Nantes : recyclage des masques à la ville et la métropole

La métropole et la ville de Nantes viennent de passer un marché en vue de tester la collecte et le recyclage des masques portés par leurs salariés. Objectif affiché : en récupérer quotidiennement 2000 sur une vingtaine de sites.

© Epictura

Quand il a dépassé le million de masques distribués à « ses » salariés, Olivier Parcot, directeur général des services de la ville et de la métropole de Nantes (7900 agents), s’est dit qu’il fallait essayer de les recycler. C’est d’ailleurs ce qu’a suggéré le Haut conseil de la santé publique (HCSP), dans son avis du 12 novembre dernier « relatif à la gestion des déchets d’activités de soins et autres déchets dans le cadre de l’épidémie du Covid-19 ». Evaluer le bénéfice environnemental global du recyclage des masques, tester pour mettre en place des filières spécifiques de valorisation des masques.

20 services sélectionnés

Le 18 janvier, la métropole de Nantes a donc lancé un appel d’offre de « collecte et de traitement des masques jetables usagés dans le cadre d’une expérimentation ». Marché attribué pour six mois pour voir comment ne plus simplement jeter à la poubelle les deux masques chirurgicaux fournis par jour à chacun depuis septembre. Le marché a été passé en procédure adaptée simplifiée, à moins de 90 000 €.

Vingt services, gros utilisateurs de masques jetables, ont été sélectionnés. Chacun d’eux sera équipé d’un lieu de collecte, avec mise à disposition de sacs transparents avec une signalétique permettant de les distinguer des sacs de tris utilisés couramment ». Parmi les sites retenus, quatre établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) qui disposent déjà d’un circuit de collecte particulier pour les déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI).

Désinfection ajoutée

« Les masques ne sont a priori pas considérés comme des déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI), précise la direction des déchets de la métropole nantaise. Au contact de personnes à risque, ils doivent prennent le circuit des DASRI et ne seront donc pas collectés dans le cadre de l’expérimentation. Pour tout autre utilisation sans risque, les masques prendront le circuit de la collecte ».

Dans les autres services, il y aura « une étape de désinfection avant le recyclage ». Car si le HCSP recommande simplement la collecte dans un double sac et un stockage de 24 heures, il préconise aussi d’encadrer « les conditions d’expérimentation afin de protéger la santé des travailleurs qui manipulent ces déchets tout au long du processus, depuis la collecte jusqu’au recyclage final ».

19 % des masques distribués probablement collectés

Une fois lancée, la collecte devrait atteindre 2000 pièces, soit 19 % du nombre de masques distribués chaque jour. Pour avoir un ordre de grandeur, la ville et la métropole a fourni à son personnel en moyenne 289 000 masques par mois entre mai et novembre 2020.

« Ce nombre de 2000 est une estimation. Tout dépendra des personnes réellement présentes sur site, compte tenu du télétravail. Ainsi que des habitudes de port du masque. Certaines personnes en portent en tissu. D’autres, sur des postes de travail individuels, utilisent le même toute la journée », indique la direction métropolitaine des déchets. Tout dépendra aussi de l’habitude que les salariés prendront de jeter les masques usagers dans les sacs prévus à cet effet et signalés comme tels.

Récupérer les fibres en polypropylène

La prestation demandée à l’entreprise de recyclage inclut le tri et la prise en charge d’éléments indésirables : l’élastique et la barrette métallique. Pour le reste, il s’agit de recycler le polypropylène, la matière qui compose pour l’essentiel les trois couches de fibres dont sont faites les masques.

Cet essai a un but naturellement environnemental. « Le recyclage, en principe, ça rapporte, suggère aussi le directeur général de services. Mais nous n’en sommes pas encore là. Nous sommes dans l’expérimentation ».


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