Valentin Cabarrus : la logistique au cœur

Tout juste sorti de l’École de Rennes, Valentin Cabarrus vient de prendre le poste de directeur des achats et de la logistique des Hôpitaux Champagne Sud, à Troyes. Ce juriste de formation, titulaire d’un master 1 de droit public et d’un master 2, se déclare déjà passionné par la richesse des fonctions support et leur apport à la transformation de l’offre de soins.

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Il n’y a pas que les voies du seigneur qui soient impénétrables, d’ailleurs faudrait-il encore que ce seigneur-là existât. Valentin Cabarrus, lui, existe vraiment et, quand on l’interroge sur les raisons de choix professionnel qui peuvent sembler insaisissables au premier abord, il répond en toute simplicité que son contexte familial peut l’expliquer : « J’ai grandi au sein d’une famille qui comptait des soignants hospitaliers, dit-il, et j’ai fait mes premiers jobs d’été dans des hôpitaux ».

Tout en bas de l’échelle, donc, ce qui donne une dimension particulière à ce jeune diplômé de l’école de Rennes. Un autre choix qui pourrait nous sembler déroutant pour quelqu’un qui dirige aujourd’hui les fonctions support des Hôpitaux Champagne Sud, c’est celui de son deuxième stage, effectué à la DGOS, à la sous-direction des ressources humaines du système de santé. N’est-ce un peu éloigné des cuisines centrales et des blanchisseries ?

Pourquoi les fonctions soutien ?

« Absolument pas, s’en défend Valentin Cabarrus, nous avions beaucoup d’échanges avec le terrain et la pluralité des missions qui étaient les nôtres était très intéressante ». Comme quoi, les clichés ont la peau dure. La preuve, par exemple, avec Olivier Brahic, près de vingt ans de ministère derrière lui, ancien sous-directeur adjoint veille et sécurité sanitaire au ministère des Affaires sociales et de la santé, aujourd’hui sur le terrain, à la direction de l’ARS de Mayotte. Donc Valentin Cabarrus a raison, passer par l’administration centrale ne déconnecte pas du terrain. Et passer par la DGOS ne l’a pas éloigné des réalités du monde hospitalier.

Une question se pose néanmoins. Pourquoi ce jeune directeur a-t-il choisi les fonctions soutien alors qu’il a grandi dans un univers de soignants hospitaliers ? Valentin nous répond en riant : « Parce qu’en terminale je n’étais pas assez bon dans les matières scientifiques pour tenter un bac S ! ». Il est comme ça Valentin Cabarrus, spontané, capable de plaisanter alors qu’en définitive son parcours était tout tracé : « En réalité, ce qui me passionne, c’est la double dimension qu’ont les achats et la logistique, leur richesse, puisque nous apportons un support stratégique aux soignants et que nous accompagnons également la transformation de l’offre de soins ».

Une dimension managériale évidente

Sans oublier, comme il l’indique, que ces directions sont généralement très fournies : « La dimension managériale d’un poste tel que celui que j’occupe aujourd’hui est évidente, et s’y frotter directement en sortant de l’école de Rennes, accompagner les équipes de soins au quotidien en gérant des équipes pluridisciplinaires, c’est particulièrement motivant ». Une fois son concours réussi, Valentin Cabarrus s’est donc volontairement orienté vers les achats et la logistique. Il rappelle d’ailleurs, toujours pour plaisanter, mais pas tant que ça finalement : « Lorsque j’étais en licence en droit, deux étés de suite, pendant les vacances, j’ai travaillé dans une cuisine hospitalière ». Ce n’est pas un signe du destin, ça ?

Pas sûr, bien évidemment, que cet emploi saisonnier ait été déterminant pour l’orientation de sa carrière vers les achats et la logistique : « Surtout que si l’on veut un jour occuper un poste de direction générale, il nous faut maîtriser également d’autres spécialités ». Reste qu’il a suivi une formation spécifique aux achats et à la logistique en fin de cycle à l’école de Rennes. Mais ses études de droit, et tout particulièrement son Master 2 en droit de la santé, ne lui auront pas été inutiles pour mettre en application à l’hôpital les nouvelles réglementations et les traduire sur le terrain.

L’importance du premier poste

C’est d’ailleurs ce qu’il aime, trouver les articulations qui permettent d’adapter les textes à la réalité de l’hôpital, à celle des fonctions support qui restent dans l’ombre alors qu’elles sont indispensables aux soignants et aux patients. Valentin Cabarrus est aujourd’hui dans son élément, et il ne s’imagine pas une seule seconde quitter l’univers hospitalier et le système de santé publique. D’autant qu’il vient à peine de prendre son poste à Troyes.

« Un premier poste, pour sa carrière, c’est particulièrement important, dit-il, tout s’y joue en quelques mois seulement, prendre le pouls de l’établissement, comprendre les attentes de la hiérarchie et répondre aux objectifs, mais je dirais surtout savoir anticiper, être proactif… ». À 26 ans à peine, Valentin Cabarrus a toute la vie devant lui, mais il sait que la réussite de sa carrière se joue aujourd’hui aux Hôpitaux Champagne Sud.

 

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