L’hôpital de Nyon se métamorphose

Sur les rives du lac Léman, l’hôpital de Nyon est sur le point d’ouvrir une nouvelle extension qui permettra de porter sa capacité de 120 lits en hospitalisation à 160 une fois que l’intégralité du transfert sera terminée, le 17 mars. L’établissement vaudois change radicalement changé de visage, avec une plus grande intégration du développement durable, l’automatisation des flux et l’informatisation du suivi de l’état des stocks, comme nous l’expliquent Christophe Vachey, son directeur général adjoint, et Bruno Weiss, le directeur du département de logistique hospitalière.

Au sein du Groupement Hospitalier de l’Ouest Lémanique, qui compte trois établissements, l’hôpital de Nyon fait figure de bateau amiral. Septante millions de francs suisses, comme on dit ici, (65 M€) ont été investis à l’issue d’un appel d’offres européen pour ce projet qui porte sur une emprise de 20 000 m2.

« Le maître mot de cette opération aura été l’harmonisation des différents flux, explique Christophe Vachey, et l’ouverture de l’extension nous permettra ensuite de procéder à la transformation de la structure actuelle qui sera alors dédiée à l’ambulatoire à partir du mois de septembre, poursuit-il, après avoir ouvert des cabinets médicaux de spécialité le mois précédent ».

Une réflexion collective

Les aménagements extérieurs et les parkings seront terminés pour leur part d’ici la fin novembre. Vous l’aurez compris, ce projet aura permis de modifier de fond en comble l’organisation de l’hôpital et la logistique a été largement mise à contribution, comme l’indique Bruno Weiss, son directeur : « La direction de la logistique a été largement associée à cette opération, de la conception à sa mise en œuvre, dit-il, robotisation des parcours logistiques, gestion des énergies renouvelables, harmonisation des flux… En résumé, nous évoluons vers l’hôpital du futur ».

La gestation du projet aura été collective, comme le confirme Christophe Vachey : « Nous avons même été sollicités par un groupe de médecins, d’anesthésistes et d’infirmières qui voulaient travailler sur un projet de bloc opératoire vert, afin de revoir les procédures opératoires, gérer le tout usage unique en intégrant le réutilisable, économiser l’énergie, mieux gérer les médicaments, le tri des déchets… »

Changement générationnel

Bruno Weiss et Christophe Vachey

Pour lui la nouvelle génération est prête à repenser la chaîne de production des soins : « C’est elle qui fera bouger les lignes, s’enthousiasme-t-il, confrontée au Covid elle veut redéfinir les priorités, travailler sur les coûts cachés de l’usage unique, les volumes de déchets traités, diminuer l’empreinte carbone de l’hôpital… ». Christophe Vachey en convient, alors que sa génération ne jurait que par la sécurité qu’apportait alors le tout usage unique, la nouvelle génération, elle, veut voir plus loin : « Notre rôle de dirigeant, c’est de les accompagner et les soutenir ».

Une vision plutôt rare qu’il convient de souligner, car elle va bien plus loin que la simple mise en œuvre de groupes de travail. Certaines propositions viennent du personnel et sont prises en compte : « C’est la culture suisse du compromis, le management participatif ». On ne peut pas le taxer de chauvinisme puisque le directeur général adjoint de l’hôpital de Nyon est franc-comtois. Il a commencé sa carrière au CHU de Besançon après être passé par l’université de technologie de Compiègne.

Logistique d’étage et robotique

À l’hôpital de Nyon, pas moins de 15 groupes utilisateurs ont été créés afin de développer des synergies transversales et créer une véritable culture de projet. Une culture verte puisque le contrat d’objectif signé avec les autorités cantonales s’est traduit par une diminution de 47 % des consommations énergétiques par rapport celles de l’ancien bâtiment.

« Nous avons tout repensé, installé des pompes à chaleur avec échangeur, remplacé nos vieilles chaudières par des chaudières gaz à haut rendement, installé des capteurs solaires qui assureront 15 % de nos besoins en électricité, souligne Christophe Vachey, quant à la logistique, elle remplit parfaitement sa mission grâce à l’automatisation ».

Etat du stock en temps réel

Le directeur du département de logistique hospitalière saisit la balle au bond : « Nous sommes partis du système Kanban pour la gestion des stocks en temps réel, explique Bruno Weiss, nous pensons que c’est le meilleur moyen de libérer du temps pour les soignants ». La logistique d’étage est gérée par les logisticiens : « Les paniers sont divisés en deux, les soignants récupèrent leurs fournitures placées dans la partie avant, la partie arrière constituant un stock tampon. Par l’intermédiaire d’une antenne RFID placée dans chaque stock d’étage, le magasin central peut ainsi voir en temps réel l’état du stock ».

Logiquement, le réapprovisionnement se fait une à deux fois par semaine, mais Bruno Weiss travaille sur un projet qui permettrait de réagir en instantané pour tous les services : « Pour nous ce sera probablement plus difficile à gérer, mais nous aurons ainsi moins d’articles à stocker dans les étages et serons plus réactifs ». À Nyon, harmoniser les flux était l’objectif initial. Dans quelques jours, ce sera une réalité.

 

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