Chirurgie du genou : la Clinique de l’Union passe à la réalité augmentée

Établissement du groupe Ramsay Santé, la clinique de l’Union, située à Saint-Jean, commune de l’agglomération toulousaine, a réalisé une première en France fin juin, avec l’utilisation de lunettes de réalité augmentée, lors de la pose d’une prothèse du genou. Le système capable de fournir en direct la modélisation du genou et son mouvement permet au chirurgien d’adapter encore plus l’intervention à l’anatomie de son patient.

© Clinique de l’Union

« C’est une première en France », assure le Dr Bruno Chemama, chirurgien spécialiste du genou, qui a chaussé des lunettes de réalité augmentée lors d’une intervention effectuée le 28 juin, à la clinique de l’Union (Ramsay Santé, 350 établissements en Europe). La technique avait été déjà éprouvée une première fois en octobre 2020 par la clinique St Andrew’s Ipswich en Australie, puis en décembre par le Hospital for Special Surgery (HSS) de New York.

Données fournies en temps réel

Connectées à la plateforme NextAR par l’intermédiaire de capteurs Bluetooth posées sur le tibia et sur le fémur, les lunettes ont fourni, en direct, une modélisation en trois dimensions du genou et de la tension ligamentaire. Les données sont fournies, en superposition, sur le verre droit de la monture. « Ce qui permet de ne pas quitter des yeux le champ opératoire », précise le chirurgien. Un moyen supplémentaire de perfectionner la pose d’une prothèse, en visualisant le mouvement du genou (flexion/extension) et en s’adaptant le plus possible à la physionomie du patient.

Pour le Dr Bruno Chemama, la technologie vient en effet en parfait « complément » de la méthode de la planification sur mesure préopératoire destinée à personnaliser l’acte chirurgical, à partir des résultats d’un scanner ou d’une IRM et la fourniture de moules en résine.

Un acte chirurgical encore plus personnalisé

Le système innovant procure plusieurs avantages, selon le chirurgien de la clinique de l’Union. Durant l’opération, il permet d’obtenir la tension ligamentaire du genou, et de contrôler en temps réel la pertinence et de la justesse de l’intervention, pour le cas échéant, la corriger.

Côté patient, la solution devrait contribuer à remettre sur pied plus rapidement la personne opérée puisque la pose a été encore mieux positionnée. « Nous n’avons pas encore assez de recul, mais la solution va contribuer, avec d’autres facteurs comme l’anesthésie, l’information du patient, l’analgésie et les différents protocoles, à faciliter la récupération. Elle aura aussi comme conséquence de prolonger la durée de vie des prothèses », témoigne le chirurgien.

Pas de formation particulière nécessaire

Autre point apprécié, le matériel – une paire de lunettes, une console mobile et des capteurs à usage unique – prend peu de place au bloc. Il est aussi moins coûteux qu’un robot. Aucune formation particulière n’est nécessaire. « Il y a évidemment une courbe d’apprentissage, mais la technique s’acquiert aisément et les habitudes se prennent vite », estime le Dr Chemama, qui utilisera de nouveau les lunettes à l’occasion de deux nouvelles interventions au mois de juillet. La clinique envisage d’étendre l’emploi de cette technologie avant-gardiste aux opérations du rachis, des épaules et des hanches.

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