Anastasia Miclot : sortir de sa zone de confort

Il y a de ces rencontres originales, même lorsque l’on parle chaudières, tunnels de lavage ou livraisons de plateaux repas. Il en est ainsi d’Anastasia Miclot, auparavant directrice de la qualité au CH Sud Essonne, qui vient d’arriver au centre hospitalier de Rambouillet comme directrice des achats, de la logistique et des services techniques.

Vous excuserez ce que l’on pourrait prendre pour une digression, mais pourquoi ne pas vous faire partager le plaisir que nous avons eu à échanger avec la nouvelle directrice des achats, de la logistique et des services techniques du CH de Rambouillet ? Nous pouvons vivre parfois des moments de grâce en poussant la porte de certains centres hospitaliers. Ce fut le cas à Rambouillet, il y a quelques jours, sans que nous puissions nous douter que nous partirions bien loin de là, en Russie, où la grand-mère d’Anastasia Miclot était professeur de français.

Ce sont là les plaisirs du “off” lorsque l’on interroge son interlocuteur sur ce délicieux accent que l’on n’arrive pas à identifier tant il est discret. Mais Anastasia nous ramène très vite à la réalité puisque notre premier entretien ne dure même pas trois minutes : « Impossible aujourd’hui, une chaudière vient de lâcher et avec le froid qu’il fait ce n’est pas le moment ! ». Rendez-vous est donc pris pour le lendemain.

Rennes n’est pas un passage obligé

Retour à Rambouillet ? Même pas, puisque nous prenons aussitôt la direction de Rennes. Pourquoi Rennes, d’autant qu’elle n’y est jamais allée ? Tout simplement parce que les portraits commencent toujours par le même rituel avec les classiques questions sur l’âge, la formation, le parcours… Son âge, nous ne vous le donnerons pas. À vous de le deviner. Par contre, pour la formation, nous vous avons livré un bel indice en vous précisant qu’elle n’avait jamais mis les pieds à Rennes. Et ne croyez pas qu’elle le vive mal.

Pour Anastasia Miclot, actuellement, c’est même un choix clairement assumé : « Le poste que j’occupe actuellement à Rambouillet exige une mobilisation totale. Le moment ne se prête aucunement à la reprise d’études complémentaires, précise-t-elle, même si rien n’est exclu dans les années futures ». La nouvelle directrice serait-elle iconoclaste ? «  Non, répond-elle, nous avons peut-être à affiner nos paradigmes, les diplômes ne doivent pas occulter les qualités humaines et les capacités des personnes ». Mais elle tient toutefois à nuancer : « Il faut éviter la simple reproduction académique des compétences, gagner en ouverture, curiosité, souplesse. La diversité des parcours est à considérer comme un véritable enrichissement ».

Le goût du risque

Après un M2 en pharmacologie, Anastasia Miclot abandonne vite la recherche : « En France les chercheurs connaissent pour beaucoup des situations difficiles, faites d’incertitudes quant aux opportunités de carrière, déplore-t-elle, la recherche demeure cependant une école de rigueur et de sérieux hors du commun ». Après une année de formation en gestion des risques et l’obtention d’un double certificat franco-américain, les expériences s’enchaînent. Un stage au Kremlin-Bicêtre avant de décrocher un poste d’ingénieur qualité en CDD à Georges Pompidou. Puis deux ans au sein d’un groupe privé avant de prendre la direction de la qualité au CH Sud Essonne.

Mais aujourd’hui, au centre hospitalier de Rambouillet, elle est sortie de sa zone de confort : « C’est exactement ça, tout juste, sortir de ma zone de confort ». C’est ce qu’elle désirait, investir de nouveaux territoires, prendre des risques, tenter de nouveaux challenges : « Qualité et logistique me semblent indissociables, confie-t-elle, et comme j’aime relever les défis, le poste que j’occupe aujourd’hui à Rambouillet me convient à merveille ».

Rénovation de l’EHPAD et certification HAS

Et des défis, elle n’en n’a pas qu’un seul à relever, à commencer par le schéma directeur immobilier : « C’est un projet majeur, s’enthousiasme-t-elle, un énorme chantier ». Autre dossier sensible, celui de la rénovation de l’Ehpad, parallèlement à la certification HAS qui aura lieu en juin 2022, véritable défi majeur pour tous les établissements de santé en France. « Par ailleurs, nous devons également travailler sur nos différentes filières logistiques, poursuivre la rénovation des différents services de soins, travailler avec le GHT dans le cadre de nombreux projets ». Sortir de sa zone de confort ? C’est bien ça ?


2 réactions
  1. Nardello Eric dit :

    Une vivifiante bouffée d’enthousiasme.

  2. Frédérique Nardello dit :

    On retrouve bien le côté dynamique, efficace et humain d’Anastasia Miclot dans cet article. Un bel investissementdans un secteur qui a besoin de personne comme Anastasia.

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