Nathalie Bahuaud, acheteuse pleine d’ambition à Châteaubriant

Acheteuse en CHU puis en GHT, Nathalie Bahuaud est la nouvelle directrice adjointe du service des achats, de la logistique, de la communication et des projets de l’hôpital de Châteaubriant, dans le nord de la Loire-Atlantique. Séduite par le dynamisme de l’établissement.

 

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Nathalie Bahuaud se dit autodidacte car elle a beaucoup appris sur le tas. Déboulant par hasard dans le secteur de la santé à 25 ans, à un poste de secrétariat de direction. Encouragée par la suite par ses supérieurs, convaincus par son entregent, son engagement et son envie d’apprendre. C’était au CHU de Nantes. « J’adore les innovations, les projets, l’action » résume-t-elle.

En 2011, elle réussit à un poste réputé compliqué d’acheteuse. S’ouvre un domaine qu’elle ne va plus quitter. Onze ans plus tard, en juin dernier, elle décroche à Châteaubriant (hôpital multisites de Châteaubriant-Nozay-Pouancé), son premier poste « à responsabilités » dans cette filière. Encadrant quatre gestionnaires d’achats. Secondant une jeune femme de vingt ans sa cadette qui sort de l’EHESP de Rennes.

L’ESAP et un master 2 à l’IAE

C’est qu’entretemps Nathalie Bahuaud est retournée à l’école. Deux ans à l’ESAP (Ecole supérieure des achats professionnels des Pays de la Loire et de Bretagne) en formation de responsable d’achats, acheteur leader. « J’avais besoin d’outils pour mener à bien des achats. Dans le recensement des besoins, l’évaluation de la performance des fournisseurs, le suivi des marchés. Je voulais consolider mes bases. » En 2016, cette formation était aussi une manière de se préparer à la montée en puissance des GHT, de la mutualisation des achats.

Elle enchaîne en 2019 sur un Master 1 et un Master 2 à l’IAE (Institut d’administration des entreprises) de Nantes, « pour comprendre la réalité des entreprises et savoir les analyser, lire un bilan comptable ». Comme à l’ESAP, elle cultive ses réseaux.

Nathalie Bahuaud entre dans l’équipe d’achats du GHT de Loire-Atlantique. « Au CHU, j’ai appris la rigueur juridique et liée au service public, au GHT l’importance des échanges. Tout cela à un moment de professionnalisation des services achats qui se prolonge encore aujourd’hui ». Au GHT, elle note une séparation qu’elle juge trop grande avec les établissements membres. C’est en relation avec celui de Châteaubriant, en conduisant à quatre mains un marché avec un acheteur local, qu’elle a vent du poste qui s’y libère. Et qu’elle obtient.

Restructurer le service achats

Nathalie Bahuaud estime que ses débuts dans ce poste sont marqués par l’opérationnel. « J’arrive déjà avec une vision du management – que j’ai la chance de partager avec ma directrice – un management bienveillant étendu, où chacun peut s’exprimer, développer ses compétences pour s’émanciper et s’épanouir. J’ai des méthodes et des outils que je peux mettre en place plus rapidement dans un établissement avec moins de strates hiérarchiques. »

La restructuration du service achats est une priorité. Elle veut faire travailler ses acheteurs spécialisés, dans la restauration, la construction ou autre chose en binôme. D’une part pour assurer la permanence du service quand l’un est absent, d’autre part pour porter à deux les tâches plus lourdes ou chronophages comme le recensement des besoins. Pour également inciter aux échanges d’idées autour du travail.

Tous les acteurs ont leur mot à dire

Au chapitre des outils, elle va créer un tableau de suivi budgétaire, lancer des questionnaires de satisfaction en interne. « Je veux fluidifier l’expression des besoins en interne et accélérer les décisions d’achats. Plutôt que de solliciter les cadres par méls et obtenir des demandes indifférenciées pour toutes sortes de choses, je veux faire la pédagogie des procédures car elles varient selon les tailles et les types d’achats puis faire le point, en réunion, avec eux. Nous, du service achats, arriverons au besoin avec nos catalogues. »

« Nous choisirons ensemble le matériel et les équipements avant d’aller porter ces achats en commissions d’équipement et des finances, avec les chefs de pôles. Résultat, nous nous rapprochons des soignants. Tous les acteurs concernés ont leur mot à dire. En bout de la ligne, les cadres de santé doivent avoir la possibilité de connaître la situation des produits demandés : commandé, livré ou pas et quand, etc. » Première mise en pratique, le plan d’équipements hôteliers et de soins, à conclure avant la fin de l’année.

Focus sur l’expression des besoins

L’expression des besoins de l’hôpital mobilise aussi Nathalie Bahuaud en relation avec le GHT. « Cette étape est généralement réalisée trop rapidement. Or, les établissements ont une expertise d’achat. Ils connaissent leurs besoins. Ils ont aussi l’expérience des contrats passés, la façon dont ils se sont passés », plaide-t-elle. Elle espère aussi réduire les délais de procédures sur les marchés de travaux en faisant une juste évaluation du risque juridique.

Autres sujets, parce que sa fiche de poste voit large : le projet d’établissement, le nouveau site internet.  Elle veut faire connaître l’hôpital. « L’investissement du personnel y est très fort. Peut-être parce que le nord de la Loire-Atlantique n’est pas le plus favorisé, économiquement. Il y a l’envie de concrétiser les projets. Quand on est en responsabilité, la liberté de s’exprimer, de proposer et la possibilité d’avoir facilement accès aux décideurs qu’offre un petit établissement est une source d’épanouissement. Alors qu’ici comme ailleurs, on manque de personnel, je pense que ce peut-être une source d’attractivité ».

 

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