Le réseau, outil essentiel de l’acheteur

Mutualiser une réflexion, travailler en mode projet, privilégier la transversalité de la fonction achat, comparer ses performances, échanger les bonnes pratiques, autant d’opérations facilitées par les réseaux officiels ou informels, comme l’illustre l’exemple du groupe achat public de France urbaine.
© Epictura
Qu’ils viennent de la fonction publique hospitalière ou de la territoriale, qu’ils soient des acheteurs de l’État ou qu’ils exercent dans le secteur privé, tous ont peu ou prou des préoccupations identiques : « Nous partageons des problématiques connexes, explique Christophe Hannequin, directeur de la programmation et de la performance achat à Aix Marseille Provence Métropole, au niveau local ou au niveau national, quelle que soit la fonction publique dans laquelle nous exerçons, et même avec des acheteurs du secteur privé ».

Benchmark permanent

Échanges locaux ou nationaux, le cadre marseillais fait feu de tout bois. Au sein de France Urbaine, l’association qui regroupe les grandes villes de France, les métropoles, les communautés urbaines et les communautés d’agglomération, il co-anime depuis quelques mois le groupe « achat public » avec Jean-Christophe Caroulle, responsable de la commande publique à la communauté urbaine de Dunkerque, qui le pilote pour sa part depuis plus de dix ans.

Christopje Hannequin

Pour Christophe Hannequin, le groupe achat de France Urbaine est l’occasion de travailler en mode projet : « Nous pouvons ainsi mutualiser nos réflexions et échanger sur les bonnes pratiques. Nous organisons plusieurs réunions par an mais nos échanges sont pratiquement quotidiens, confie-t-il, nous lançons des enquêtes flash, nous effectuons du benchmark en permanence, nous avons rédigé un guide pratique du sourcing… ». Le directeur de la programmation et de la performance achat d’Aix Marseille Provence Métropole a également eu des échanges avec l’Association des Régions de France, qu’il souhaiterait pouvoir développer et formaliser.

La transversalité de la fonction achat

Christophe Hannequin ne restreint pas sa veille et ses échanges aux seuls acheteurs territoriaux, bien au contraire : « Ainsi, le Conseil national des achats (CNA) présente l’avantage de réunir aussi bien des acheteurs publics que des acheteurs privés, ce qui nous permet de mutualiser certaines réflexions, même si les contraintes qui s’imposent au secteur public sont plus lourdes que celles qui prévalent dans le privé. Mais rencontrer les responsables d’organisations professionnelles ou de gros acheteurs, comme par exemple la SNCF, nous permet d’élargir notre horizon ».

Jean-Christophe Caroulle

Les perspectives communes, c’est ce qu’évoque également le responsable de la commande publique de la communauté urbaine de Dunkerque lorsqu’il veut caractériser les échanges au sein du groupe achat de France Urbaine : « Il existe entre nous une véritable homogénéité d’horizon, explique Jean-Christophe Caroulle, même s’il y a évidemment une très grande différence de moyens entre une métropole de plus d’un million d’habitants et une communauté d’agglomération qui en regroupe à peine plus de 100 000 ».

Celui qui anime avec Christophe Hannequin le groupe achat de France Urbaine souligne l’intérêt des échanges entre acheteurs sur des sujets métiers, des échanges selon lui facilités par la grande cohésion du réseau : « Nous nous connaissons personnellement, convient-il, et c’est beaucoup plus simple lorsqu’un d’entre nous souhaite un retour d’expérience sur un sujet ou un autre ».

Actif depuis plus de 15 ans, le groupe achat de France Urbaine a acquis une légitimité qui lui permet d’entretenir des relations régulières avec le CNA mais également avec la direction des affaires juridiques de Bercy et l’Observatoire économique de la commande publique (OECP), même si, tant Jean-Christophe Caroulle que Christophe Hannequin souhaiteraient qu’elles se pérennisent : « Ce sont des partenaires qui cohabitent au sein d’un même écosystème ».

Échanges régionaux et réseaux informels

 

Au niveau régional, Christophe Hannequin attache une attention particulière aux relations qu’il entretient avec les autres acheteurs du territoire : « Ici, à Marseille, les contacts avec mes collègues de la ville, de la région et du département sont réguliers, explique-t-il, au point que nous avons créé un groupement de commande avec le département sur la communication, un autre avec la RTM (régie des transports métropolitains) sur l’achat de gazole en vrac ». Dans les cartons, un projet de création d’une centrale d’achat avec le département et peut-être celui d’un groupement de commande avec le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) ».

Le groupement de commande, c’est également ce sur quoi ont débouché à Dunkerque les relations entretenues entre la communauté urbaine, le centre hospitalier, l’université et le grand port maritime : « Des relations régulières entre acheteurs des différentes fonctions publiques peuvent permettre d’avancer, souligne Jean-Christophe Caroulle, ainsi, à Dunkerque, le groupement de commande que nous avons créé nous permet de mutualiser les achats de papier, de titres restaurant et de formations ».

Restent ensuite le benchmark, le sourcing ou les échanges qu’autorise par exemple LinkedIn : « Mais même si nous le souhaiterions, nous ne pouvons pas être partout reconnaît Jean-Christophe Caroulle, il faut hiérarchiser les priorités ». D’autant que, comme le souligne Christophe Hannequin : « Les réseaux, ça s’alimente ! ».
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