Les étiquettes, têtes d’affiche du développement durable au bloc du CH d’Auxerre

Pour réduire l’impact environnemental des soins en blocs opératoires en changeant les pratiques quotidiennes, des soignants du centre hospitalier d’Auxerre ont imaginé un nouvel étiquetage des dispositifs médicaux. Parce que les bonnes options commencent toujours par une juste information.

© CH Auxerre

Consommables à usage unique, boîtes inutilement ouvertes, dispositifs suremballés, anesthésiques inemployés, sans parler des ressources énergétiques dépensées… Aux rangs des pollueurs aussi dispendieux que « silencieux », les blocs opératoires figurent malheureusement en bonne place. Or, « comment ne pas se soucier de la planète quand on se soucie des patients et ne pas associer à la qualité de leur prise en charge une responsabilité écologique ? », interroge Baptiste Borraccino, chirurgien viscéral et digestif au CH d’Auxerre.

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Parce que la santé ne peut « plus faire l’économie d’une approche environnementale faisant sens avec nos métiers », celui qui assure aussi la tête du pôle Innovation de l’établissement bourguignon a donc imaginé une action de sensibilisation pour amener chacun à changer ses pratiques quotidiennes et en finir avec les gaspillages divers… Une initiative inspirante dont l’exemplarité a été récompensée par la Fédération hospitalière de France d’un Prix de la Transition Écologique en 2022.

Conscience rime avec connaissance

Le principe en est simple : étiqueter en détail les dispositifs médicaux du bloc afin de permettre un choix éclairé et responsable des soignants. « Il ne peut en effet y avoir conscience que s’il y a connaissance », appuie le docteur Borraccino. « Combien a coûté tel produit ? Où a-t-il été fabriqué ? À partir de quels matériaux ? Quels types de déchets va-t-il générer ? Tous ces critères doivent être visibles pour faire désormais les « bons choix » parmi les 10 000 références du bloc, sans plus surstocker par réflexe, ni surconsommer par habitude », explique-t-il.

Une étude d’impact basée sur l’affichage du prix et le volume de déchets produit par six dispositifs différents de chirurgie digestive prouve la pertinence de l’approche : « les informations données ont bien orienté les choix vers une pratique plus responsable, sur le plan environnemental comme économique, d’où un nouveau dialogue ouvert avec les acheteurs de l’établissement », rapporte le praticien.

Six mois nécessaires

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Réussi, l’essai est donc rapidement transformé et la dynamique élargie à l’ensemble du bloc, avec l’appui partenarial de la logistique, de l’hygiène hospitalière, de la pharmacie à usage intérieur et du magasin central. « Le plus compliqué fut en réalité d’obtenir ces informations des différents fournisseurs », souffle Baptiste Borraccino, qui espère que la multiplication d’initiatives de même ordre finira par acculturer les vendeurs. Mais le chirurgien compte aussi sur un engagement plus marqué des autorités de tutelle permettant de développer une véritable ingénierie en la matière.

« L’intelligence collective ne peut pas tout ! Six mois de travail ont été nécessaires à la mise en place de notre projet alors que nous ne sommes qu’une structure de dimension modeste et que nous l’avons limitée au bloc. Il faut maintenant des aides financières et/ou matérielles plus importantes pour transformer cette action en une démarche généralisée et généralisable à tous les établissements », argumente-t-il en conclusion… Des aspirations, là encore, clairement affichées.

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