Le club des directeurs achats de CHU veut être force de propositions

Relancé en juin 2018, le club des directeurs achats de CHU n’est pas seulement un réseau où l’on partage les retours d’expérience et les bonnes pratiques. Le groupe entend bien faire des propositions pour faire évoluer de nombreux sujets, des RH aux SI achats, et a établi sa feuille de route.

© Epictura / alliesinteract

Placé auprès de la Conférence nationale des directeurs généraux des CHU, le club des directeurs des achats et de la logistique, qui se réunit une journée à Paris une fois tous les deux mois, a été réactivé en juin 2018. « C’était important de relancer son activité », explique Stéphanie Geyer, directrice des achats du GHT Sud Lorraine et directrice des achats et de la logistique du CHRU de Nancy, chargée de sa coordination, à la demande de Charles Guépratte, DG du CHU de Nice et président du club. Les buts de ce cénacle :  naturellement favoriser la circulation de l’information entre professionnels.

Présentation de techniques d’achat innovantes

A chaque session, un établissement présente une technique d’achat innovante, qu’il s’agisse de la gestion optimisée du parc d’imagerie (GOPI) conclu par les Hospices civils de Lyon pendant 12 ans, l’acquisition de la salle de cardiologie du CHU de Rouen, le dialogue compétitif imaginé par le CHU d’Amiens pour sa neurochirurgie (voir notre article en lien) ou encore les achats d’instrumentation du CHU de Nîmes. Le club accélère aussi le réseautage. « Toutes les semaines, des questions circulent pour savoir comment fonctionnent les autres, afin d’identifier les plus matures par rapport à un sujet », illustre Stéphane Geyer. Dans la même logique d’échanges, un annuaire des acheteurs par filière a été constitué.

Améliorer l’attractivité de la fonction dans le secteur hospitalier

Mais l’activité du club ne s’arrête pas au simple partage de bonnes pratiques. Représenté dans différents groupes de travail (DGOS, ANAP…), il veut être force de propositions dans son domaine. « C’est très important. Notre président souhaite de l’opérationnel et du concret. Il ne s’agit pas de se réunir pour se réunir », insiste Stéphanie Geyer. Par exemple en imaginant des indicateurs. « Ceux de la DGOS ont leur intérêt. Mais on aimerait en développer d’autres comme le ratio productivité/acheteur ou sur l’organisation de la fonction elle-même », poursuit la directrice des achats du CHRU de Nancy.

Le club réfléchit aussi au problème de l’attractivité de la fonction car les hôpitaux ont parfois du mal à séduire les perles rares. « Il faut non seulement trouver des professionnels avec les compétences recherchées mais il faut aussi ensuite pouvoir les garder. Cela valorise un CV d’avoir fait un passage dans un CHU. Les acheteurs sont approchés par le privé ou d’autres structures publiques qui savent leur faire des propositions financières » D’où l’idée de développer et de structurer une filière achat hospitalière avec des offres de formation afin de constituer un vivier. « On doit aussi harmoniser nos pratiques pour éviter de se faire concurrence », estime Stéphanie Geyer.

Quelle contribution de la fonction achat au projet médical de territoire

A la demande de la CNDG, le club a établi une feuille de route en juillet dernier. « Elle a été réalisée de manière collaborative par thématique, avec des sous-groupes de 2 à 4 personnes. » De quelle manière la fonction achat peut-elle contribuer au projet médical de territoire est l’un des sujets retenus. Les problématiques « back office » n’ont pas été oubliées. La mutualisation des achats, mais aussi la maîtrise des risques juridiques.  Le club a par exemple questionné la DGOS afin d’obtenir des éclaircissements sur la notion de « in house » dans le cadre des GHT, où les établissements supports se retrouvent à la fois pouvoir adjudicateur et prestataire de service. « Le cadre juridique et fiscal n’est pas clair et cela peut créer de l’insécurité ». Autre point névralgique : le SI achats.  « Nous considérons que l’approche est trop axée reporting. Et nous souhaiterions mettre l’accent sur le suivi de l’exécution et réconcilier cet objectif avec les orientations de la DGOS ».

Du fait de sa proximité avec la CNDG, le club est à même de sensibiliser le top management aux enjeux des achats. « C’est à nous de pousser les sujets, de les faire progresser en faisant des propositions concrètes. La fonction achat est de plus en plus reconnue. Mais il y a encore des marges de progrès. Si on peut parler d’une seule voix, cela sera susceptible de faire bouger les lignes », argue Stéphanie Geyer, tout à fait favorable à la naissance d’un club similaire auprès de la conférence des DG de CH : « on ne se voit pas comme un club élitiste, ni exclusif, et on ne regarde pas les établissements plus petits de haut. »

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