Le profil du directeur des achats de demain

La fonction achat est en pleine mutation aussi bien dans le privé que dans le public. Par ricochet, le portrait-robot du directeur des achats idéal bouge aussi. Plus qu’un simple débusqueur d’économies, il devient stratège, créateur de valeur qui contribue à la performance de son organisation. Parmi les aptitudes requises, les capacités à réinventer les relations fournisseurs, à attirer et à conserver les talents dans son équipe, et la maîtrise des données figurent au premier rang.

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« Le métier a beaucoup changé avec une montée en maturité des organisations », a témoigné Vincent Tallepied, fondateur d’Intrapreneurs, l’un des consultants appelés à donner leur sentiment sur l’évolution de la fonction, à l’occasion de la cérémonie de remise des certificats « direction des achats » et « achats et logistique hospitalière » de l’ESCP le 29 janvier dernier. Et même si les témoignages concernaient essentiellement le secteur privé, l’analyse intéresse l’ensemble de la profession. « Il y a de plus en plus de proximité entre ce qu’on fait dans le privé et dans le public », a d’ailleurs rappelé Irène Foglierini, directrice scientifique des programmes achats et supply chain à l’ESCP.

Stratège et créateur de valeur

 

Premier point : la vision du « cost killer » pur et dur appartient de plus en plus au passé. Le directeur des achats ne doit pas seulement dégager des gains ou des marges de manœuvre financière : il doit surtout contribuer à améliorer la performance de son organisation, en participant aux objectifs fixés par son employeur. « De Chef Buying Officer à Chef Value Officer », a résumé Gérard Dahan, fin connaisseur du secteur depuis plus de 25 ans, vice-président EMEA de Determine, fournisseur de solutions logicielles aux directions achats de nombreuses entreprises du secteur privé comme Vivalto Santé ou Ramsay. D’où l’importance d’être présent dès le début de la chaîne de valeur en favorisant et en accompagnant l’innovation.

Recruter et garder les meilleurs

 

L’agilité sera une autre marque de fabrique du directeur des achats 2.0. Un expert « à mémoire de forme » pour Gioia Diomède, consultante chez Robert Walters, à la fois stratégique, opérationnel et organisationnel, capable « d’évaluer et d’évoluer avec son environnement, de s’adapter à son écosystème hyper-rapidement et d’apporter des solutions nouvelles, management inclus ».

Car l’autre aptitude de plus en plus recherchée, c’est la capacité d’attirer et de garder les meilleurs dans une équipe, en trouvant des moyens de motiver au-delà de la simple rémunération. Avec l’augmentation des demandes de profils experts, par exemple dans le domaine de l’informatique, et la tendance « zappeuse » des nouvelles générations, « la rétention des talents est un vrai challenge », a insisté Gioia Diomède. Surtout dans un contexte de pénurie.

Réinventer la relation fournisseurs

 

Cette qualité vaudra également en externe. Car la création de valeur passe par une collaboration étendue de tous les acteurs. « Les directeurs des achats sont de plus en plus dans un rôle de partenaire, avec leurs clients internes mais aussi avec leurs fournisseurs pour construire ensemble des solutions », a mis en avant Matthieu Le Conte, consultant chez Aperlead. Par exemple en imaginant de nouvelles formes de partage de gains, a illustré Gérard Dahan.

Dernier point et non le moindre : le pilotage des données. Confronté à la généralisation des systèmes d’information et à l’irruption de l’intelligence artificielle dans son domaine d’activité, le directeur des achats aura intérêt à se former très vite et monter en compétence pour maîtriser le sujet. Manipuler un tableur excel ne suffira plus…


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