Un « data center » à énergie positive à Toulon

Si les « data centers » sont connus pour être terriblement énergivores, celui de la métropole Toulon Provence Méditerranée qui ouvrira ses portes dans un peu moins d’un an ne le sera pas. Chargé de l’héberger, le bâtiment, daté des années soixante-dix, sera même au contraire à énergie positive grâce à sa réhabilitation, ses 155 capteurs photovoltaïques, sa sobriété et sa gestion technique centralisée.

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« C’est pour nous un projet phare, s’enthousiasme Laurent Lequilliec, il s’intégrera parfaitement dans la logique du Spaser qui entrera en vigueur début janvier ». Pour le chef du service prospective et performance de l’achat de la métropole Toulon Provence Méditerranée, alors que le point de départ n’était initialement dicté que par la mise à niveau et la sécurisation des serveurs de la métropole, en fonctionnement depuis plus de quinze ans, cette réalisation va se concrétiser en juillet 2023 avec un bâtiment multi-usage qui, en plus d’héberger le nouveau « data center », abritera également les bureaux de la direction des ressources numériques mutualisés de la métropole et de la ville.

Laurent Lequilliec © DR

« Dans le cadre de sa politique de promotion des énergies renouvelables et de la maîtrise des consommations énergétiques, la métropole veut apporter la preuve qu’un data center, tout énergivore qu’il soit généralement, peut être déployé dans un bâtiment qui, lui, produira plus d’énergie qu’il n’en consomme ». En effet, grâce notamment à la mise en place de 155 capteurs photovoltaïques en toiture, avec une production supérieure à 81 000 kWh, le bâtiment pourra non seulement couvrir ses propres besoins, mais la convention d’autopartage signée avec Enedis permettra également d’alimenter un complexe sportif particulièrement gourmand en énergie situé à 2 km de là…

Système de refroidissement des baies

L’exemplarité de cet achat peut se décliner à différents niveaux. Les acheteurs connaissent parfaitement les deux piliers du Spaser : le volet environnemental et le volet social, mais à Toulon, on peut également ajouter un volet technologique. En effet, c’est bien parce que des techniques de construction innovantes sont développées dans le bâti et le second œuvre du bâtiment qui abritera le data center toulonnais que l’exemplarité environnementale de cet achat pourra s’exprimer, ainsi que le souligne Laurent Lequilliec : « une solution domotique, avec notamment la présence de capteurs de température et la régulation du chauffage et de la climatisation, permettra le pilotage et la maîtrise des consommations d’énergie et garantira la sobriété énergétique du bâtiment ».

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Le « data center » toulonnais répond aux normes de refroidissement et de gestion de l’énergie par l’optimisation de la consommation. En effet, le système de refroidissement des baies informatiques est adapté afin de garantir des économies d’énergies importantes puisque ce sont uniquement elles qui seront refroidies, et non la totalité de l’espace : « Autant d’innovations technologiques qui font que notre projet bénéficie du label “Code of Conduct”, le référentiel environnemental européen pour les data centers ». Cerise sur le gâteau, l’intégralité des capteurs photovoltaïques en toiture a été recouverte d’une couche supérieure opacifiante afin de ne pas risquer d’éblouir les pilotes des hélicoptères qui se posent sur le toit de l’hôpital tout proche !

Des capteurs pour optimiser la consommation énergétique

La sobriété énergétique revendiquée par la métropole toulonnaise va se nicher jusque dans les moindres détails : « Nos équipes techniques sont actuellement réparties sur plusieurs sites nécessitant des déplacements permanents, explique Laurent Lequilliec, leur regroupement dans un lieu unique permettra une meilleure collaboration au quotidien ». C’est aussi pour Toulon Provence Méditerranée l’occasion de pousser la logique encore plus loin avec la conversion des déplacements vers une mobilité à faible impact carbone.

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« Pour les interventions sur site, la flotte métier va se convertir au tout électrique, explique le chef du service prospective et performance de l’achat, à cet effet, trois bornes de recharge rapide alimentées par les panneaux photovoltaïques en toiture seront implantées sur site, et un outil de gestion de flux des transports permettra une rationalisation de l’usage des moyens en mobilité afin de réduire les émissions de carbone ». La réorganisation des locaux tertiaires du nouveau « data center » favorise un meilleur taux d’occupation générant des économies d’énergies. « L’ensemble du dispositif est piloté par un système qui permet l’optimisation des usages et des espaces avec des capteurs de salles de réunion inoccupées, une extinction automatique de l’éclairage, du chauffage, de la climatisation… ».

Un volet insertion

Enfin, pour la collectivité qui revendique à ce jour près de 2,5 millions d’heures d’insertion réalisées depuis plus de quinze ans, un accent particulier a bien sûr été porté sur le volet social. À l’occasion de l’exécution des 15 marchés concernés, les entreprises retenues s’engagent à mettre en œuvre une action d’insertion avec un volume d’heures global fixé au minimum à 1 480 heures.

« L’inclusion sociale est un enjeu fort du projet, mené en lien avec le facilitateur de Toulon Provence Méditerranée : définition des volumes d’heures réservés, mise en œuvre de la clause d’insertion dans le cadre de l’exécution des contrats… ». Laurent Lequilliec en est convaincu, cet exemple est réplicable sans difficulté quel que soit le profil des acheteurs : « Il suffit d’une sérieuse réflexion en amont ».

 

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