Conditionnement des médicaments : le GCS ASO ouvre la boîte de dialogue

Mandataire du GCS Achats en Santé Occitanie (ASO), le CH de Cahors va questionner les fournisseurs de manière plus détaillée sur les conditionnements de certains lots lors d’un appel d’offres groupé de médicaments lancé au printemps. Pour faciliter à la fois la tenue des livrets produits, les réceptions, la logistique des prestataires et jouer la carte du développement durable.

© CH Cahors

« Notre logiciel marchés est efficace mais, pour l’instant, la seule information dont nous disposons est le prix pour le plus petit conditionnement disponible, c’est-à-dire la boîte ». En quelques mots, le docteur Loïc Rolland, pharmacien du CH de Cahors et coordonnateur de la filière produits de santé pour le GCS ASO, a résumé la problématique. « Si l’on souhaite connaitre les quantités de médicaments dans un carton ou une palette , il faut rechercher dans le catalogue du fournisseur, voire le questionner directement. »

Quand on connaît le volume du nombre de lots qu’atteignent certains appels d’offres de médicaments, on comprend que cette recherche peut rapidement devenir un travail de bénédictin. En attendant que l’application métier évolue et propose plusieurs items pour les conditionnements de médicaments, Loïc Rolland a lancé un galop d’essai à l’occasion d’un prochain appel d’offres du GCS, dont la publication est programmée au printemps.

Entre 70 et 80 lots

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Chaque membre du groupement continuera à définir ses besoins à l’unité, mais les soumissionnaires devront préciser leurs prix à la boîte, au carton ou à la palette, en fonction des demandes établies par des établissements bénéficiaires des marchés dans ces mêmes présentations. L’expression du besoin est ainsi corrélée avec les présentations possibles de ventes à la boite, au carton ou la palette.  Validée par toutes les PUI, cette expérience pilote devrait concerner a priori entre 70 et 80 lots sur 850 au total. « Ils ont été proposés aux membres du groupement en partant de l’historique de 2020 : ont été ciblés tous les médicaments dont la consommation est supérieure au million d’unités sur la durée du marché, soit 4 ans. »

Sont également dans la boucle certains produits, comme la nutrition parentérale, « peu consommée mais très volumineuse », précise le pharmacien. « Nous démarrons de façon modeste pour voir si cela peut fonctionner », poursuit Loïc Rolland qui prévient que le système n’est pas adapté à toutes les familles, à l’instar des antidotes ou des thrombolytiques commandés par petites quantités.

Une démarche parée de plusieurs vertus

Loic Rolland

Pour Loïc Rolland, la démarche, moyen de rationaliser les commandes et leur fréquence, est avantageuse à plus d’un titre. Ce besoin plus affiné permettra un approvisionnement plus adapté pour chaque hôpital en fonction de sa taille et de ses desiderata par des données communiquées en amont du début de l’exécution du marché et de la mise à jour des fichiers produits. Et simplifiera la « supply chain » côté prestataires. « Avec la chute des prix, les fournisseurs ont compris que la logistique est devenue le nerf de la guerre. Moins de livraisons, c’est moins de dépenses pour eux. Et de notre côté moins de temps perdu, à réceptionner, et ranger un trop grand nombre de commandes inutiles ».

En associant le dispositif aux codes agrégés ou regroupés, la réception des médicaments sérialisés devrait être plus rapide. « C’est beaucoup plus facile de le faire pour une palette ou un carton standard que boîte par boîte », éclaire le pharmacien qui met aussi en avant l’impact carbone. « Livrer un carton avec peu de boîtes ou incomplets, c’est déplacer surtout de l’air. L’idée, c’est de commander au mieux pour accroître nos facilités de réception et jouer la carte de développement durable avec des colis complets. » Une action qui s’inscrit parfaitement dans la politique du GCS, bien décidé à s’engager dans le parcours « relations fournisseurs & achats responsables » (RFAR) et à rédiger son SPASER.

Extension envisagée aux DM

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Cerise sur le gâteau, les fournisseurs, qui n’auraient plus à déconditionner cartons ou palettes, pourraient proposer des prix plus attractifs. « Ce n’est pas notre objectif premier », insiste Loïc Rolland, « mais nous avons constaté sur un précédent appel d’offres qu’un prix différent par présentation avait généré des écarts de prix de 5 à 10 % entre la boîte et la palette ».

Les marchés seront notifiés début 2024. Si l’essai se révèle pertinent, le GCS envisage d’étendre la formule aux dispositifs médicaux. « On est confronté à la même complexité ou absence d’information pour les compresses, consommées en millions d’unités, les seringues, les aiguilles, les cathéters, les perfuseurs… Si c’est vertueux pour le médicament, cela sera aussi vertueux pour le DM », promet Loïc Rolland.

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