Le CHU de Brest ouvre une maison de l’innovation

Le CHU de Brest vient d’ouvrir un centre d’innovation où il concentre moyens et expertises à disposition autour de lui afin d’accompagner et d’évaluer des projets. Une façon supplémentaire de susciter de bonnes idées et d’entraîner son écosystème local dans le soutien à la santé de ses patients.

© CHU Brest

Après une direction de l’innovation en 2019 puis une cellule de l’innovation en 2020, le CHU de Brest a créé un centre de l’innovation baptisé W.Inn, le 7 décembre dernier. Celui-ci a beau être installé à la Cavale Blanche, le plus récent et principal site de l’hôpital, dans l’Ouest de la ville, occupant les 460 m2 d’un ancien centre de vaccination, il est avant tout ouvert sur l’extérieur. Ce qui en fait quelque chose d’inédit en France.

Accompagner les projets le plus en amont possible

« Le besoin est apparu dans la cellule d’innovation. Très sollicitée par les médecins et le personnel pas seulement soignant, elle l’est aussi par des personnes extérieures au CHU qui demandent à avoir accès à ses professionnels, à ses experts, à ses ressources pour mener leurs projets. Le centre sera là pour les accompagner le plus en amont possible ou, plus simplement, organiser des rencontres et susciter les bonnes idées », explique Fanny Gaudin, directrice recherche et innovation du CHU.

Le W.Inn a un programme d’« animations » thématiques. Le lundi, ce sera le système d’information hospitalier. Un autre jour, ce sera la donnée médicale en elle-même : comment est-elle constituée, sa cohérence, ce que l’on peut en faire. Un autre jour encore, ce seront les questions juridiques. Un autre, la méthodologie dans un projet de recherche.
L’écosystème régional concerné

L’équipe veillant sur le W.Inn : Adrien Bussard, chargé de la mission innovation ; le professeur Alain Saraux, vice-président de la commission médicale d’établissement ; Fanny Gaudin, directrice de la recherche et de l’innovation ; Caroline Coat, cadre de santé référente innovation parmi le personnel soignant © CHU Brest

« Ce ne seront pas tout à fait des formations, des sessions de sensibilisation données par les services support à la recherche et à l’innovation dans l’hôpital », précise Fanny Gaudin. Public visé : tout le monde, les étudiants, en particulier ceux des écoles d’ingénieurs brestoises, mais également tous les partenaires de l’hôpital dans la ville comme le monde économique aussi (l’Agence des Aires Marines Protégées, le Cluster Maritime Français, l’Ecole Navale, l’ENSTA Bretagne, Ifremer, l’université de Bretagne Occidentale, le Pôle Mer Bretagne Atlantique, le Service hydrographique de la marine, TECHNIP, Telecom Bretagne…).

« J’insiste : ce doit être un lieu où nous pourrons évaluer, voire accompagner tout projet de recherche d’un étudiant. Ce ne sera pas un centre de recherche mais toutes les ressources nécessaires à la recherche y seront accessibles », précise Fanny Gaudin.

Les entreprises au contact

Outre un espace collectif, le centre d’innovation comporte une salle pour réunions en plus petits comités, un espace destiné à la co-créativité et un studio d’enregistrement à vocation pédagogique. « Nous voulons aussi aborder les choses par la philosophie. Innover là aussi », enchaîne Fanny Gaudin.

Un espace de co-créativité © CHU Brest

Quelques bureaux serviront à tenir des permanences de personnes-ressources de l’hôpital ou pour accueillir quelques start-ups. « Nous n’ouvrons pas un incubateur, il en existe ailleurs à Brest. Mais les entreprises qui prendront leur quartier au centre d’innovation pourront fréquenteront plus facilement l’ensemble des ressources de l’hôpital, sans prendre rendez-vous », indique Fanny Gaudin.

Deux jeunes entreprises ont sauté sur l’occasion. Dont Oxyledger, dirigée par un Xavier Moal, informaticien, initialement hébergée dans la technopole brestoise et qui met au point un logiciel de traçage des dispositifs médicaux implantables (lire notre article du 17 septembre 2020 ). « Nous sommes déjà proches de l’hôpital puisque nous expérimentons notre produit avec son personnel et dans ses blocs opératoires. Nous sommes donc privilégiés dans l’accès à l’hôpital mais j’ai toujours milité pour la création d’un tiers-lieu d’échange avec les professionnels du CHU pour les entreprises qui n’ont pas ces facilités. Si elles travaillent sur des sujets de santé, avoir un endroit où côtoyer ses professionnels du secteur peut s’avérer crucial pour elles. »

Le numérique et le suivi des patients

Avec ce nouveau centre, l’hôpital renforce une image de marque déjà marquée par l’innovation. Après Philippe El Saïr, son directeur jusqu’en 2020 qui l’a développée, sous l’égide de Florence Favrel-Feuillade, ex-directrice de la recherche clinique et de l’innovation à l’APHP, il reste « totalement centré sur la création de valeur », comme l’explique Fanny Gaudin. Et s’inscrit dans le plan national Innovation Santé 2030 qui privilégie notamment la « santé numérique ». « Avec le centre d’innovation, le CHU se donne encore plus d’agilité pour innover à partir, notamment, de notre expertise dans les données numériques Et en particulier dans le domaine du suivi de nos patients », éclaire Fanny Gaudin.

Cette orientation transparaît déjà parmi la trentaine de projets de recherche que le CHU affiche. Sur leur surveillance à distance pour éviter de les faire revenir à l’hôpital. Sur leur surveillance la nuit, quand ils sont âgés. Sur l’identification des possibles dons d’organes. Ces recherchent mobilisent 500 000 € de financements d’origines variées. Le fonds de l’hôpital se monte à 50 000 € annuels.

« Les besoins sont très multiples », souligne Fanny Gaudin. Le nouveau centre W.Inn tourne, lui, sur le budget de fonctionnement de l’hôpital mais il servira justement à aller chercher toutes les sources de financements nécessaires. « Quand l’un ou l’autre d’entre nous travaille sur un financement de la Banque publique d’investissement (BPI) ou de la Région, je veux dire parmi les start-ups, c’est le même problème pour tout le monde. A travers le centre d’innovation, tout le monde peut bénéficier de l’expérience. Ce sera à nous de la partager et sur ce point comme d’autre de faire vivre le nouveau W.Inn », témoigne Xavier Moal.

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