Limoges étend ses achats respectueux de la santé environnementale

« Ville santé citoyenne » depuis 2015, la ville de Limoges engage petit à petit de nouvelles démarches pour réaliser des achats responsables en matière de santé environnementale. Après avoir débuté par la révision de ces critères pour la sélection des couches des crèches, ce sera bientôt au tour des tenues des agents d’être plus respectueuses.

Un plateau en porcelaine dans les maternelles © Ville de Limoges

Fini les dotations annuelles de vêtements pour les agents de la ville de Limoges. La commune est en train de totalement revoir sa politique en matière de tenues pour y intégrer des critères environnementaux. Premier objectif : « éviter de surconsommer », résume Delphine Bouty-Chollet, directrice des achats, de la logistique et de la commande publique de la collectivité. Désormais, les agents devront rendre leurs vêtements usagers pour s’en voir attribuer de nouveaux.

Moins de vêtements, mais plus solides

« Nous sommes en train de totalement revoir la politique en matière d’habillement. Plus de 50 % des produits devront désormais contenir soit des fibres recyclées, soit des naturelles comme le coton, et des matériaux propres… », détaille Delphine Bouty-Chollet. Elle insiste sur le fait que les tenues vont « monter en qualité, en termes de confort, de solidité, de protection des risques, et ce, avec des matériaux modernes qui intègrent des critères environnementaux. […] On a prévu de doter l’intégralité des agents avec une grosse partie de vêtements à base de matières premières recyclées ou recyclables d’ici à la fin de l’année 2022 », poursuit-elle.

Delphine Bouty Chollet © ville de Limoges

Un choix qui se veut aussi rentable économiquement : « Il s’agit d’un investissement de 850 000 € en année 1, mais qui sera rentabilisé en trois ans du fait que l’on changera seulement les produits usés. Finalement, on donnera moins de vêtements au fil du temps alors qu’aujourd’hui certains agents disent en avoir plein leurs armoires… ». Ce changement de paradigme passera par un nouveau type d’appel d’offre, mais aussi par une communication auprès des équipes. « Nous allons diffuser le nouveau règlement habillement qui explique les enjeux environnementaux, mais aussi sensibiliser nos ‘référents habillement’ afin qu’ils portent la bonne parole, communiquer sur intranet, peut-être par voie d’affichage », précise Delphine Bouty-Chollet.

Tout a commencé par les couches

Cette démarche environnementale n’est pas une première pour Limoges, « ville santé citoyenne » depuis 2015, première signataire de la charte « villes et territoires sans perturbateurs endocriniens » en 2018, première ville de Nouvelle-Aquitaine membre du réseau Ville- Santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La capitale du Limousin a entamé à acheter durable en commençant par un sujet ultrasensible : les couches utilisées dans ses crèches municipales. À l’époque, elle bénéficie d’un accompagnement de l’Association aquitaine des achats publics responsables (3AR) sur lequel elle s’appuie pour déterminer comment bien choisir ces accessoires.

Ce travail de diagnostic réalisé de 2015 à 2017 a débouché sur la rédaction d’un cahier des charges technique favorisant la santé environnementale dans les appels d’offre (la ville demande des échantillons pour tester les produits, prend en compte les matières premières, mais aussi les modes de transport pour la livraison, le nombre d’intermédiaires entre le fabricant et la collectivité…) et d’un cadre de rapport qui permet aux répondants de comprendre les critères d’analyses de leur offre. Avec leur travail ainsi prémâché, « quatre marques avaient répondu dans les clous, et avec une performance économique correcte », se souvient Delphine Bouty-Chollet, qui voit là le signe que c’est possible ! « Nous n’avons pas subi de coup de massue en termes de prix. C’est un très bon signal pour nos collègues acheteurs », s’enthousiasme-t-elle.

Des retours satisfaisants

Fort de cette expérience encourageante concernant les couches, Limoges a repensé ses achats pour d’autres besoins comme les produits d’entretien (un lot « vert » impose Ecocert, NordicSwann, un écolabel européen ou équivalent), les biberons (désormais en verre), le mobilier (interdiction de certaines substances comme les phtalates ou les nanomatériaux, restrictions concernant les composés en plastique, priorité à des labels) le petit matériel de restauration (pour des couverts ou autres ustensiles réutilisables), des denrées alimentaires (avec des lots bio ou de circuit court)…

Et chacun semble y trouver son compte : « des parents nous ont demandé la marque des couches pour pouvoir en acheter chez eux, les agents nous font remonter que les produits d’entretien n’abiment plus la peau… De plus, nous constatons que les accidents du travail en lien avec ces risques chimiques ont diminué », explique Delphine Bouty-Chollet qui égrène les satisfactions. Prochaine étape : la ville va revoir ses cahiers des charges et ses critères de sélection des jeux et jouets, et celle des fournitures de bureau. Désormais la collectivité s’astreint à une réflexion sur l’intégration de clauses environnementales pour chaque appel d’offre.

 

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