Tiffany Dalaine : « À l’hôpital, on ne s’ennuie jamais »

Sa passion de la natation l’avait initialement poussée à s’orienter vers les domaines maritimes. Juriste de formation, c’est « sur le tas, au fil de ses stages et de ses rencontres » que Tiffany Dalaine s’est finalement spécialisée dans les marchés publics, avant de trouver le parfait équilibre dans son nouveau poste, celui de responsable des marchés publics de l’hôpital de Narbonne.

Le quotidien trépidant des marchés et de l’achat public relève rarement de la vocation. On y vient par le biais de rencontres, d’offres de stages, de passerelles et de réalisations qui s’avèreront finalement décisives. Pour la nouvelle responsable des marchés publics du centre hospitalier de Narbonne, il n’en a pas été autrement : c’est au fil de ses différents postes que la jeune femme a développé son expérience et son attrait pour le mode hospitalier.

santé-achat.info : Racontez-vous votre parcours, comment en êtes-vous arrivée à vous spécialiser dans les marchés publics ?

Tiffany Dalaine : « Au départ, par ma formation juridique en droit public, suivie de deux masters 2, en droit de l’urbanisme et de l’environnement, puis en gestion des affaires maritimes. Je suis passionnée de natation depuis toujours, j’aurais adoré travailler dans les ports ou sur des bateaux. Mais c’est un peu pointu, il y a peu de débouchés.

Au cours d’un de mes masters, j’ai effectué un stage en marchés publics. Mon responsable m’a transmis sa passion : c’est quelqu’un qui s’était formé dans un OPH (office public de l’habitat, NDR), sur le tas, avait réussi à évoluer dans sa boîte, en même temps que le métier. Il fallait de la structure, de la rigueur, c’était dans mon caractère. Et puis dans les marchés, ce qui est très intéressant, c’est que les besoins (et la manière d’acheter) sont toujours différents.

J’ai ensuite occupé plusieurs postes, en mairies, communautés de communes, agglomérations, aux achats et à la commande publique, avant de rejoindre le CNRS de Montpellier. Cela a ouvert de nouvelles perspectives intéressantes, des travaux et fournitures basiques à l’achat scientifique le plus pointu, de la réhabilitation d’immeuble à l’achat de cages pour souris… C’était toujours nouveau, jamais rébarbatif ! »

santé-achat.info : Qu’est-ce qui vous a menée à occuper le poste qui est le vôtre aujourd’hui ?

Tiffany Dalaine : « Ce côté pluriel, rencontré dans mon expérience au CNRS. Par définition, un centre hospitalier, c’est la pluralité des achats. J’admire le milieu hospitalier, j’ai cette force de caractère, la passion, la volonté d’améliorer les choses, qui va avec la notion de service public : un centre hospitalier fonctionne 24 h / 24, sans jour férié…

Mais sans achats, un hôpital ne peut pas fonctionner. J’avais envie d’évoluer, d’explorer cette curiosité, cette diversité, c’est une expérience très transversale. Et c’est ce que j’aime beaucoup : à l’hôpital, on ne s’ennuie jamais. »

santé-achat.info : Comment s’est passée votre prise de fonctions ?

Tiffany Dalaine : « J’ai pris mon poste de responsable des marchés publics le 8 août dernier. Mais avant ça, j’étais déjà en binôme depuis le mois de janvier. Mon prédécesseur m’a formée avant son départ à la retraite, en relais, le temps d’appréhender le poste. Là encore j’ai eu beaucoup de chance d’être bien formée, par quelqu’un qui était dans la transmission, qui avait beaucoup d’expérience, et qui m’a appris comment un hôpital fonctionnait, m’a aidée et aiguillée. C’était réellement très intéressant.

Aujourd’hui je fais donc partie d’un service bien structuré, au sein d’une direction qui regroupe l’hôtellerie, la restauration et la logistique. Il y a de gros chantiers qui arrivent sur les quatre ou cinq ans à venir, en construction, en amélioration… Tout l’enjeu réside bien sûr dans la bonne gestion de l’achat et du besoin pour arriver à un projet fini, et le voir évoluer, au fur et à mesure des années. »

santé-achat.info : Quels sont les défis auxquels vous êtes aujourd’hui confrontée ?

Tiffany Dalaine : « Clairement, le contexte actuel. L’approvisionnement en énergie, l’inflation, la hausse et la pénurie des matières premières… C’est un contexte difficile pour continuer sur les marchés en évitant toute infraction. Parce qu’à part la circulaire du 29 septembre (relative à l’exécution des contrats de la commande publique dans le contexte actuel de hausse des prix de certaines matières premières, NDR) qui n’a pas de réelle valeur juridique, on n’a pas grand-chose pour nous aider à rédiger.

Une formation en droit est un atout mais ce n’est pas suffisant : il nous faut un cadre juridique pour nous aiguiller sur la marche à suivre dans cette période compliquée. La circulaire nous laisse une marge de manœuvre, c’est bien, mais les entreprises s’appuient dessus pour négocier. Mais nous, on n’a pas de budget à rallonge ! ».

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