PACA : les hôpitaux face à la 2e vague

Marseille et le littoral se trouvent aujourd’hui très exposés, mais les leçons de la première vague semblent avoir été tirées : reconstitution des stocks, réorganisation des flux logistiques, révision de lits réformés et partenariats entre hôpitaux publics et privés. La fin du “tout à usage unique” semble également actée.

 

© Epictura

À Marseille on n’aborde pas la seconde vague — car l’on n’hésite plus à y parler de seconde vague — dans les mêmes conditions ni avec les mêmes objectifs que la première, comme l’affirmait Jean-Olivier Arnaud, le directeur général des Hôpitaux Universitaires de Marseille, l’AP-HM, lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière au pied levé. À situation de crise, communication de crise.

 

« Nous sommes prêts » déclarait-il en substance, alors que les compteurs s’affolent. En effet, avec un taux d’incidence de 312 nouveaux cas pour 100 000 habitants, le nombre d’admissions en réanimation double tous les huit jours au point qu’il ne restait, à la date du 14 septembre, à Marseille que 4 lits de réanimation Covid et 64 places s’agissant de la région.

 

Préserver le traitement des autres pathologies

 

Présent aux côtés du directeur général, le Pr Dominique Rossi, président de la commission médicale d’établissement, exhortait les Marseillais à respecter les mesures barrières afin de préserver la capacité d’accueil des hôpitaux. Pour lui, tout comme pour Jean-Olivier Arnaud, le message est clair : « Nous voulons préserver l’accès aux soins courants et le traitement des autres pathologies ». C’est l’exact contrepied de la stratégie qui prévalait jusqu’à présent au niveau national. Acheteurs et logisticiens se sont donc organisés pour gérer l’afflux de patients Covid tout en voulant préserver les interventions programmées.

 

Rassurer à tout prix reste pourtant la ligne suivie à Marseille par l’AP-HM : « Dix-sept lits supplémentaires de réanimation Covid sont en cours d’armement auxquels s’ajoutent 9 lits en post-urgence, détaille Jean-Olivier Arnaud, notre capacité maximum n’est pas atteinte mais la situation évolue de jour en jour ». Afin de concilier la vague Covid avec le maintien de l’activité régulière sans être contraints de fermer de lits, une vingtaine d’infirmières vient d’être recrutée pour être formée aux soins Covid. Directeur médical de crise de l’AP-HM, le Pr Hervé Chambost indique que les laboratoires ont eux-aussi reçu le renfort de nouveaux techniciens pour le dépistage : « Si besoin, nous avons des tests rapides dont les résultats peuvent être rendus en une vingtaine de minutes ».

 

Local de 100 m2 pour les EPI

 

Cécile Piques

Non loin de là, à deux pas du Vélodrome, Cécile Piques, la directrice du pôle ressources matérielles de l’hôpital Saint-Joseph, est, elle aussi, dans les starting-blocks : « Nous avons augmenté nos capacités de stockage avec un local de 100 m2 dédié aux EPI, dit-elle, mais face à la tension sur les sur-blouses et les vêtements à usage unique, nous sommes obligés de passer à nouveau sur du tissé ». À Toulon, Thibaud Arnauld des Lions a lui aussi poussé les murs : « Nous en avons l’obligation, déclare le directeur des achats du GHT du Var, à la fin du mois nous devrons disposer d’un stock supplémentaire correspondant à trois semaines de crise ». Se basant sur les pics de consommation enregistrés en avril, au plus fort de la crise, six références d’EPI doivent être stockées à part, dans un local sécurisé. Reste que les hôpitaux du Sud sont pleins. À Salon-de-Provence ou à Avignon des soignants ont tiré la sonnette d’alarme, comme le rapporte le quotidien La Provence.

Provisions de lits

 

Alors, quelles solutions ? « Nous sommes aujourd’hui organisés, déclare à Marseille le professeur Rossi, les malades en réa Covid peuvent circuler vers d’autres hôpitaux de la région si l’un d’eux vient à être saturé ». Dans les Bouches-du-Rhône, toujours pour éviter les blocages, le professeur Laurent Papazian, chef du service de réanimation de l’hôpital Nord, va coordonner les relations entre hôpitaux publics et privés.

 

Durant l’été, les acheteurs de l’AP-HM ont fait des provisions, et même plus puisque les capacités de stockage ont été augmentées. Ainsi, 200 lits peuvent y être désormais équipés de respirateurs. Deux cents, c’est d’ailleurs le nombre de nouveaux lits qu’avait commandé l’AP-HM dès avant la pandémie dans le cadre de sa planification : « Nous avons révisé les lits réformés et désormais nous disposons d’un stock d’une cinquantaine de lits supplémentaires ». Une précaution prise également à l’hôpital Saint-Joseph par Cécile Piques : « Des lits réformés ? Nous en avons toujours eu en stock ! »

 

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