La crise Covid a imposé la trottinette au CHU d’Amiens

Adoptée pour accélérer les livraisons en pleine crise Covid, la trottinette électrique s’ancre comme outil de logistique d’urgence du CHU. Plébiscitée, elle a été réclamée par d’autres services pour la livraison des produits cytotoxiques et des endoscopes. Et elle devrait servir de support de locomotion à la création d’une unité logistique pédestre d’urgence.

© CHU Amiens

« La crise nous a mis des idées folles en tête mais elles fonctionnent ». Pour Imad Fakhri, ingénieur en charge de la logistique au CHU d’Amiens, la trottinette électrique est l’une d’elles. Il compte sur la rapidité qu’elle apporte alors que l’hôpital a des progrès à faire dans ses livraisons urgentes.

Elle va jouer un nouveau rôle, tout naturellement, après le rapatriement de l’hôpital Nord d’ici un an sur l’hôpital Sud. Pour le moment, le CHU en utilise quatre : une pour la livraison des cytotoxiques ; une pour celle des petits équipements biomédicaux ; deux dans les galeries logistiques.

Livreurs à pied débordés

Mais la trottinette s’est imposée sous d’autres formes avec la crise Covid. « En mars, nous avons dû nous adapter rapidement. Ouverture d’un service spécifique Covid lié à l’infectiologie puis extension de ses capacités, fermeture des blocs opératoires, premiers utilisateurs de consommables et producteurs de déchets. Notre logistique a navigué à vue. Le système de livreurs à pied pour distribuer les équipements de protection individuelle et récupérer les échantillons de dépistage de la Covid a vite été débordé », raconte Imad Fakhri.

Imad Fakhri

Deux trottinettes, commandées dare-dare fin mars, sont réceptionnées un mois plus tard. « Deux mots d’ordre nous ont guidés et sont encore valables aujourd’hui : agilité pour répondre rapidement aux demandes des services et résilience pour tenir la cadence, explique Imad Fakhri. Nous avions besoin d’un outil de manutention capable d’aller vite, de circuler aussi bien dans les galeries logistiques que dans les couloirs des services de soins et d’emprunter les ascenseurs. En assurant la sécurité des livreurs. Il fallait aussi qu’il soit accepté par le public. »

Endoscopes et produits cytotoxiques

L’engin n’a pas grand-chose à voir avec une trottinette de ville : une plateforme où poser les deux pieds, un siège, un panier. Il possède une sonnette pour avertir de son arrivée car il circule plus vite qu’un livreur à pied même hâtant le pas. Jamais, il n’y a eu de réactions défavorables dans les couloirs.

© CHU Amiens

Du côté des livreurs, il a été plébiscité. Ils ne courraient plus, ne portaient plus de charges. La trottinette a été réclamée par d’autres services. D’abord par la centrale de brancardage historiquement chargée de l’acheminement des produits de traitement de chimio (cytotoxiques). Il faut dire que la distance journalière parcourue par la personne qui assure la livraison est d’environ 30 km/jour ! Puis par la centrale de désinfection des endoscopes.

Dépannage-assistance des AGV

En septembre, le service logistique a repris un cours plus classique avec l’atténuation de la crise de la Covid. Les deux trottinettes ont changé de vocation. À présent, elles se rendent moins dans les étages, uniquement pour les extrêmes urgences et quand il s’agit de petits colis. Les plus gros passent par les « tortues » (AGV, Automatic Guided Vehicles).

C’est même en fait, aux pilotes des « tortues » qu’elles servent essentiellement. Pour qu’ils interviennent plus vite quand, pour une raison ou une autre, les « tortues » tombent à l’arrêt. Un travail d’assistance-dépannage dans les galeries qui évite, par exemple en cas de vraies pannes, de transporter les « tortues » par des moyens de manutention plus lourds afin de les réparer.

Création d’une logistique pédestre d’urgence

© CHU Amiens

Les trottinettes prendront encore plus d’importance quand le CHU-Nord va fermer. Elles remplaceront au moins en partie des utilitaires de type Kangoo qui voyagent actuellement entre les deux CHU Nord et Sud. En particulier pour le transport des poches de sang et de PSL (produits sanguins labiles).

Elles pourront intervenir en complément des échanges rendus possibles par le nouveau réseau pneumatique qui sera opérationnel d’ici là. « À terme, nous allons généraliser les trottinettes au sein d’un service de logistique pédestre d’urgence, un domaine où nous avons d’importantes marges de progression devant nous. »

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