La télémédecine a le vent en poupe

La crise sanitaire a eu un effet imprévu, celui de booster l’usage de la télémédecine. Selon les chiffres de l’Assurance maladie, plus d’un million d’actes de téléconsultation a été enregistré par semaine au cours du mois d’avril. L’épidémie a poussé plusieurs établissements de santé à accélérer ou à démarrer le déploiement de solutions.

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 « S’agissant de la télésanté, nous avons fait un pas de géant pendant la crise, en prenant un certain nombre de dérogations. Et nous avons eu une explosion de la télémédecine sans avoir une dérégulation à tous crins », a déclaré Olivier Véran, ministre de la Santé, le 21 juillet dernier, en conclusion du « Ségur de la santé ». Les chiffres l’attestent. Jusque-là confidentielle, la technique a bénéficié d’un énorme engouement pendant la crise sanitaire.


Bond énorme pendant l’épidémie


Alors que moins de 8000 actes avaient été pris en charge entre janvier et mi-mars 2019, 486 000 téléconsultations ont été facturées à l’Assurance Maladie pendant la semaine du 23 au 29 mars 2020. Plus de quatre millions ont été recensés durant le mois d’avril. Même si la courbe a diminué, le pli a été pris pour beaucoup de patients et de praticiens : 647 000 actes ont encore été enregistrés la dernière semaine de mai.


Au vu des chiffres, Olivier Véran a promis que l’Etat continuerait à prendre en charge à 100 % ce type de consultation « au moins le temps nécessaire à son développement. » L’ordonnance 2020-737 du 17 juin dernier prévoit d’ores et déjà la possibilité de le faire jusqu’à la fin de cette année.


Garantir l’accès aux soins


Les atouts de la télémédecine sont nombreux. En temps normal, le système garantit, grâce à une prise en charge à distance, l’accès égal au système de soins, notamment dans des zones marquées par la désertification médicale. Il évite les déplacements inutiles, surtout pour les personnes à faible autonomie. La télé-expertise est un moyen d’obtenir rapidement l’avis de spécialistes afin d’établir un diagnostic plus complet.


Et en situation de crise, la télémédecine a prouvé qu’elle désembouteillait les urgences, et réduisait les risques de contamination dans les cabinets médicaux et les services de consultation. La pandémie a ainsi donné un coup d’accélérateur au projet du GHT Limousin qui a déployé sa plateforme en avril dernier. Le programme concernera, à terme, 25 disciplines, de la gérontologie à la cardiologie.

 

Début juillet, le groupe hospitalier privé Paris Saint-Joseph a annoncé vouloir équiper près de 30 spécialités. La France n’est pas un cas isolé. Au Canada, trois réseaux ruraux de soins primaires de la région de l’Alberta testent, depuis le début juillet, un système de télésurveillance des patients atteints de maladie chronique.


Un guide pour préparer le déploiement d’une solution


Parfois réticents, nombre de médecins, qui craignaient une déshumanisation de la relation avec leurs patients, ont adopté la formule après l’avoir testée. La progression est spectaculaire. La plateforme du GCS Normand’e-Santé (NES) comptait par exemple 1560 comptes utilisateurs avant la crise. En mai, ce nombre est passé à 5350.

Pour aider les structures à réfléchir au déploiement d’une solution, le Resah vient de publier un guide. En cinquante pages, le document fournit toute la documentation nécessaire aux décideurs pour préparer de manière optimale l’installation d’une plateforme de télémédecine, en listant les points d’attention aussi bien techniques, financiers qu’organisationnels. Car la démarche, qui impacte les organisations et les pratiques, implique un important travail d’accompagnement du changement.

Pour télécharger le guide

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