Kevin Ambellouis, acheteur public né

Ancien directeur des achats et des marchés du GHT du Dunkerquois et de l’Audomarois, Kevin Ambellouis a quitté le littoral des Hauts-de-France et pris la route du bassin minier, pour devenir, depuis le 1er juin, directeur des achats et des approvisionnements du GHT de l’Artois. Huit ans d’expérience n’ont en rien entamé son enthousiasme et le professionnel de la commande publique a, plus que jamais, les yeux de Chimène pour son métier.

Dès le départ, avant même que le drapeau à damier de la carrière ne se baisse, Kevin Ambellouis, encore étudiant à l’université du droit et de la santé de Lille, savait qu’il voulait se consacrer à la transformation et à la performance des achats publics. Un domaine destiné à lui aller comme un gant.

Juriste de formation (deux masters 2 dans la besace), il ne cache pas son penchant pour la matière économique. Ce qui le pousse à finaliser ses études par une formation spécialisée en achat. « Je cherchais un métier au carrefour de différents enjeux, où le dialogue se taillerait la part du lion. Acheteur public, c’était fait pour moi ». Dès lors, la trajectoire de ce fana de Formule 1 semble toute tracée.

De l’Opéra au tribunal administratif

Fin 2013, warm-up à l’Opéra de Lille qui l’accueille pour un stage de quatre mois. « J’en garde un bon souvenir et pas seulement parce que je pouvais monter sur le toit et avoir une vue imprenable sur la Grand’Place. C’est là que j’ai compris l’importance de l’expression du besoin, première étape essentielle, avant même de réfléchir au choix de la procédure ».

Kevin Ambellouis embraye aussitôt avec un second stage, toujours dans la capitale nordiste, cette fois au tribunal administratif. De quoi compléter son bagage. « Un professionnel des achats se doit d’être complet et savoir se comporter en négociation de crise, gérer les situations de pré-contentieux, d’évaluer justement la situation et les risques sans trembler », explique-t-il.

La Chambre des métiers et de l’artisanat lui offre son premier contrat en 2015, en pleine fusion des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais. Une expérience enrichissante grâce à l’autre regard porté sur l’achat public par des élus consulaires chefs d’entreprise.

L’entrée à l’hôpital, un tournant dans la carrière

À l’automne 2016, il change de cylindrée et pousse les portes de l’hôpital de Dunkerque. « Je suivais déjà avec attention le déploiement du programme Phare et j’étais curieux de ce monde qui était en train de revisiter ses pratiques achats. À 25 ans, c’était un tournant de carrière, en entrant dans un secteur très exigeant, et aussi complet avec un volant d’achat à la fois très spécifique (médicaments, DM) et très large, des achats généraux aux travaux », se souvient-il.

Le jeune responsable des achats met la gomme pour structurer un service à part entière, avec pour ligne de mire la performance, en dépassant la seule logique de la passation des marchés. Moins d’un an plus tard, il devient naturellement directeur des achats et des marchés du GHT du Dunkerquois et de l’Audomarois.

900 000 euros d’économies budgétaires en 3 ans

Il jette un œil dans le rétroviseur et est plutôt satisfait du travail effectué à l’hôpital de la cité de Jean Bart. « En trois ans, près de 900 000 euros de gains budgétaires, de véritables économies, certifiées par la direction des finances, ont été réalisés sans amoindrir la qualité du service rendu », assure Kevin Ambellouis, « la direction des achats s’est structurée afin de construire son retour sur investissement : lorsqu’on lui confie un euro, elle en rend 1,20, tous coûts compris, RH et systèmes d’informations inclus ».

Un bilan conséquence de la conjugaison réussie de toutes les énergies, de la force collective et des efforts accomplis sur la définition du besoin. « 70 % des coûts sont figés à partir du moment où vous mettez le point final à un cahier des charges. Il faut donc sans cesse challenger les besoins et nouer des relations fortes avec les métiers », analyse Kevin Ambellouis, qui donne en exemple l’achat particulièrement efficace d’un scanner, succès engrangé grâce au travail conjoint du pôle imagerie, des radiologues, de la pharmacie et du service biomédical. « Acheteurs, soignants et experts métiers, voilà le trio gagnant », résume-t-il.

Si Kevin Ambellouis a changé de baquet, il n’a pas choisi une écurie trop lointaine puisqu’il a rejoint Lens et le GHT de l’Artois. De surcroît, son DG est également son ancien patron avec lequel il partage la même vision. « Je vais consacrer chaque minute de mon temps à l’excellence opérationnelle. J’ai la chance d’avoir une équipe qui a envie de travailler et de relever de nombreux défis, notamment l’ouverture du nouvel hôpital en 2025. Ne pas y mettre tout son cœur serait rater une occasion ».

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