Julien Lebrun, optimiseur de processus logistique

Après avoir travaillé plus de dix ans dans le secteur privé, Julien Lebrun a été recruté au mois de juin comme responsable logistique adjoint au CHU d’Amiens. L’hôpital des Hauts-de-France compte sur ce Picard expérimenté pour apporter des idées et des méthodes capables d’améliorer encore sa supply chain.

Julien Lebrun a la logistique dans le sang. Tout petit, il rêvait de se tenir derrière le volant d’un poids lourd. Ce n’est donc pas un hasard s’il passe d’abord un BTS transports chez Promotrans, avant de poursuivre ses études et de décrocher un master transports et logistique chez Sup de Vinci. Une scolarité suivie en alternance qui lui fournit l’occasion de mettre très vite la main à la pâte. « J’ai eu de la chance de toujours tomber sur de très bonnes entreprises, et d’excellents maîtres de stage qui m’ont inculqué beaucoup de choses ».

Premier contact avec l’univers de la santé

Le premier emploi ne tarde pas. Son entreprise d’accueil lors du master, Alloga, prestataire spécialisé dans la logistique des produits de santé, lui propose un poste de responsable support projets en 2011. « Dépositaire de produits pharmaceutiques, Alloga assurait la préparation et la livraison des officines. J’avais la charge de la partie « mapping », soit l’aide à l’amélioration des prises de commande, afin de réaliser des gains de productivité. »

Après quatre ans de bons et loyaux services, Julien Lebrun rejoint DSC, la branche sanitaire/chauffage du groupe Saint-Gobain. Cette fois comme chef de projet logistique. Avec une mission : optimiser les stocks et le transport dans toute la France au profit des agences Cedeo, chargées de commercialiser du matériel de salles de bain, de plomberie, d’électricité et de chauffage.

Livraison le lendemain de la commande

Lorsque l’entreprise décide de régionaliser son organisation, il saute sur l’occasion de se rapprocher d’Amiens, sa ville d’origine, et devient responsable transport et méthodes de la nouvelle plateforme d’Hénin-Beaumont, chargée d’irriguer les Hauts-de-France et la Normandie. La logistique est mise à rude épreuve en raison de la « promesse marketing » faite aux clients. « Toute commande passée avant 17h30 devait être livrée le lendemain matin à l’agence, avant 8 heures pour l’ouverture, ou le lendemain dans la journée sur les chantiers », se souvient très bien Julien Lebrun.

Pour relever le défi, un planning millimétré est mis en place. « Le premier type de livraison à destination des 70 agences était géré par des sous-traitants, avec des départs de nuit dans la plupart des cas. Le matériel était déposé dans des sas spécialement installés. Notre propre flotte était chargée de desservir directement artisans et particuliers », expose-t-il.

Responsable des méthodes et de la QHSE

En 2018, son poste évolue. Toujours chargé des méthodes, avec le pilotage des processus et la mise en place d’indicateurs,  il coiffe aussi la QHSE (qualité, hygiène, sécurité, environnement). « La plateforme était louée. Je devais donc m’assurer que le propriétaire effectuait la maintenance en temps et en heure ». La crise Covid le confronte aux difficultés d’approvisionnement. « Les délais se sont énormément rallongés », témoigne-t-il, entrainant des soucis de distribution des produits, à l’image des pompes à chaleur impossibles à livrer en l’absence de carte mère.

En 2022, il tente sa chance et répond à une offre d’emploi du CHU d’Amiens. D’abord pour se débarrasser de la routine, quitter sa « zone de confort » et changer radicalement d’univers. « J’aime bien me mettre en danger et me remettre en cause », assure-t-il. Ensuite pour allier l’utile à l’agréable. « J’habite à trois kilomètres de l’hôpital. De ma terrasse, je vois le CHU… ».

Un œil neuf sur les activités logistiques

Julien Lebrun postule initialement comme responsable des transports. Mais il est tellement convaincant lors de ses entretiens que le CHU lui propose le poste de responsable logistique adjoint. « Concrètement, cela veut dire travailler avec chaque responsable des 5 pôles (archives, logistique d’étage et salubrité, distribution logistique, nettoyage et transport hors patient) pour optimiser les processus. Mais aussi de réfléchir, de manière transverse, à certains sujets et de venir en soutien des pôles pour leur fournir des outils et des méthodes ». Avec un autre regard. « C’est pour cela que j’ai été recruté, en m’appuyant sur mon expérience », explique-t-il.

Lors de sa prise de fonction, il est frappé par le professionnalisme et la maturité de la machinerie interne. « Quand j’ai commencé au CHU, j’ai appris à ma famille et à mes amis qu’il existait des souterrains dans lesquels circulaient des robots, capables de prendre l’ascenseur seuls et de livrer les rolls et les marchandises directement dans les étages ».

Des indicateurs pour valoriser le travail accompli

Aussitôt arrivé, il est associé à un projet d’importance, celui de la logistique d’étage, en déploiement dans l’établissement picard depuis deux ans (Lire notre article du 27 mai 2021). Progressivement, des agents logisticiens prennent en charge les réserves, leur approvisionnement, la gestion des stocks et des inventaires pour permettre aux soignants de se recentrer sur leur cœur de métier. « En réanimation cardiaque thoracique vasculaire et respiratoire, il faut mener à bien ce projet prévu pour se terminer fin décembre », précise Julien Lebrun.

Comme chez DSC, la définition d’indicateurs de performance harmonisés est également à l’ordre du jour. « Chaque pôle a les siens. L’idée, c’est d’avoir une vision globale de notre supply chain. Et que ces indicateurs puissent aussi nous servir à communiquer auprès de la hiérarchie et des autres services de l’hôpital. Les agents de la logistique ont un besoin de reconnaissance. Il faut montrer que leur travail compte. Dans ce métier, on nous dit toujours quand cela ne fonctionne pas, rarement quand cela va bien. »

Après pratiquement quatre mois de présence au CHU d’Amiens, l’ingénieur logistique se dit heureux de cette nouvelle orientation professionnelle. « Ce qui me plaît, c’est de ne pas avoir une seule mission. C’est motivant car je sais que les journées ne seront jamais identiques. Il y a énormément de choses à faire. Et ce n’est pas demain que la logistique hospitalière va s’arrêter de travailler… »

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