Le GHT Sud 95 Nord 92 emprunte la voie de la reconnaissance vocale

Dans le but d’alléger la charge administrative des médecins et de leur dégager du temps pour les patients, le GHT Sud 95 Nord 92 déploie actuellement un outil de reconnaissance vocale qui permet de dicter et de produire directement les comptes-rendus. Adopté par les praticiens mais aussi par les secrétaires médicales, le dispositif numérique devrait s’étendre, y compris pour d’autres usages.

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40 %, c’est le temps que consacre un médecin aux « tâches administratives », autrement dit à la saisie de données. Contre 30 % consacré en face à face aux patients. Un constat qui a poussé le GHT Sud Val d’Oise/Nord Hauts-de-Seine (CH d’Argenteuil et de Nanterre, GH Eaubonne-Montmorency, EPS de Moisselles, SSR de Taverny) à voir dans quelle mesure un outil bureautique pourrait restituer du « temps médical » aux praticiens.

Dactylographie assistée

En 2020, le GHT fait un test avec une solution de reconnaissance vocale, enrichie par de l’intelligence artificielle et déjà éprouvée dans le secteur de la santé. « C’est de la dactylographie assistée. Le système frappe automatiquement à votre place », a résumé Thierry Alain Kervalla, DSI du GHT Sud Val d’Oise/Nord Hauts-de-Seine, à l’occasion d’une présentation durant le dernier SantExpo.

De quoi fournir aux médecins une alternative au clavier en dictant directement leurs comptes-rendus. Et ainsi de récupérer un temps précieux, en évitant d’être obligé, après une frappe traditionnelle, de se replonger plus tard dans une deuxième lecture et de se rappeler des éléments de contexte. Le professionnel dicte et récupère immédiatement le résultat, avec des modifications minimes, puisque le taux d’effort de correction n’excède pas 5 % des caractères.

Appropriation rapide chez les professionnels

Résultat, l’appropriation a été rapide. « Les médecins sont tous très demandeurs, a assuré Fabienne Leroy, référente support DPI au GHT Sud Val d’Oise/Nord Hauts-de-Seine. D’autant que le système est également efficace pour les courriels, la rédaction d’articles et d’observations médicales. Mais ils ne sont pas les seuls.

Une fois les premières appréhensions dépassées, les secrétaires médicales ont également vu leur intérêt. « Elles sont amenées à faire beaucoup de tâches rébarbatives et le fait d’avoir de la reconnaissance vocale leur permet de ne pas avoir de va-et-vient avec les médecins et d’allers-retours pour les corrections. Le médecin dicte directement dans le dossier et les secrétaires médicales gèrent la mise en page et l’envoi des documents », a détaillé Fabienne Leroy.

La fin des courriers en retard

Le retard de distribution des courriers a été absorbé par la reconnaissance vocale. « Dans certains services, on est passé de sept jours à zéro », a illustré Thierry Alain Kervalla. Concluante, l’expérience a incité le groupement à déployer l’outil dans les différents établissements au bénéfice des médecins « désireux d’utiliser cette technologie ». Le GHT voulait s’assurer de la bonne adoption de l’outil, avec un premier socle d’utilisateurs référents, avant de monter en puissance.

Ce premier usage de la reconnaissance vocale pourrait en engendrer d’autres. « On avait d’abord positionné le projet comme l’aide à la production médicale d’hospitalisation. On se rend compte à l’usage que les médecins en consultation trouvent aussi très intéressant d’utiliser la solution », a indiqué le DSI.

Extension possible à d’autres usages

D’autres spécialités frappent à la porte. Le pôle femme-enfant est très demandeur, probablement du fait du gros turn-over de la patientèle. Selon Fabienne Leroy, la reconnaissance vocale serait aussi très utile en psychiatrie, où un grand nombre d’entretiens doit être retranscrit.

Idem pour toutes les fonctions administratives. Cet outil commode, utilisé quotidiennement dans la vie privée via le smartphone, doit pouvoir s’intégrer naturellement au poste de travail, a estimé Thierry Alain Kervalla qui a évoqué l’idée d’étendre la reconnaissance vocale au profit des patients, par exemple avec des « chatbots » installés dans des bornes pour les orienter, répondre à leurs interrogations ou leur fournir des informations.

 

 

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