plaît à rappeler Mounir Bounouar.

D’abord chef de projet de la mise en place d’un bâtiment de stockage pour installer une philosophie du « juste à temps », il est, dans un deuxième temps, responsable des approvisionnements afin de définir tableaux de bord et indicateurs pour suivre cette politique. Avant qu’on lui confie l’encadrement de l’équipe chargée de gérer les stocks.

Stage au Chili

En 2019, cap sur Santiago du Chili pour effectuer un stage chez Alstom, en tant que responsable logistique. Du pain béni pour ce globe-trotter, passionné par les différentes cultures, qui veut parfaire sa maîtrise de la langue de Cervantès. « J’ai commencé à voyager jeune, dès l’âge de 17 ans, après avoir obtenu mon BAFA : l’Italie, le Royaume-Uni, la Grèce, l’Allemagne… »

L’occasion aussi de se frotter à une autre façon d’appréhender le travail. « La culture d’entreprise est moins pyramidale, moins hiérarchique en Amérique Latine. Il existe une forte proximité entre tous les salariés, cadres compris », se souvient-il.

En 2020, la SNCF ne peut lui proposer le poste en adéquation avec ses souhaits, alors qu’il a son diplôme de l’école des Mines en poche. Qu’à cela ne tienne, ce que le chemin de fer a perdu, le secteur de la santé va le gagner l’année suivante. Car le CH de Beauvais est séduit par le parcours de l’ingénieur et décide de lui confier un périmètre incluant la restauration, les flux logistiques, les déchets, le magasin général, le courrier, la reprographie et les archives.

Appliquer la loi Egalim

Arrivé au cours du mois d’août, il continue d’explorer un univers complètement différent de celui du monde ferroviaire et d’aller à la rencontre de ces différentes équipes (90 personnes à manager avec l’aide de trois cadres de proximité). Cependant, il a déjà perçu l’essentiel. « Nous sommes là pour les patients, pour que les soignants puissent faire un travail de qualité et intervenir en toute sécurité. C’est la ligne directrice. La logistique est un métier de l’ombre mais elle est importante ». En découvrant l’envers du décor, il a d’ailleurs été frappé par l’engagement de tous. Des valeurs qu’il partage. « Ce qui me tient à cœur, c’est d’être utile à la société. »

Sa feuille de route sera évidemment marquée par le développement durable. Avec l’application de la loi Egalim côté alimentation, pour accroître la qualité des menus, le développement et la pérennisation des filières de tri, notamment celui des biodéchets afin de limiter le gaspillage. « Les difficultés croissantes d’approvisionnement en matières premières nous amènent à réfléchir à ce que l’on peut réutiliser, par exemple, pour les contenants », ajoute-t-il.

Admirateur de la culture japonaise

S’il compte apporter sa culture de l’amélioration continue, Mounir Bounouar ne veut rien dicter. « J’ai la chance d’avoir des équipes réceptives, imaginatives, avec lesquelles je peux échanger. C’est important de ne pas imposer sa seule vision ».

Même s’il n’a pas encore mis les pieds en Asie, l’ingénieur logistique évoque, avec engouement, le Japon, où l’on cultive, entre autres, le respect des aînés, le sens du sacrifice et l’humilité. « Cela correspond aussi aux vertus que m’ont a inculqué mes parents », confie-t-il. Les connaisseurs ne seront donc pas surpris d’apprendre que Mounir Bounouar est un fan des mangas shonen. Ces récits promettent, en filigrane, qu’il est toujours possible de réussir dans la vie à force de travail.

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